Chambly : Sans domicile, Michel Ladouceur raconte « son été au parc »

Le Chamblyen Michel Ladouceur est itinérant depuis plus d’un an. Il a raconté au journal ce qu’il décrit comme étant « son été au parc ».

Installé devant le bureau de Jean-François Roberge, député de Chambly, Michel Ladouceur survit. Avec son chat Tonky, l’homme de 61 ans n’a plus de domicile depuis juillet 2025. Il s’agit d’une première situation d’itinérance pour l’homme originaire de Chambly. « Dans la ville, je ne suis pas le seul dans cette situation », indique-t-il au journal. Lors de notre rencontre, Nathalie et Claude, deux autres personnes sans domicile, se sont d’ailleurs assis avec nous à tour de rôle.

Il louait auparavant une maison à Carignan, à 925 $ mensuellement, qu’il divisait avec deux colocataires. Il explique que le propriétaire a prétexté la vente de la maison afin de les expulser. « Il n’a pas vendu. Il a simplement loué à d’autres locataires à plus de 2 000 $ », soutient M. Ladouceur, qui vit d’aide sociale.

La perte du véhicule

Du jour au lendemain, il s’est trouvé à vivre dans son véhicule, se déplaçant d’une localisation à l’autre. À la fin du mois de juin dernier, sa voiture a été saisie. Depuis, son environnement est le parc de la Commune. Il dort sur des bancs de tables à pique-nique qu’il a collées afin d’agrandir la surface sur laquelle il gîte. « Il commence à faire frette un p’tit peu », convient le sexagénaire.

Dans ce lieu public, il voit toute sorte de gens. Le regard du jugement, il le perçoit à l’occasion. Il voisine l’école Jacques-De Chambly. Plus tôt, il a perdu sa seconde chatte, Siya. Pieds nus, il la cherchait, cage en main, aux abords de l’école. Deux filles l’ont interpellé. « Il y en a une qui m’a demandé si j’avais besoin de souliers. Elle est allée me chercher un sandwich chez elle », décrit-il. Michel Ladouceur raconte toutefois que le père de la seconde fille est venu à sa rencontre et l’a menacé s’il entrait en contact avec les enfants.

La rue achève

Il estime que sa dernière douche remonte à environ trois semaines. Quand il avait son automobile, il utilisait l’eau provenant d’installation d’un parc canin. « Ce n’est pas très haut. Il faut se pencher un peu », constate-t-il. L’homme utilise des lingettes pour nettoyer certaines zones de son corps. « Mais me laver la tête, me raser…être barbu de même avec la tête crasse, c’est pas moi ça », définit-il.

Il bénéficie du service provenant de Posa/Source des Monts. L’organisme l’aide à trouver un logement. Il est prêt, son matériel est entreposé à 400 $ par mois. Il a visité un espace subventionné découlant des programmes Supplément au loyer (PSL). Les locataires payent un loyer équivalant à 25 % du revenu du ménage. Il est dans l’attente de signer le bail, son billet pour sortir de la rue.

Sur les réseaux sociaux, une citoyenne a lancé un appel à la solidarité. La population a répondu. Michel raconte que des gens viennent à sa rencontre et lui donnent de la nourriture, ainsi qu’à son chat. Des couvertures et un oreiller ont aussi été offerts pour adoucir ses moments de sommeil. « J’en parle et ça me donne le goût de brailler un p’tit peu », dit-il les larmes aux yeux.