Le cri du cœur de Steve Trottier entendu

Par Martine Veillette
Le cri du cœur de Steve Trottier entendu
Le député de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet, a visité le gym Chez Trottier. (Photo : courtoisie)

En moins d’une semaine, la campagne de financement du gym Chez Trottier avait amassé plus de la moitié de la somme espérée.

« C’est incroyable!, affirme Steve Trottier, propriétaire. Quand j’ai pesé sur le bouton (pour lancer la campagne de financement) je me suis dit, ça passe ou ça casse. Je n’étais plus capable seul. Je me suis rappelé cette phrase : ‘’Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin’’. »

Il avait vu la campagne de financement d’une entreprise de yoga fonctionner. Il s’est donc dit qu’il devrait essayer lui aussi, bien qu’il n’aime pas « demander au monde ».

Force est de constater que son pari a fonctionné. L’entreprise familiale, qui a pignon sur rue à Chambly depuis 42 ans, a récolté plus de 15 000 $ en cinq jours. Le montant ne cesse d’augmenter.

Le propriétaire souhaite amasser 30 000 $. Cette somme lui permettrait de payer les factures qui se sont accumulées durant la fermeture obligée de trois mois et de faire l’achat de désinfectant afin de rouvrir son commerce de façon sécuritaire. Durant les mois de fermeture, le gym n’a pas chargé les frais à ses abonnés; donc, il n’avait plus de revenus.

Pour le moment, le gym peut rouvrir ses portes légalement depuis le 22 juin. Cependant, financièrement, c’est autre chose. « Les gens doivent comprendre que pour le moment, nous ne sommes pas ouverts. On est en mode financement », affirme le Chamblyen. Il a rouvert, pendant quelques jours « symboliquement », son centre d’entraînement depuis le 22 juin. Il a notamment enregistré de nouveaux abonnés.

« Il y a beaucoup de personnes qui sont venues faire des dons. Plus que pour venir s’entraîner », souligne-t-il.

M. Trottier se réjouit aussi d’avoir obtenu des dons différemment. Un réparateur de climatiseurs lui a fait don de sa réparation et un autre entrepreneur lui a proposé de lui refaire gratuitement son enseigne, brisée par de grands vents.

« Pour le moment, on n’est pas ouvert. On est en mode financement. » – Steve Trottier

Perte de revenus

Le propriétaire explique que lorsque le confinement a commencé, il pensait que ce serait pour deux semaines. Ce qui ne représentait pas un énorme problème. Cependant, plus les semaines, voire les mois, s’additionnaient, plus le compte en banque diminuait et la marge de crédit grandissait.

Bien qu’il puisse rouvrir, le centre d’entraînement ne pourra pas accueillir autant de personnes qu’avant s’il doit respecter les mesures de distanciation physique.

Il a obtenu l’aide de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, mais sous forme de prêt, qu’il devra plus tard rembourser.

Le gym Chez Trottier s’est aussi résolu à augmenter ses tarifs d’abonnement. Chose qui n’avait pas été faite depuis plus 30 ans. « Lors de la première journée d’ouverture, j’ai eu une douzaine d’abonnés supplémentaires. Juste ça, ça donne 1 000 $ de revenus de plus », avance-t-il.

En ligne

Avec une partie de l’argent amassé durant la campagne de financement, Steve Trottier aimerait aussi aménager un service en ligne.

« Si jamais on revit cette situation (en cas de deuxième vague), au moins les gens auront quelque chose. Je souhaite mettre en ligne une section conseil santé, alimentation et entraînement à la maison », précise-t-il.

Cela lui permettrait aussi de joindre des adeptes partout en province, d’autant plus que des gens de tous les coins du Québec le soutiennent présentement.

Visite du député

M. Trottier a également eu la surprise de recevoir la visite du député fédéral de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet, également chef du Bloc québécois. « J’ai été étonné de le voir », souligne l’homme d’affaires.

Dans une vidéo, diffusée sur la page Facebook de Steve Trottier, M. Blanchet souligne être un « trippeux de gym ». Quand il a entendu l’histoire du gym Chez Trottier, il a voulu voir les lieux.

« C’est exactement l’endroit qui n’est pas entré dans une case. Les programmes d’aide ne fonctionnent pas. C’est bien que les gens aient décidé d’aider volontairement ce commerce dans cette période critique. Des identités aussi fortes, faut que ça traverse cette crise », a-t-il affirmé. Il termine en invitant les gens à venir découvrir l’endroit.

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