Chambly : descendre le Richelieu pour sensibiliser sur l’écologie
Plusieurs acteurs de la région ont organisé la descente de la rivière Richelieu sur des embarcations sans moteur. L’objectif est de montrer la possibilité de cohabiter sur l’eau tout en respectant la faune et la flore.
André Bélanger est un amoureux de la rivière Richelieu. Le directeur de Fondation Rivières a d’ailleurs collaboré activement avec le Club de canotage d’Otterburn Park (OBC) pour organiser la descente de la rivière, le dimanche 7 juin, avec un objectif bien précis. « L’espace manque sur le cours d’eau pour les embarcations non motorisées. Nous voulons montrer qu’il est possible de cohabiter entre usagers de la rivière tout en prenant soin de la faune et la flore. »
La balade, longue d’une douzaine de kilomètres, s’est terminée dans le bassin de Chambly. « Je peux vous dire que c’est compliqué pour les gens en pagaie, en fin de semaine sur le bassin, et l’activité vit une certaine croissance depuis quelques années, poursuit André Bélanger. Nous voulons montrer qu’un modèle de cohabitation durable est possible. Nous voulons davantage d’accès à la rivière avec une meilleure qualité et protéger les zones plus fragiles. Les vagues provoquées par les moteurs endommagent la faune et la flore. Il faut savoir que la rivière Richelieu est la deuxième rivière la plus riche en biodiversité au Québec! »
Préservation
Dès lors, la question de l’usage des bateaux à moteur se pose. La vitesse est limitée à proximité des berges du bassin de Chambly, mais est-ce suffisant? « Certains types d’embarcations à moteur provoquent des vagues d’un mètre de haut et des tirants d’eau de sept mètres de long, poursuit André Bélanger. Cela provoque des troubles pour la faune et la flore, ainsi que de l’érosion. Les élus sont conscients des enjeux de cohabitation. On peut faire mieux pour protéger la rivière, qui est un bijou. »
Dans son ambition, la Fondation Rivières a récolté des fonds à l’occasion de la descente avec OBC pour financer ses futures opérations sur le plan d’eau. « Il faut penser à la rivière comme une route divisée selon les usages : les trottoirs pour les baigneurs, les pistes cyclables pour les embarcations non motorisées et les routes pour les embarcations motorisées. Configurée ainsi, la rivière est plus sécuritaire pour chaque usager, en plus d’offrir de meilleurs accès et d’améliorer la qualité de l’eau. On rêve à un Richelieu avec des corridors de sécurité, de nouveaux accès et une meilleure qualité de l’eau. »
Politique
Sur le terrain politique, le sujet interpelle aussi. Tout d’abord, le conseiller municipal chamblyen du district du Bassin, Jean-Philippe Thibault, a souligné la présence du chevalier cuivré. « Une espèce unique au monde, dont la présence témoigne de notre qualité de l’eau. Or, ce poisson est en voie de disparition et le refuge Pierre-Étienne-Fortin, situé en bas des rapides, est essentiel à sa survie. En résumé, si le chevalier cuivré est en bonne forme, cela signifie que l’eau est de qualité. C’est aussi cette eau qui alimente les municipalités aux alentours en eau potable. »
Yves-François Blanchet, député de Beloeil-Chambly, a organisé un colloque récemment sur le thème « Le Richelieu : une rivière à protéger et à transmettre » lors duquel les thèmes de la qualité de l’eau, de la biodiversité, les changements climatiques, la protection des habitats aquatiques ainsi que le développement durable du territoire ont été abordés. « Le Richelieu est au cœur de notre histoire, de notre territoire, de notre identité, de notre économie et de notre qualité de vie. Les discussions tenues lors de cette journée ont démontré que la protection et la mise en valeur de cette rivière exigent une mobilisation constante, vigilante, fondée sur la science, la concertation et la volonté politique. »


