Montérégie : le milieu communautaire exige des actions de la part du gouvernement

Des organismes locaux ont participé au mouvement national Le communautaire à boutte du 15 septembre, à Trois-Rivières. Le milieu communautaire a fait entendre ses revendications.

Le 15 septembre, le milieu communautaire provenant d’un peu partout s’est rassemblé cette fois à Trois-Rivières, circonscription dans laquelle se présente Christine Fréchette. Plusieurs organismes locaux ont soutenu l’action.

La voix des familles

Cynthia Rousseau, directrice générale (DG) du Carrefour Familial du Richelieu, demande un financement à la hauteur des besoins des familles. « Depuis des années, les organismes communautaires famille, comme le nôtre, sont confrontés à un sous-financement chronique et à l’absence d’indexation du financement du ministère de la Famille. Pendant que les besoins des familles augmentent et se complexifient, nos ressources, elles, ne suivent pas. Nous avons besoin d’un financement stable et prévisible de notre mission, et non de devoir constamment chercher du financement par projet ou auprès de différentes fondations pour maintenir des services essentiels », dit Mme Rousseau.

La DG réclame des actions. « Nous attendons un financement de mission stable, prévisible et indexé, à la hauteur des besoins réels des familles. Les organismes communautaires Famille sont des acteurs essentiels de prévention et de soutien aux parents, mais nous ne pouvons plus répondre à des besoins grandissants avec des ressources qui stagnent », affirme Mme Rousseau. Elle souhaite également la fin du financement par projet pour les services essentiels. « Les besoins des familles ne sont pas des projets temporaires : ils sont présents chaque jour. Le financement doit donc être à la hauteur de cette réalité. »

La voix des jeunes

À titre de Carrefour jeunesse-emploi, Intégration compétences (IC) veut faire entendre l’importance de maintenir et de renforcer les services de proximité destinés aux jeunes. « Les réalités et les parcours des jeunes sont de plus en plus diversifiés et complexes. Il est donc essentiel que les organismes qui les accompagnent puissent avoir les ressources et la marge de manœuvre nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins de leur clientèle et aux réalités de leur territoire », affirme l’organisme local. Il est membre du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec et appuie le Pacte pour les jeunesses.

« À travers ce Pacte, on se joint à une mobilisation qui demande notamment que la jeunesse soit une véritable priorité gouvernementale, que les jeunes aient une voix dans les décisions qui les concernent et que les organismes qui les accompagnent puissent bénéficier de conditions qui leur permettent d’assurer des services accessibles, continus et adaptés aux réalités des jeunes », exige IC.

La voix des aînés

L’Entraide Plus accompagne les proches aidants et les aînés de la région. « Nous souhaitons une meilleure reconnaissance de l’expertise que nous avons développée et qui joue un rôle essentiel de proximité auprès de la population vieillissante », fait savoir Sylvie Blanchard, DG de l’organisme. Elle désire « fortement » une meilleure collaboration avec Santé Québec Montérégie. « Nous voulons que cesse le dialogue de sourds et négocier pour de vrai. Nous avons, en Montérégie, un des meilleurs programmes pour les proches aidants d’aînés qui devrait être copié-collé à travers le Québec. Ce programme est peu coûteux, aide à désengorger les urgences et à prévenir l’épuisement des proches aidants. Nous entretenons d’excellentes relations avec les équipes de terrain, notamment celles du CLSC, et nous croyons qu’une concertation accrue à tous les niveaux permettrait d’optimiser les services offerts aux citoyens », fait valoir Mme Blanchard.

Jean-François Roberge, devenu député de Chambly en 2014, fait part que, depuis 2018, son gouvernement a doublé le financement récurrent de l’action communautaire. Il chiffre qu’aujourd’hui, il atteint plus de 2,2 milliards de dollars par an. « Nous reconnaissons les investissements supplémentaires consentis au cours des dernières années. Toutefois, malgré ces avancées, plusieurs organismes demeurent confrontés à des défis importants pour maintenir leurs services, répondre à la demande croissante et assurer des conditions de travail compétitives pour leur personnel. Demande claire : au moins le seuil plancher », insiste Sylvie Blanchard.

La voix du communautaire

La Corporation de développement communautaire Haut-Richelieu-Rouville (CDCHRR) organise deux rencontres avec des candidats de ces élections provinciales. La première se tiendra le 28 septembre pour les circonscriptions d’Huntingdon et de Saint-Jean. La seconde aura lieu le lendemain pour les circonscriptions de Chambly et d’Iberville. Les membres auront l’occasion de discuter principalement des enjeux suivants : santé mentale, itinérance et dépendance, logement, proche aidance, famille et travail de proximité.Le 25 mars dernier, dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, les organismes communautaires locaux ont manifesté dans le Vieux-Saint-Jean. Le 2 avril, ils ont été des milliers devant l’Assemblée nationale.