Chambly : la campagne de sociofinancement Plus fortes ensemble
Les maisons Simonne-Monet-Chartrand (MSMC) et Louise Latraverse (LT) lancent une campagne de sociofinancement afin d’offrir aux deux lieux d’hébergement de nouveaux outils de sensibilisation.
La MSMC, qui héberge les femmes victimes de violence, célèbre ses 41 ans. Parallèlement, la Maison LT, maison de deuxième étape, souligne sa toute première année d’existence.
Pour l’occasion, du 1er novembre au 6 décembre, l’organisme lance une campagne de sociofinancement sous le nom de « Plus fortes ensemble ». Elle vise à offrir aux deux maisons d’hébergement de nouveaux outils de sensibilisation. La campagne a aussi pour objectif d’informer les habitants de la Montérégie sur l’ensemble des programmes et services offerts par les maisons d’hébergement.
Taux d’occupation en hausse
Geneviève Bouchard, responsable des communications et du développement philanthropique des deux maisons, remarque qu’une tendance « claire » se dégage : le taux d’occupation augmente « dangereusement » d’année en année. En 2023-2024, celui de la MSMC était de 76 %, pour atteindre l’an dernier un taux alarmant de 92,6 %. « Offrir du soutien reste au cœur de notre mission, mais assurer une prévention et renforcer la visibilité de nos services nous apparaissent comme une clé essentielle pour répondre à la demande croissante », estime Mme Bouchard.
Continuer la prévention
À travers les défis, la sensibilisation et la prévention se poursuivent. « L’éducation joue un rôle essentiel dans la prévention de la violence conjugale, explique France Racicot, directrice générale (DG) des deux maisons. En allant à la rencontre de la communauté, en sensibilisant et en outillant la population, nos intervenantes permettent de prendre conscience de ce qu’est une relation saine et basée sur le respect, de cultiver des réflexes de prévention et d’intervention face aux comportements malsains et, ultimement, de réduire la violence conjugale et le nombre de demandes d’hébergement. » L’adage dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir. « On est davantage dans la guérison parce que l’on est dans l’urgence, mais on a aussi besoin de prévenir pour diminuer éventuellement le besoin des femmes », renchérit Geneviève Bouchard.
Pour ce faire, du personnel est nécessaire. Actuellement, l’équipe est composée d’intervenantes psychosociales, d’auxiliaires de nuit, d’une intervenante sociojudiciaire, d’une intervenante mère-enfant ainsi que d’une intervenante sensibilisation, formation et services externes. La DG souhaiterait obtenir des ressources financières pour ajouter du personnel, notamment en matière de prévention/sensibilisation et en suivis externes.
Programme suspendu
L’objectif de la campagne est de 3 000 $. Une fois cette somme atteinte, les fonds supplémentaires seront alloués à la relance du programme Sentinelles. Actuellement suspendu en raison d’un manque de financement, ce programme d’ateliers de sensibilisation en milieu de travail – reconnu dans le cadre des obligations et responsabilités des employeurs par la CNESST – vise à outiller les participants afin qu’ils puissent repérer les signes de violence conjugale ou familiale chez une collègue.
Manque de visibilité
Les deux femmes constatent un manque de visibilité de la part de leur organisation. « On veut changer nos moyens pour aller chercher les gens. On a une bonne base, mais on est limitées. Côté visibilité, on souhaite pouvoir amener les personnes qui ont besoin de nous à nous consulter », dit Mme Bouchard. « Malgré que l’on ait un site Web, certains outils, que l’on diffuse et que l’on en parle, il y a encore des femmes qui ne connaissent pas nos services et ne savent pas que l’on existe », observe Mme Racicot.
À propos de la campagne
Le thème de la campagne, Plus fortes ensemble, témoigne de la résilience des femmes et de leur capacité à se reconstruire, tout en soulignant que leur force intérieure se nourrit de la solidarité. Sur la plateforme La Ruche, le nom de la collecte de fonds est Bonne fête Simonne et Louise!. Pour l’instant, 33 % de l’objectif est amassé.
L’organisme en chiffres
L’organisme en chiffres, selon le rapport d’activités 2024-2025 :
- 423 demandes d’hébergement
- 92,6 % de taux d’occupation
- 150 femmes hébergées
- 79 enfants hébergés (38 filles et 41 garçons)
- 55 % citoyennes canadiennes
- 45 % femmes issues de l’immigration
- 4607 interventions en hébergement
- 25 jours d’hébergement (en moyenne)
- 260+ rencontres matinales avec les résidentes
