Soutirer du beau de la laideur

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
Soutirer du beau de la laideur
Espoir en fa mineur, de Louise Forest. (Photo : courtoisie)

Une œuvre de Louise Forest est exposée au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire.

L’artiste marievilloise fera partie de l’exposition nommée Le Salon d’automne, regroupant 150 artistes ayant créé une œuvre sur un thème précis. Cette année (en 2020), le thème, incontournable, était ‘’Le confinement’’.

Sa toile, qu’il sera possible de contempler, porte le nom d’Espoir en fa mineur. Pour l’œuvre conçue en techniques mixtes, la diplômée en beaux-arts de l’Université Bishop’s s’est vu décerner le prix Distinction. « J’ai mis en place des couleurs, des textures et, petit à petit, un personnage est apparu. Je l’ai fignolé et ce personnage m’a fait réaliser à quel point j’avais été touchée par tous ces petits gestes de solidarité un peu partout dans le monde, où des gens se sont mis à chanter pour faire sortir le beau dans toute cette laideur qu’est la pandémie », relie Louise Forest. Le prix lui a valu une bourse de 550 $. C’est la deuxième fois qu’elle rafle cet honneur.

De son côté, le jury a analysé Espoir en fa mineur ainsi : « Pour l’application démontrée et la fascinante recherche de motifs et de textures. Pour l’impression mélancolique qui nous habite encore longtemps après avoir admiré l’œuvre. Pour la curieuse dialectique de l’ensemble qui nous laisse naviguer entre archaïsme et stylisation contemporaine, fatalité et douceur. Une œuvre douce et heureuse qui suggère que même quand tous nos repères s’estompent, quand le cirque a plié bagage, quand on se sent submergé, il est toujours possible de chanter pour narguer le tourment. »

Comme son nom le dit, l’exposition devait avoir lieu à l’automne dernier. Repoussée sans cesse en raison de la pandémie, l’exposition est présentée sous forme virtuelle.

Le syndrome de la toile blanche

Dans le cas de certains artistes, la longue pause a été bénéfique pour la créativité. Pour d’autres, ce fut une période moins fructueuse. « Personnellement, ça m’a bloquée. J’étais gelée devant mes toiles, je n’arrivais pas à exprimer aucun sentiment. Heureusement, cette toile est apparue comme mon coup de cœur. Ç’a été mon cadeau de 2020 », rationalise la femme qui, hors pandémie, enseigne les beaux-arts pour la Ville de Marieville.

« Heureusement, cette toile est apparue comme mon coup de cœur. Ç’a été mon cadeau de 2020. » – Louise Forest

À propos de Louise Forest

Issue d’une famille créatrice, Louise Forest a vu ses parents lui ouvrir la voie vers sa passion. Encore toute jeune, elle s’est mise à explorer le monde des arts et n’a jamais cessé depuis. Son parcours l’a amenée à travailler toutes sortes de matières avec des professeurs chevronnés.

Après un certificat en beaux-arts de l’Université Bishop’s, elle a analysé diverses avenues sans toutefois délaisser ses différentes passions. Son cheminement artistique l’a davantage orientée vers la peinture, qui demeure son art de prédilection. En 2015, afin de partager sa passion, elle a commencé à enseigner les arts visuels.

Démarche artistique

Louise Forest semble avoir trouvé sa voie en peignant surtout par émergence. Il s’agit, pour elle, de la façon la plus émotive de faire naître une œuvre. Elle se laisse donc inspirer par les formes qui apparaissent au fil des coups de pinceau et finit par découvrir ce qui s’y cachait. Un peu comme le sculpteur qui dit que l’œuvre y était déjà et qu’il n’avait qu’à enlever le bois en trop.

Elle préfère les tableaux figuratifs aux abstraits et souvent, des visages au regard intense surgissent sur sa toile. Elle aime travailler les contrastes et les jeux de lumière. Monochrome ou couleurs intenses, tout dépend de l’état d’esprit dans lequel elle se trouve. Beaucoup d’arrondis lui font la surprise d’apparaître spontanément dans ses œuvres; assurément un besoin de douceur et de calme. Le silence est d’ailleurs un outil bien précieux pour sa création; il lui permet une forme de communion, de dialogue avec ce qui s’apprête à émerger doucement sous ses yeux.

Les finis texturés sont d’une grande importance dans son plaisir de peindre. Ils contribuent à donner de la matière à son imagination et la pousse à développer au maximum ce moment de créativité. Le mélange des médiums la passionne : acrylique, pastel ou bâtons à l’huile trouvent leur place.

Elle peint d’abord pour son bien-être (son équilibre), mais souhaite apporter un moment de bonheur aux yeux qui contempleront l’œuvre, toucher les gens autant qu’elle le fut lors de sa création.

Elle aime lorsque l’art crée des liens entre les gens. Des néophytes ou des artistes accomplis avec qui échanger sa façon de voir l’art, voilà qui est un moteur particulièrement puissant pour faire avancer la création afin qu’elle évolue.

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