Montérégie : le bilan de la DPJ teinté d’inquiétude
La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a déposé son tout dernier bilan. À la lumière de ce document, elle se questionne à savoir si les enfants sont toujours une priorité.
« Les conditions de vie des enfants se dégradent et leur qualité de vie se fragilise. Leur santé mentale est mise à rude épreuve par un climat social anxiogène, marqué par la polarisation, la montée des tensions et l’omniprésence des réseaux sociaux », est-il possible de lire à travers les faits saillants, reliés à la Montérégie, découlant du bilan de la DPJ. « Les parents, notamment, vivent avec des pressions sociales importantes : la rareté et le coût exorbitant des loyers, l’inflation en alimentation et la montée de la violence sur les réseaux sociaux. En tant que société, on doit poser des actions et prendre soin de nos enfants, dans un contexte assez difficile sur tous les plans », observe Marie-Josée Audette, directrice de la protection de la jeunesse – directrice provinciale de la Montérégie.
Mme Audette offrait au Journal de Chambly sa toute dernière entrevue à ce poste. Après, la Chamblyenne partait vers la retraite. Dans quel état d’esprit quitte-t-elle? « À la fois sécure et à la fois inquiète. J’ai une grande confiance en les équipes et en la qualité des services que l’on offre. Mais on le voit, que la situation est difficile pour tout le monde, parents et enfants. Donc, il nous faut être inquiets », confie l’ancienne directrice. Elle estime que c’est à travers cette « inquiétude » que les actions sont posées. « Croire que tout va bien et que tout va bien aller pourrait peut-être nous amener dans une situation plus précaire qu’elle ne l’est déjà », considère Mme Audette.
Les enfants sont-ils toujours une priorité? « Ce n’est pas pour questionner les parents. C’est davantage pour nous tous : au gouvernement, à nos décideurs et à tous, dans nos décisions quotidiennes. Je veux m’assurer que l’on a toujours en tête les enfants. Il faut qu’ils soient considérés comme étant des priorités. Si l’on intervient bien, que l’on donne les moyens nécessaires aux familles et que l’on soutient les enfants dans leur développement, ils vont devenir des adultes (et contribuables) pour la suite. Il faut absolument penser aux enfants et viser de répondre à leurs besoins essentiels », fait entendre Marie-Josée Audette.
Hausse d’évaluations
Au Québec, ce sont 144 321 signalements qui ont été pris en charge par les DPJ, ce qui représente une augmentation de 1,4 %. Plus spécifiquement en Montérégie, 21 290 signalements ont été traités, soit une augmentation de 2,7 %. « Ce n’est jamais une mauvaise nouvelle d’avoir une augmentation. Il faut d’abord se dire que la population/partenaires sont inquiets et veulent s’assurer qu’un regard est posé sur la situation des enfants pour voir s’ils ont besoin de protection », nuance Mme Audette.
En tout, 5 349 signalements ont exigé une évaluation de la DPJ afin de statuer si le développement ou la sécurité des enfants étaient compromis au sens de la loi. Tous ces signalements retenus pour évaluation représentent 25,1 %. Mme Audette soutient qu’il s’agit de 500 dossiers supplémentaires relativement à l’année dernière. « Ça veut dire plus d’enfants dont la sécurité et le développement sont compromis. Ça, c’est le bout préoccupant », admet-elle.
La provenance des signalements en Montérégie se décline ainsi : personnel de différents organismes à 29,93 %, milieu scolaire et de garde à 26,84 %, milieu familial et communauté à 21,7 % et milieu policier à 16,93%. Le groupe d’âge le plus signalé demeure celui des enfants ayant entre 6 et 12 ans.
Antécédents et retrouvailles
Le nombre de recherches d’antécédents, de divulgations et de retrouvailles « demeure élevé » depuis les changements législatifs de juin 2024. Pour la Montérégie, ce sont 3 276 demandes d’antécédents et de divulgations qui ont été adressées sur les 16 940 demandes reçues au Québec. Dans la province, 6 156 retrouvailles ont été réalisées, dont 495 en Montérégie, soit un peu moins que l’année précédente. Par ailleurs, 303 enfants ont été adoptés au Québec, dont 29 en Montérégie. Puis 17 enfants ont été adoptés à l’international, dont un cas en Montérégie.
Jeunes contrevenants
Au Québec, le nombre d’adolescents ayant reçu des services en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents a augmenté de 4,1 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 10 507 jeunes. Pour la Montérégie, ce sont 1 866 jeunes qui ont reçu des services, ce qui représente une hausse de 6 %. (filles à 21,32 % et garçons à 78,6 %).


