Chambly : deux jeunes rugbymen en tournée en France

Six joueurs du club des Celtics Rive-Sud s’envoleront prochainement dans le Sud-Ouest de la France pour jouer au rugby. Une tournée particulière, puisque cette région est l’une des places les plus importantes au monde concernant ce sport.

Connaissez-vous l’Ovalie? C’est une région de référence concernant le rugby. Elle se situe dans le Sud-Ouest et le Midi de la France. C’est là que Cameron, Juan, Emmanuel, Luke, Nathan et Xavier, six adolescents de la Rive-Sud d’une quinzaine d’années, se rendront au mois de mars pour une tournée de matchs avec une sélection montréalaise. Cette tournée est appuyée par la Fondation Rugby Canada ainsi que l’Académie du Stade Toulousain, l’un des plus grands clubs de France et d’Europe.

Pour y parvenir, les jeunes sélectionnés doivent commanditer leur voyage. « Quand il me parle de cette tournée, Nathan a les yeux qui brillent, confie Jean-Noël Paquin, son père. Il est tout de même conscient qu’à son âge, un joueur français sera d’un tout autre calibre. Mais qu’importe, il y ressent du prestige. »

Mais comment ces jeunes Montérégiens peuvent-ils tomber en amour avec le rugby, dont la concurrence est rude avec le soccer, le football ou, bien évidemment, le hockey? « Nathan et Xavier sont amis depuis très longtemps, se souvient Jean-Nicolas Paquin. Un jour, Xavier a commencé le rugby et son père l’a proposé à Nathan. Il a d’abord fallu le convaincre, puis aujourd’hui, soit cinq ans plus tard, il mesure 6’4 ». C’est devenu une passion. Même si le hockey reste son premier sport, le rugby commence à prendre une place égale. »

Éducation

Hasard de l’histoire, Jean-Nicolas Paquin a lui aussi joué au rugby dans sa vingtaine. « J’ai fait partie de la première équipe de rugby de l’École de technologie supérieure (ETS), les Piranhas. Aujourd’hui, je suis entraîneur au club des Celtics, structure basée à Sainte-Julie couvrant une bonne partie de la Montérégie. On est vraiment fiers de nos six sélectionnés pour la tournée en France. »

Cristian Viguera est le président du club des Celtics. Un joueur du club aurait pu faire la tournée, mais le club a suivi le désir de la famille qui s’y est opposé. « Ses notes académiques ne sont pas assez bonnes, regrette-t-il. Le rugby, et donc le club des Celtics, amène un encadrement et une exigence envers les jeunes. Au final, on voit les résultats. Cela crée des citoyens contributeurs dans la communauté. »

L’éducation par le rugby est une particularité que revendique le président de la structure comptant plus de 100 licenciés. « Parfois, on serre la vis et les parents nous remercient pour cela. J’assume parfois le rôle du méchant, mais cela sert aux enfants. À partir de 12 ans, on demande aux jeunes une certaine autonomie. Si un joueur a oublié ses crampons, c’est de sa faute, pas celle de ses parents. S’il ne peut pas jouer, eh bien, il ne joue pas. La prochaine fois, il ne les oubliera pas. Dans un club, cela engrange de merveilleux résultats. Un jeune qui a peur au début sur le terrain finit par avoir plus de vigueur. On voit aussi des améliorations dans les résultats scolaires. Nous avons aussi de jeunes autistes qui arrivent à s’intégrer dans un collectif. Les parents n’en reviennent pas! Mais c’est sûr que si le jeune passe ou marque, les autres vont le célébrer! »

Pour tous

Le rugby possède ses propres codes qui peuvent diverger des autres sports. « À la fin du match, on partage un moment avec les adversaires, souligne Jean-Nicolas Paquin. On ne le voit pas ailleurs. Les compétitions en Montérégie sont souvent des tournois à 7. C’est convivial, car tout le monde se connaît. »

En Montérégie, les Celtics couvrent un large territoire. Cristian Viguera explique comment son sport se développe en région. « C’est souvent l’histoire d’un papa qui aime le rugby et y amène son fils. Les parents sont passionnés et veulent s’investir dans le club. »

Aussi, le dirigeant tient à démystifier certaines idées reçues concernant le ballon ovale. « Le secteur féminin s’épanouit actuellement. Chez nous, 40 % des pratiquants sont des filles. Aussi, nous voulons montrer que cette image d’un sport violent n’est pas justifiée, car on constate moins de blessures qu’au soccer ou au football. Nous allons dans les écoles afin de proposer une formation aux professeurs en rugby afin qu’ils mettent en place des programmes dans leur éducation. Nous sommes dans la démocratisation, pas dans le marketing. Enfin, c’est un sport qui n’est pas du tout dispendieux. Il suffit d’avoir des chaussures à crampons. Il y a de la place pour tout le monde. »