Chambly : le soccer veut plus de subventions

L’Arsenal de Chambly souhaite davantage de soutien de la part de la Ville concernant son fonctionnement. Le club de soccer local espère un terrain synthétique bien avant 2028, date prévue par la municipalité pour le moment.

Patrick Aillerie souhaite que la situation du club de soccer soit mise sous les projecteurs. « Je tiens à préciser que nous ne sommes en guerre avec personne. Nous sommes dans une démarche positive, mais, en cette veille de campagne électorale, il nous semble nécessaire de réveiller les citoyens sur une certaine inégalité en matière de subventions. »

Président du club de soccer de Carignan, le dirigeant est aussi investi dans l’Arsenal de Chambly, qui regroupe les villes de Carignan, Chambly, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu. « Le mandat est d’aller rencontrer la Ville pour essayer de faire bouger les choses. Les enfants du soccer à Chambly sont les parents pauvres du sport dans la ville. »

Coûts de location de terrains

Selon la Ville de Chambly, le club de soccer l’Arsenal compte 2 299 joueurs (1 462 résidents de Chambly). Les membres du conseil d’administration (CA) pointent une situation qui ne leur convient pas. « On constate que le club de hockey mineur bénéficie d’heures gratuites à Isatis ou au complexe Robert-Lebel durant toute la saison. De notre côté, nous avons la gratuité des terrains extérieurs en été, ce qui représente 5 000 $. Ensuite, nous devons payer 3 000 $ les terrains pour notre camp d’été. Si l’on veut jouer l’hiver, il faut aller payer la location du terrain Dupont-Ford à Saint-Jean-sur-Richelieu. Les coûts sont vraiment importants et se reflètent sur nos inscriptions. Voilà pourquoi nous voulons le même traitement que le hockey mineur. »

En guise de solution, le CA souhaite pouvoir obtenir un terrain synthétique dans un délai assez court. « La municipalité le prévoit pour 2028, c’est trop loin! Et encore, c’est la date inscrite dans le Programme triennal d’immobilisations (PTI), d’autres priorités peuvent surgir d’ici là. » Les responsables de l’Arsenal de Chambly évoquent l’urgence d’avoir un terrain synthétique. « Cela nous permettrait de réduire nos frais d’inscription, sujet principal des plaintes que nous recevons des parents. De plus, ce sont eux qui contribuent de leur poche si une équipe part faire un tournoi. On ne compte que quatre employés temps plein, c’est moins que la plupart de nos voisins. On fait beaucoup de bénévolat, mais les usagers voient seulement la facture en bout de ligne. »

Dialogue avec la Ville

Déterminée à ouvrir le débat, la direction de l’Arsenal de Chambly assure trouver une oreille bienveillante du côté de la municipalité. « On sait que la Ville veut garder le soccer et a déjà travaillé sur des plans pour réaliser le terrain synthétique. Elle est aussi ouverte à un projet comprenant du privé, cela pourrait faire baisser nos coûts aussi. »

De son côté, la Ville ne veut pas faire de comparaison entre le soccer et le hockey mineur. « La Ville tient compte des besoins et alloue ses ressources en fonction des priorités et de façon juste et équitable pour les organismes, tel qu’il est défini dans les principes de priorisation. Le soutien offert par la Ville de Chambly, quelle qu’en soit la forme, est tributaire de la disponibilité des ressources. La Ville prend les mesures jugées raisonnables pour répondre aux demandes, mais ne peut s’engager à y accéder de façon systématique. »

Aussi, elle ajoute qu’elle ne favorise pas de façon particulière le hockey mineur. « Dans le cadre du soutien technique, la Ville offre la gratuité des terrains et plateaux sportifs aux organismes reconnus. Par exemple, le club de soccer L’Arsenal n’assume aucuns frais pour l’utilisation de ses 10 terrains extérieurs et plateaux sportifs scolaires. En revanche, les arénas Robert-Lebel et Isatis, considérés comme des plateaux spécialisés, sont soumis à une tarification préférentielle. Ce type de soutien n’est pas comptabilisé dans les évaluations financières, sauf lorsqu’il est lié à une demande d’événement spécifique. »

Enfin, la mairesse, Alexandra Labbé, revient sur le délai d’obtention du terrain de soccer synthétique, prévu pour 2028. « Le projet de piscine publique et celui du parc Gilles-Villeneuve représentent un investissement de 16 millions $. Pour y parvenir, nous attendons un projet de subvention estimé à 66 % du coût total. On préfère attendre plutôt que d’imposer cette charge aux citoyens. »