Chambly : pas de fouille à nu au Centre jeunesse
En réponse aux statistiques avancées par le député Guillaume Cliche-Rivard, le Centre jeunesse de la Montérégie campus de Chambly affirme n’effectuer aucune fouille à nu sur les jeunes qui habitent son bâtiment.
Guillaume Cliche-Rivard, député de Québec solidaire, a mentionné que « 3 000 fouilles à nu/fouilles complètes » ont été effectuées sur des jeunes de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), selon les chiffres de 2025-2026. Il a souligné à Lionel Carmant, ministre de la Santé et des Services sociaux, que 500 d’entre elles ont eu lieu en Montérégie.
Le CISSS de la Montérégie-Est (CISSSME) distingue d’emblée la fouille à nu de la fouille complète. « Nous ne réalisons aucune fouille à nu. Les interventions effectuées dans nos installations sont des fouilles complètes, réalisées dans un cadre clinique et légal strict afin d’assurer la sécurité du jeune », explique-t-il au journal. En 2025-2026, Le CISSSME dénombre 882 fouilles complètes concernant 283 jeunes sur son territoire. De ce nombre, 609 fouilles complètes ont été réalisées au campus de Chambly, concernant 195 jeunes. L’organisation gouvernementale révèle que, parmi celles-ci, 295 fouilles complètes ont eu lieu dans les unités sécuritaires du campus, notamment pour jeunes contrevenants, concernant 129 jeunes.
Fonctionnement de la fouille
« La fouille complète se déroule dans un local fermé, dans le respect de la dignité du jeune, à qui une robe de chambre est remise », assure le CISSSME. Sans exposition de sa nudité, le jeune doit remettre ses vêtements, incluant ses sous-vêtements, ainsi que ses objets personnels aux intervenants afin qu’ils soient vérifiés. « Un examen visuel minutieux est ensuite effectué, notamment de la plante des pieds, de l’intérieur des mains et de la bouche, sous les aisselles ainsi que dans les cheveux. Dans la mesure du possible, la fouille est réalisée par deux intervenants du même sexe que le jeune », décrit-il.
Mesure exceptionnelle
Le CISSSME affirme que la fouille constitue une mesure exceptionnelle. « Elle ne peut être effectuée qu’en présence de motifs raisonnables de croire qu’un objet ou une situation présente un risque pour la sécurité. Aucune fouille automatique n’est permise, y compris lors d’un retour de fugue ou d’une sortie; chaque situation fait l’objet d’une analyse », soutient-il.
Diverses saisies
Les fouilles permettent notamment de saisir des drogues, des armes ou du matériel interdit. Le CISSSME ne dispose toutefois pas de données permettant de documenter la fréquence des saisies. Le ministre Carmant a indiqué au député Cliche-Rivard que la directive mettant un terme aux fouilles à nu a été envoyée en juillet dernier. « La directive ministérielle reçue récemment vient rappeler les balises entourant les fouilles dans les centres de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation. Cette directive a été présentée à nos équipes. Nous réitérons qu’aucune fouille à nu n’est réalisée dans notre établissement », termine le CISSSME.


