Service de traiteur à l’école secondaire de Chambly : fait par les élèves pour les élèves

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Par Frédéric Khalkhal
Service de traiteur à l’école secondaire de Chambly : fait par les élèves pour les élèves
De gauche à droite : Marie-Claude Berger, animatrice à la Fabrique à bouffe, Katheline Dugas, Catherine Désourdy, adjointe à la direction de la Corne d’abondance. (Photo : archives)

L’organisme communautaire de Chambly la Corne d’abondance se prépare à former des élèves de l’école secondaire de Chambly à alimenter en plats santé la cafétéria de l’école tout au long de l’année.

Et pourquoi pas une cafétéria santé dans une école, alimentée à l’année par des plats cuisinés par les élèves, le tout encadré par un éducateur et une cuisine communautaire à proximité de l’établissement scolaire? Si l’on se pose la question, d’autres en sont déjà à concrétiser la mise en place d’un projet unique à Chambly.

La Fabrique à bouffe, un projet qui date d’avant la pandémie, associe la cuisine communautaire de La Corne d’abondance de Chambly et l’école secondaire de la ville. L’objectif est d’offrir des repas chauds aux élèves pour le dîner à la cafétéria de l’école. Des repas qu’auront confectionnés des élèves inscrits à l’activité parascolaire gratuite.

Comme pour un service de traiteur, les élèves pourront acheter des billets-repas afin de réserver un dîner pour la semaine suivante. Les repas offerts du mardi au vendredi seront vendus 8 $, incluant une entrée, un plat principal, un dessert et une boisson. Comme les élèves vont cuisiner pour le lendemain, il ne sera pas possible de combler la journée du lundi pour l’instant.

Dès janvier
La Fabrique à bouffe devrait être lancée dès la rentrée de janvier pour ne plus s’arrêter. En fait, les cuisiniers se sont déjà mis à l’œuvre, mais les lancements ont été rapidement avortés à la suite des événements pandémiques.

« Ayant constaté l’absence de toute offre alimentaire à l’école secondaire de Chambly, l’organisme a réfléchi à une possible solution pour pallier ce manque. De cette réflexion est née La Fabrique à bouffe! Cette idée a été présentée à la direction de l’école, qui a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme ce projet et cette collaboration », explique au journal la directrice générale de La Corne d’abondance, Katheline Dugas.

« En arrivant à la direction de l’école, le concessionnaire, qui proposait un service alimentaire aux élèves, n’était pas suffisamment rentable pour continuer en raison de la concurrence des fast food à proximité. Alors que je tentais de trouver une solution d’offre de service à l’école, c’est à ce moment que Mme Dugas m’a présenté ce projet. Cela tombait à point », indique Caroline Gaigeard, directrice de l’école secondaire de Chambly.

En septembre, la Fabrique à bouffe était même en action avant de devoir stopper son élan, un peu plus d’un mois après sa mise en service appréciée par l’ensemble des élèves.

« On a démarré le projet au début de la pandémie et on a dû l’arrêter. L’automne dernier, encore une fois, c’est la pandémie qui nous a freinés. Puis nous avons rouvert cet automne, et là, c’est un accident de la cheffe qui a mis de côté de nouveau le lancement de cette initiative », nous raconte Mme Dugas, espérant que le lancement de janvier sera le bon.

« Ayant constaté l’absence de toute offre alimentaire à l’école secondaire de Chambly, l’organisme a réfléchi à une possible solution pour pallier ce manque. » – Katheline Dugas

Comment ça marche
L’école propose une activité parascolaire gratuite à ses élèves auprès de la Corne d’abondance pour acquérir habiletés culinaires et connaissances alimentaires. Les différents groupes inscrits contribueront à la cuisine de repas qui seront offerts à la cafétéria. Les plats préparés seront vendus le lendemain midi. Les cuisiniers auront droit à leurs repas gratuitement.

Comme les repas sont planifiés à l’avance, l’organisme communautaire évite le gaspillage alimentaire et prépare avec ses élèves le bon nombre de plats.

Le projet permet d’accueillir 24 jeunes par semaine dans le programme, et ce, pour une période de 6 semaines. Après ces 6 semaines, une nouvelle cohorte prend la relève.
Cette façon de fonctionner permet de joindre au moins 96 jeunes (par année) directement dans le programme, en plus de toute la clientèle de l’école qui bénéficie d’une offre alimentaire saine directement dans son milieu de vie scolaire, et ce, à un prix compétitif.

Soutiens au projet
Le soutien semble indéfectible. « L’aide gouvernementale pour le financement des activités parascolaires est très précieuse. Elle sert ici à payer le personnel de l’école pour cette activité et à la rendre gratuite aux élèves. L’école ne participe pas, cependant, au financement de la Corne d’abondance », précise la directrice de l’école.

La Corne d’abondance peut compter, quant à elle, sur la collaboration de la Caisse Desjardins, du ministère de l’Éducation, d’entreprises comme Cargill, avec qui elle a une entente pour se fournir en viande, ou encore de Ricardo Larrivée, vice-président du Lab-École. « Mais on a besoin d’argent pour faire rouler le projet à long terme. Il faut que nous ayons un soutien financier récurent », souhaite Mme Dugas.

François Pellerin, chef et propriétaire du Garde-Manger de François à Chambly, fait partie du conseil d’administration de la Corne d’abondance. Il croit beaucoup en ce projet. « Je suis enchanté de ce projet. Cela permettra d’avoir de bonnes habitudes alimentaires. Cela permettra de former les jeunes pour la cafétéria de l’école. »

Il y a un partenariat pour la viande avec Cargill, mais il faut aller plus loin. Il faut rendre ce projet viable à plus long terme.
Au moment de la publication de l’article, Ricardo Larrivée, citoyen de Chambly, vice impliqué dans le projet, n’avait pas répondu à nos questions.

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