S’épanouir auprès des enfants en difficulté

Par Martine Veillette
S’épanouir auprès des enfants en difficulté
Érik Christensen dans la pièce où le médecin fait son examen en compagnie d’intervenants et de la famille. (Photo : Martine Veillette)

Depuis quatre ans, Érik Christensen a quitté le domaine de la musique pour se consacrer à aider les enfants.

L’homme originaire de Chambly est directeur général de la clinique L’Étoile pédiatrie sociale en communauté du Haut-Richelieu. Celui qui a un diplôme en musicologie a changé de domaine après avoir fait de la musique auprès d’enfants.

« Ma conjointe est directrice d’un centre pédiatrique. J’y ai donné un atelier de musique et je suis tombé en amour. J’ai vu l’impact qu’on peut avoir. Quand un poste s’est ouvert ici, j’ai postulé », raconte-t-il. Finalement, M. Christensen n’a pas obtenu l’emploi pour lequel il avait postulé. On lui a plutôt proposé de prendre la direction générale, ce qu’il a accepté. Il compte y rester encore plusieurs années. « J’ai de bons défis qui me nourrissent. Je vois ici trop de choses à faire et de beaux projets à venir sur lesquels je travaille fort », dit-il.

L’Étoile existe depuis dix ans. La clinique a été fondée par Sonia Péloquin. Les interventions sont concentrées, pour le moment, uniquement pour les résidants de Saint-Jean-sur-Richelieu. La clinique aide plus de 300 enfants et gère une liste d’attente. L’Étoile œuvre auprès d’enfants de 0 à 18 ans qui ont vécu de la négligence ou de la maltraitance de toutes sortes. Le but est de leur permettre de reprendre le pouvoir sur leur vie.

Le directeur général mentionne que son organisme travaille avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le Centre intégré de santé et de services sociaux ainsi que les commissions scolaires.

Intervention en groupe

Lors d’une intervention type, un médecin, ou une infirmière, effectue son examen médical dans une salle où sont également présents famille et intervenants. « C’est ici que tout se passe; c’est le cœur du modèle. On dit que ça prend un village pour élever un enfant. C’est un peu ça, ici », indique M. Christensen.

« J’apporte une autre vision à L’Étoile. Je n’ai pas peur des idées folles. J’ai un regard plus objectif » – Érik Christensen

Ensuite, les différents intervenants discutent avec la famille et l’enfant présent. « On laisse l’enfant jouer pour voir sa réaction à travers les discussions d’adultes. Parfois, l’enfant répond à une question », raconte-t-il. À la suite de cette rencontre, différentes approches peuvent être proposées. Zoothérapie, équithérapie, massothérapie, art-thérapie et musicothérapie sont au nombre des approches dont un enfant peut bénéficier selon ses besoins. La zoothérapie est d’ailleurs présentée dans le documentaire Le Cœur sur la patte, de POSE12.

« Notre approche est basée sur l’apprivoisement et la collaboration. C’est différent de l’approche du réseau. Les résultats sont différents », soutient le directeur général. Il ajoute « Je suis fier d’avoir les reins assez solides pour que les intervenants puissent proposer une intervention et qu’on puisse la faire ».

La clinique fonctionne grâce à des campagnes de financement et l’aide d’entrepreneurs de la région. Elle reçoit notamment une somme importante de la Fondation du Dr Julien.

Positif dans la misère

M. Christensen et son équipe de 23 employés côtoient une clientèle vulnérable quotidiennement. Il précise que tous les cas sont complexes. « C’est difficile parfois de garder son positivisme dans tout ça. Mon travail est de protéger mon équipe et de m’assurer de leur bien-être », mentionne-t-il.

Le directeur général ajoute aimer de son emploi l’impact direct que la clinique peut avoir sur des jeunes. « Si l’on achète des vélos et qu’on apprend à des enfants à en faire, c’est concret, illustre-t-il. Ce qu’on fait ici, on voit les résultats. »

L’homme estime que le fait qu’il n’ait pas de formation directement dans le domaine d’intervention est un atout pour lui. « J’apporte une autre vision à L’Étoile. Je n’ai pas peur des idées folles. J’ai un regard plus objectif », dit-il.

Depuis son embauche, la clinique a déménagé et est passée de neuf à 23 employés.

L’Étoile mobile

M. Christensen souligne que le besoin est présent partout, même à Chambly. Il aimerait que la clinique fasse des petits. D’ailleurs, un projet de clinique mobile dans un autobus est en branle.

Le vaisseau sera une réplique de la clinique à plus petite échelle. L’organisme a un financement de 1 M$ pour cinq ans pour ce projet. Il sera consacré principalement dans la MRC du Haut-Richelieu.

Un gars de Chambly

M. Christensen ne réside plus à Chambly mais y est présent souvent et y attache une grande importance. « On peut sortir un gars de Chambly, mais c’est difficile de sortir Chambly du gars », s’exclame-t-il.

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