Chambly : le soccer tire la sonnette d’alarme

L’Arsenal de Chambly assure que l’absence de terrain synthétique pourrait le mener à sa perte. La Ville de Chambly a retiré sa demande de subvention pour une installation au parc Gilles-Villeneuve mais pourrait se réorienter vers le complexe Robert-Lebel.

La saison de soccer est à peine commencée que Patrick Aillerie, membre du comité d’administration de l’Arsenal de Chambly et entraîneur dans le secteur compétitif, se gratte la tête avec agacement. « On a joué notre premier match de la saison dans une ligue de haut niveau sans avoir pratiqué sur un grand terrain. On a pu seulement évoluer sur un tiers de terrain au stade Dupont-Ford, à Saint-Jean-sur-Richelieu, au coût de 110 000 $ pour l’année. On démarre notre saison avec un sacré handicap. »

Le dirigeant avait trouvé une solution à La Prairie, mais la séance s’est terminée par un échec. « Les lumières ne fonctionnaient pas alors que tout le monde s’était dérangé. Est-ce normal de ne pas avoir d’infrastructures dans une ville comme Chambly? La semaine précédente, cinq équipes ont dû se rendre à Saint-Hyacinthe pour s’entraîner. »

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Ainsi, l’espoir d’obtenir un terrain de soccer synthétique s’est transformé en obligation pour Patrick Aillerie. Mais le projet a connu un contretemps, puisque la Ville de Chambly a récemment adapté sa demande de subvention pour la rénovation du parc Gilles-Villeneuve afin de donner la priorité à la piscine municipale au dépend du synthétique à la suite d’une diminution de la subvention gouvernementale. « Je ne vois pas la vision pour 2028, assure le membre du CA. Encore une fois, les équipes de l’Arsenal de Chambly n’ont pas pu préparer leur saison. Nous avons bientôt notre festival d’ouverture et s’il pleut, il est possible que l’on annule à cause de l’état des terrains. »

Le territoire de Chambly est pourtant équipé de terrains en gazon naturel. Un argument qui ne tient pas aux yeux de Patrick Aillerie. « Nous avons des centaines d’enfants qui vont courir dessus tous les jours. On va utiliser ces terrains à outrance. Dans peu de temps, ils seront complètement dégradés, même celui situé le long du boulevard Fréchette qui est magnifique. »

Dés lors, le dirigeant craint pour la pérennité du club. « Si l’on n’obtient pas un terrain synthétique d’ici la saison 2027-2028, c’est la mort du club. Un espace est possible derrière l’aréna Robert-Lebel. Nous avons du personnel de talent qui, faute de pouvoir appliquer ses programmes de développement, va partir. De mon côté, je suis entraîneur pour le compétitif et s’il n’y en a pas, je partirais aussi. On rendra les clés du club à la Ville et ils se débrouilleront. Par son nombre de licenciés, le club de soccer est le plus populaire de la ville. »

Ce problème s’ajoute à celui de Carignan, où Patrick Aillerie est le président du club. « On m’avait promis deux terrains de soccer à 7 au parc des Vétérans de Carignan, mais un seul est praticable. Nous comptons entre 350 et 400 jeunes. Comment va-t-on faire durant toute la saison? »

Prochaines discussions

Interrogée, la Ville de Carignan confirme, par la voix de sa directrice générale Pamela Nantel. « La Ville analyse différents scénarios pour le réaménagement des terrains de soccer. À court terme, nous prévoyons minimalement réaménager un terrain à 7 pour la saison estivale 2026 et évaluons la possibilité d’en aménager un deuxième, selon l’ampleur des travaux requis au parc des Vétérans. »

Afin de permettre aux Carignanois de jouer au soccer, la municipalité a conclu un accord avec Chambly. « La Ville de Carignan a conclu une entente intermunicipale avec la Ville de Chambly afin de permettre aux citoyens d’accéder à certaines infrastructures sportives, notamment pour le hockey mineur, le soccer, le patinage artistique et le baseball. Dans ce cadre, nous versons une contribution financière. »

Alexandra Labbé, mairesse de Chambly, confirme que le projet de terrain synthétique au parc Gilles-Villeneuve est à l’arrêt. « Les discussions avec le club de soccer s’orientaient plutôt vers une installation du côté de l’aréna Robert-Lebel. De plus, les investissements pour un terrain de soccer synthétique sont plus modestes que la piscine municipale. Nous pourrons discuter de tout cela dans les prochains mois afin d’établir notre Programme triennal d’immobilisations. »