Subvention de 740 000 $ pour la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent

Montérégie : du renfort psychosocial pour une clientèle vulnérable

Nadia Delisle-Beluse est la policière dédiée à temps plein en intervention psychosociale, en raison notamment d’une subvention de 740 000 $ dont bénéficie la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL).

Cela fait 17 ans que Nadine Delisle-Beluse est policière. Depuis trois mois, elle fait partie de l’Équipe de soutien à l’intervention psychosociale (ESIP) de la RIPRSL. Ce projet pilote vise à offrir un accompagnement personnalisé aux adultes vivant divers problèmes psychosociaux et de santé mentale tels que l’isolement, la dépendance, la détresse psychologique ou les troubles cognitifs. Il permet de mieux accompagner les clientèles vulnérables, de les guider vers les bonnes ressources, d’améliorer la liaison avec les services du réseau de la santé et ainsi diminuer les interventions policières. « Quand je suis entrée dans la police à 21 ans, ça ne m’aurait pas intéressée. Au fil des années, on voit un peu de tout dans ce travail. Je me suis rendu compte que mes forces et ce que j’aimais faire, c’est vraiment tout ce qui est en relation d’aide, santé mentale, personne vulnérable, etc. Ça arrivait juste à point dans ma vie », observe la policière. 

Des problèmes variés

Le modèle d’intervention de l’ESIP permet de joindre les personnes vivant différents problèmes comme l’itinérance, la violence conjugale, la santé mentale, l’isolement ou la maltraitance chez les personnes aînées. « Je pense que tout le monde a quelqu’un de près ou de loin qui a des enjeux de sensibilité mentale dans sa famille ou ses amis. On en côtoie tous, et c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup », affirme l’agente. Elle confie notamment consommer des baladodiffusions en lien avec ces thématiques dans ses temps libres.

Nouvelle composition de duo

À titre de policière, Nadia Delisle-Beluse a toujours travaillé en duo. Toutefois, c’est désormais Nathan Harnois, travailleur social, qu’elle a comme partenaire. « C’est presque plus facile. On a chacun nos spécificités. Je touche davantage au volet intervention et sécurité. Lui, il pourra évaluer et orienter vers ce qui doit être fait quand la sécurité est établie », décrit Nadia Delisle-Beluse.

« Je me suis rendu compte que mes forces et ce que j’aimais faire, c’est vraiment tout ce qui est en relation d’aide. » – Nadia Delisle-Beluse

Quand une situation de crise se présente, le binôme assiste un autre tandem de policiers sur les lieux. « Une fois que la situation est sécuritaire, on libère l’autre duo et on prend en charge l’intervention », nous fait part Mme Delisle-Beluse. Elle soutient que la présence du travailleur social facilite le processus de référencement vers la ressource adéquate selon la réalité du moment. « On a plusieurs ressources dans le secteur, mais on ne les connaît pas nécessairement. Ça permet un meilleur service », met en reflet la policière. Ainsi, les liens se tissent avec les divers partenaires communautaires et/ou de la santé.

Une semaine a d’ailleurs été consacrée à ce que Nadia Delisle-Beluse et son collègue fassent une tournée desdits partenaires du territoire élargi afin de présenter l’ESIP et d’instaurer la collaboration. 

En rotation, les cinq équipes de la RIPRSL travaillent avec Nadia Delisle-Beluse et Nathan Harnois. « À moyen terme, ça va développer une compétence et un savoir-faire qui seront partagés et dont tous pourront bénéficier dans leurs pratiques », prévoit Jean-Luc Tremblay, sergent à la RIPRSL.

Subvention accordée

Une subvention de 740 000 $, sur trois ans, a été accordée à la RIPRSL pour renforcer l’ESIP. Cette somme permet d’intégrer des travailleurs issus du réseau de la santé et des services sociaux. Un deuxième intervenant en travail social se greffe donc au projet. Quant à elle, Nadia Delisle-Beluse est la policière dédiée à temps plein en intervention psychosociale. « On avait des enjeux de santé mentale et d’itinérance sur le territoire pour lesquels on n’avait pas nécessairement la capacité de financer les ressources », cible Jean-Luc Tremblay.

Conséquemment, la RIPRSL a construit une proposition démontrant son besoin et la façon dont elle entendait la mettre en application. Le projet a été accepté. Il permet donc, en un premier temps, de répondre à la crise de façon immédiate et, en un second lieu, de prolonger le service après-crise. « Cette bonification représente une avancée significative. L’ajout d’un deuxième intervenant nous permet d’élargir notre couverture et de répondre aux demandes de première ligne en matière de santé mentale aux heures critiques. Quant à la désignation d’un agent policier spécialisé, elle vient consolider notre approche intégrée et collaborative », souligne le directeur de la RIPRSL, Marco Carrier.

Définir les rôles

Depuis sa création, l’ESIP a réalisé près de 1 600 interventions. La RIPRSL reçoit plus de 1000 appels de crises par année. « Les enjeux de santé mentale sont transversaux. Il y a de nombreuses distinctions. Nous, on est des policiers, on n’est pas des spécialistes. Quand on est accompagnés de spécialistes, ce sont eux qui pourront faire la distinction et diriger dans la bonne trajectoire, selon le constat », nuance Jean-Luc Tremblay. Il rappelle que l’objectif de ses troupes n’est pas la prise en charge, mais bien de gérer la crise. 

Le dossier ESIP a vu le jour à titre de projet pilote en 2021, avant d’être officialisé en 2023.