Chambly : Certains arbitres de hockey bientôt imposés sur leurs gains

Les arbitres de hockey mineur devront probablement être imposés sur leurs gains dès la saison prochaine. Une mesure qui inquiète en partie Stéphane Carbonneau, arbitre en chef régional de Hockey Richelieu.

Les arbitres de hockey mineur de la région pourraient bien changer de régime fiscal la saison prochain. « Cela découle d’un cas de CNESST à la suite d’une blessure d’un arbitre sur la glace, précise Stéphane Carbonneau, arbitre en chef de la région Richelieu. Avec un T4A, la CNESST serait l’unique payeur. »

« S’ils font 90 $ pour quatre à cinq heures de travail, c’est au niveau du salaire minimum, voire en dessous. » – Stéphane Carbonneau

Ainsi, pour la saison prochaine, les arbitres de hockey mineur devraient recevoir un T4A afin de clarifier leur situation fiscalement et aussi en cas d’incident. « Cela ne concerne pas tous les arbitres, assure Stéphane Carbonneau. En somme, ceux qui gagnent plus de 500 $ doivent le déclarer. Auparavant, on mettait une recommandation avec un libre choix. Les adolescents étaient souvent exempts de charge. »

Manque à gagner

L’arbitrage dans le hockey, comme dans d’autres sports, est souvent un deuxième emploi, un complément de salaire, l’assouvissement d’une passion, voire une job d’été. Avec cette nouvelle décision, le directeur régional de l’arbitrage craint des conséquences négatives sur le nombre de personnes encore attirées par le sifflet. « Le fait de gagner 6 000 $ en tant que travailleur autonome poussera les arbitres à devoir passer par un comptable spécialisé, donc plus cher, estime-t-il. Ça me fait peur, car il est fort possible que des arbitres ne voient plus l’intérêt de travailler. »

Présent depuis des années sur les patinoires de la région du Richelieu, Stéphane Carbonneau a déjà sondé le terrain. « Je connais des personnes qui arbitrent pour le plaisir. Or, même si les tarifs ont monté, cette situation compliquera les choses. S’ils font 90 $ pour quatre à cinq heures de travail, c’est au niveau du salaire minimum, voire en dessous. Aussi, Hockey Québec veut s’occuper des paies, désormais, alors que ce sont les associations qui l’ont toujours fait. Ce sera un changement à adopter aussi. »

Comme l’a expliqué précédemment Stéphane Carbonneau, les jeunes arbitres, dont les gains ne dépassent pas le minimum à déclarer fiscalement, ne devraient pas être concernés par cette nouveauté. En revanche, les arbitres adultes qui accumulent des revenus importants sont les principales cibles. C’est là que le risque d’abandon est le plus important. « Au bout du compte, cela nous donnera moins d’arbitres d’expérience sur la glace, regrette le directeur. Cela compliquerait alors la tâche des organisateurs des compétitions de haut niveau. »

Un précédent existant

En bout de ligne, c’est une corporation qui pourrait bien être bouleversée, même au chapitre local. « On ne sait pas encore si cette mesure touchera aussi les arbitres hors glace, poursuit Stéphane Carbonneau. Actuellement, nous avons 582 arbitres dans toute la Montérégie! C’est énorme! C’est le fruit de beaucoup d’efforts sur le plan du recrutement. À la sortie de la COVID, nous en comptions 420. C’était l’enfer! Je ne comptais plus les matchs que j’arbitrais. »