Chambly : des graffitis pour se souvenir des femmes qui sont parties

La Table de concertation des groupes des femmes de la Montérégie (TCGFM) lance une nouvelle initiative intitulée « Des grafs pour ne pas qu’elles s’effacent ».

Au coeur des 12 journées d’action contre les violences faites aux femmes, certaines agissent. C’est le cas notamment de Josée Daigle, directrice du Centre de femmes Ainsi soit-elle de Chambly.

Il y a un an, le comité VIGIE de la Table de concertation des groupes des femmes de la Montérégie (TCGFM) avait lancé la campagne #LaProchaineEstEncoreEnVie. « L’idée est de prendre un bout de tissu blanc et, quand il y a un féminicide, de l’accrocher à l’extérieur, chez soi », décrit Josée Daigle.

Des graffitis délébiles

La Table poursuit donc son action avec l’initiative « Des grafs pour ne pas qu’elles s’effacent ». Cette deuxième phase vise à amplifier le mouvement collectif créé en 2024 et à occuper l’espace public pour rappeler que la lutte contre les violences genrées concerne tout le monde. Depuis la semaine dernière, la TCGFM invite la population à utiliser pochoirs et craies pour faire vivre la mémoire de celles ayant vécu un féminicide.

« Nous choisissons la craie parce qu’elle est éphémère, comme les victimes trop souvent effacées. À travers ces gestes symboliques, nous voulons montrer que notre engagement ne s’effacera jamais et que tant que toutes les femmes ne seront pas en sécurité, nous continuerons à nous afficher », souligne Linda Crevier, directrice générale de la TCGFM.

La craie s’efface avec la pluie et le temps, « tout comme s’effacent les noms et les visages des victimes, emportées par la violence d’un homme qu’elles connaissent », image la TCGFM. Josée Daigle nuance que les féminicides ne sont pas que liés à la violence conjugale. Hormis de la part d’un conjoint, la violence peut provenir de l’ex-partenaire, du père, du fils, etc. « Avec cette action, nous souhaitons rappeler que les femmes qui ont perdu la vie ne doivent jamais être oubliées et que nos efforts de prévention ne doivent pas être ponctuels ni éphémères », insiste la Table. En date du 31 octobre dernier, 15 féminicides avaient été comptabilisés au Québec jusqu’ici en 2025. Neuf de ceux-ci découlent d’un contexte conjugal.  

À propos de la TCGFM

La TCGFM regroupe les organismes et les groupes de femmes de la région afin de promouvoir l’égalité entre les genres et de lutter contre toutes les formes de violence et de discrimination. À travers ses campagnes et ses actions concertées, la TCGFM œuvre pour une société plus juste, inclusive et sécuritaire pour toutes.