Sport et musique pour mieux grandir

Sport et musique pour mieux grandir

CHAMBLY. La Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages vient de terminer un projet de recherche à l’école de la Passerelle à Chambly. L’objectif est de démontrer l’apport bénéfique de la pratique d’activités musicales et motrices sur le développement de l’enfant d’âge préscolaire.

Ce sont 180 enfants de l’école de la Passerelle à Chambly qui ont participé activement, depuis octobre, à ce projet de recherche qui a pris fin il y a quelques semaines.

Hebdomadairement, 60 élèves ont bénéficié de 40 minutes d’activités musicales alors qu’un nombre équivalent ont pris part à 40 minutes d’activités motrices. Une soixantaine d’autres enfants ont suivi le programme habituel (groupe contrôle). Tous les élèves ont été soumis à des mesures évaluatives au début et à la fin de l’expérimentation afin de vérifier le développement des habiletés musicales, motrices, cognitives langagières et sociales.

« C’est une étude très rare que nous avons réalisé ici. L’originalité de notre démarche, c’est que ce projet de recherche se distingue des autres menés jusqu’à ce jour en éducation musicale. Nous avons conçu ce programme pour qu’il puisse être mis en place dans les écoles primaires du Québec en tenant compte des réalités du milieu », explique Jonathan Bolduc, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages et professeur titulaire en éducation musicale à l’Université Laval.

Les chercheurs ont mesuré le développement moteur, médical, socio affectif et cognitif des 180 élèves au début du programme. Après les 19 semaines d’études, un nouveau bilan a été effectué. « Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que nous avons constaté d’après les premiers résultats des choses bien intéressantes », indique le chercheur.

École de la Passerelle à Chambly

« On nous a choisis, car nous avions le public idéal et un nombre de candidats suffisants », explique la directrice de l’école de la Passerelle, Isabelle Gravel.

Il faut dire que l’école est un établissement qui accueille une clientèle uniquement composée d’élèves du préscolaire. Pour l’année 2017-2018, 294 élèves sont répartis dans 17 groupes (15 classes régulières et 2 classes spécialisées). L’établissement se distingue dans le fait qu’il propose déjà des activités de musique et d’éducation physique conjointement. « C’est excessivement rare. L’école de la Passerelle est d’ailleurs reconnue pour ça », précise Aimée Gaudette-Leblanc, membre de la Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages du Canada.

L’étude

Les 180 élèves choisis par la Chaire de recherche ont été confiés à Mme Gaudette-Leblanc pour les activités sportives et musicales. La chercheuse devait se filmer régulièrement afin de documenter ses pratiques.

Quant aux programmes éducatifs implantés, ils ont été conçus et révisés par des experts en éducation musicale et en éducation motrice. Chacune des activités proposées encourage le développement de l’enfant dans un cadre ludique et adapté aux besoins des tout-petits.

« Nous n’avons interféré en rien à la mise en place de ces pratiques. Nous ne pouvions pas voir ce qu’il se passait pendant les cours afin de ne pas teinter les résultats », précise Mme Gravel qui ressort déjà « très satisfaite de cette participation. »

Finalement, ce projet s’arrime à la nouvelle Politique de la réussite éducative et vise à optimiser le développement global des jeunes enfants.

Unique

Des chercheurs de l’Université Laval, de l’Université de Montréal et de l’Université du Québec à Chicoutimi ainsi qu’une équipe d’assistants formés en recherche, en intervention et en pédagogie travaillent étroitement en vue de s’assurer du bon déroulement de chacune des étapes.

Le sérieux des démarches a été validé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) qui a accordé une subvention de 120 000 $ pour la réalisation de cette étude.

« Ce projet de recherche est unique. Il s’appuie sur une méthodologie très rigoureuse. Le contrôle de nombreuses variables, habituellement reconnues pour atténuer la validité interne des recherches menées en milieu scolaire, a été effectué. Le devis de recherche utilisé permettra d’arriver à des résultats d’où pourront émerger des recommandations pertinentes sur les plans scientifique et pratique », affirme M. Bolduc

Des parents partants

La directrice de l’école a adhéré à cette étude avec des parents et des enseignants favorables à l’idée. « En juin 2017, les initiateurs du projet sont venus faire une présentation de leur démarche aux parents d’élèves. Ils ont reçu un très bon accueil et les parents ont immédiatement montré leur intérêt. Quant aux professeurs, ils ont dû faire preuve de beaucoup de flexibilité en laissant sortir de leur classe, deux fois par semaine, leurs élèves tests. »

Les chercheurs en sont convaincus « le projet Passerelle contribuera significativement à promouvoir la réussite scolaire dès la maternelle. »

« Nous avons eu beaucoup de plaisir moi et les élèves. Cette étude dans le temps, qui ne se compare à rien d’autre au Québec, se veut être un modèle réaliste qui pourrait être une piste de réflexion pour le milieu de l’enseignement. Est-ce que les activités musicales ou sportives favorisent d’autres sphères du développement chez l’élève ? », s’interroge Mme Gaudette-Leblanc. C’est ce que nous verrons bientôt.

Il n’est pas impossible qu’une telle étude soit menée de nouveau dans un autre environnement scolaire afin de donner encore plus de validité dans la recherche. « Ce n’est cependant pas prévu à court terme », explique M. Bolduc.