Chambly : dans la vie d’une résidente de la Maison Stéphane Fallu

Le Journal de Chambly a rencontré Jade Gaulin, une femme de 18 ans qui, depuis octobre, demeure à la Maison Stéphane Fallu (MSF), pavillon féminin. 

À la sortie du système, à quelques mois d’avoir 18 ans, plusieurs jeunes de la Protection de la jeunesse (DPJ) se retrouvent à la rue. La MSF accueille de ces jeunes. Un montant de loyer abordable est exigé afin de couvrir les frais d’exploitation ainsi que de responsabiliser les locataires. Cette somme inclura l’hébergement, Internet, le câble et la nourriture (en cuisine collective).

Le premier pavillon de la MSF permettait à six hommes d’y vivre. En octobre dernier, le nouveau Pavillon Sandra Bolduc a été inauguré. Cette fois, ce sont six femmes qui y ont recours.

Plusieurs changements de lieu

Jade Gaulin est l’une des premières à en avoir bénéficié. La jeune femme de 18 ans a vécu en famille d’accueil, en centre jeunesse et en foyer de groupe. Elle s’est notamment promenée entre Saint-Constant, Saint-Hyacinthe et Longueuil. Le foyer de groupe dans lequel elle vivait permettait la présence de onze jeunes, sous la supervision de deux intervenants de jour, deux de soir et un de nuit. À sa majorité, elle a dû se déplacer vers un appartement semi-supervisé pendant une courte période avant de se retrouver chez sa mère, à Mascouche. « Je n’y avais pas ma chambre. Je dormais dans le salon », explique-t-elle. 

Enfin un chez-soi

Elle s’est intégrée au Pavillon Sandra Bolduc, qui est devenu son domicile. « Je me sentais bien. Au moins, c’est rendu un  » chez-nous  ». Je n’ai plus à bouger de place chaque fois », convient Jade. Au gré de la stabilité et de la sécurité, elle profite des ressources mises à sa disposition afin de progresser. 

La Chamblyenne a un côté artistique fort en elle. Elle occupe notamment son temps à travers le dessin et la peinture à diamant. Habile, elle a mis aussi beaucoup de temps à assembler des modèles LEGO, particulièrement dans la thématique des voitures.

Jade travaille actuellement dans une boutique sportive. Elle envisage de terminer son secondaire pour ensuite obtenir un diplôme d’études professionnelles en esthétique. En ce sens, elle a fait une demande pour être payée tout en allant à l’école. Elle est en attente de la réponse. 

Six femmes sous un toit

Au Pavillon Sandra Bolduc, elles sont six femmes sous un même toit. Avec le foyer de groupe, Jade avait connu un volume de colocataires plus élevé. « Ça se passe bien. C’est plus au niveau de la vaisselle que c’est un peu plus compliqué, les espaces communs. C’était aussi déjà un enjeu dans les foyers de groupe », reconnaît-elle.

Elle a été la deuxième à occuper le lieu. Elle a vu l’espace se remplir peu à peu. « On les (femmes) accueille à bras ouverts. Si l’on se met à se tourner le dos, ça ne se passera pas bien », considère Jade, en cette cohabitation.

Les femmes du Pavillon Sandra Bolduc ont des homologues masculins pour voisins. En ce moment, trois garçons occupent les lieux.

« Des fois, on s’amuse dehors ou on se texte au téléphone pour savoir si l’on est disponibles », décrit Jade, en guise d’interaction.