Se remettre dans le bain

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Se remettre dans le bain
Le CNC a tenu sa plus grosse compétition intraclub. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Le 23 octobre dernier était l’occasion pour les nageurs du Club de natation de Chambly (CNC) de revivre le contexte des compétitions au cours d’une rencontre amicale et moins « stressante » qu’en temps normal.

Avec près de 70 nageurs âgés de 5 à 15 ans, 23 officiels bénévoles, 90 spectateurs et 10 entraîneurs, la rencontre intraclub organisée par le Club de natation de Chambly s’est avérée un franc succès. Le journal s’est entretenu avec l’équipe administrative, deux entraîneuses et quelques jeunes nageurs ayant entre 10 et 11 ans pour parler de leur expérience.

« C’était la première rencontre intraclub intérieure pour la saison automnale, et c’est le plus gros événement qui n’a jamais été organisé par le Club », relate Jessica Rousseau, agente aux communications. À défaut de pouvoir prendre part à une compétition officiellement reconnue par la Fédération de natation, le club a organisé son propre événement, à l’interne.

« Je ne me sentais pas à une vraie compétition, parce que c’était juste les amis du Club, je n’étais pas stressé. » – Emrick, 10 ans

Le plaisir sans la pression

Bien que les temps enregistrés lors de cette rencontre ne soient pas retenus par la Fédération, ils permettront quand même à des nageurs de se qualifier pour les compétitions officielles.

« Ça fait longtemps que je fais de la natation, ce n’était pas ma première compétition. Je ne me sentais pas à une vraie compétition, parce que c’était juste les amis du Club, je n’étais pas stressé », confesse le jeune Emrick, 10 ans, qui se dit satisfait de sa performance. Pour Nora, sa camarade, « C’était cool, mais c’est sûr que ce n’était pas comme une vraie compétition, parce qu’habituellement, beaucoup de clubs y participent ». Bien qu’elle n’ait pas non plus senti le stress habituellement généré lors de rencontres entre clubs, la jeune Charlotte admet, quant à elle, que l’enregistrement de ses temps la rendait nerveuse. « Mais tu voyais tes amis et tu stressais un peu moins. Mon frère et ma sœur étaient là et je pouvais les voir », souligne-t-elle gaiement.

« Il faut dire qu’à Longueuil, par exemple, où une compétition s’organisait selon les règles de la Fédération, les enfants n’avaient pas le droit d’être sur le bord de la piscine. Ils étaient donc dans les estrades, et les parents ne pouvaient pas y assister, à moins d’agir à titre d’officiels », relate Béatrice, mentore des entraîneurs et ancienne entraîneuse-chef. Questionnée à savoir si elle avait observé, au cours de ses années sur le terrain, des comportements qui auraient mené à un climat de compétition malsain ou « stressant » pour les enfants, Béatrice admet en avoir été témoin, mais pas à Chambly. « Au cours de mes deux ans à Chambly, je ne l’ai pas vécu, mais j’ai déjà eu à gérer des enfants tellement stressés par ce que leurs parents allaient penser quand ils allaient nager, qu’ils se rendaient malades avant les compétitions. Alors, le fait de garder l’événement entre nous, en intraclub, a vraiment aidé. On a présenté cela comme une fête, ce qui leur a permis d’avoir du plaisir et de se concentrer sur ce qu’ils avaient appris en entraînement plutôt que sur l’obtention du meilleur temps possible. » Quant à Amélie, sa collègue, l’entraîneuse actuelle des jeunes, elle reconnaît que dans le milieu, « il y a beaucoup de parents qui mettent la pression à leurs enfants », et que la réalité à l’échelle plus globale des clubs de natation contraste avec celle des enfants de celui de Chambly.

Nager en temps de pandémie

Martin Samson, président du Club depuis deux ans, se félicite du succès de l’événement, mais aussi des activités menées dans le contexte de la crise sanitaire. « Avec le déconfinement en été, le club a pu reprendre ses activités pour la saison estivale au début juillet, et on a eu une belle saison de huit semaines avec beaucoup de participants, beaucoup plus qu’avant. Je pense que cet engouement est attribuable au désir des jeunes de renouer avec les entraînements et le sport qu’ils aiment. » Il rapporte ne pas avoir eu besoin d’aide financière dans le contexte de la COVID, « parce que rien qu’au travers de ses activités, le Club a réussi à continuer ».

Les défis de s’entraîner à distance

Les défis réels engendrés par la crise résidaient, pour les nageurs, dans le fait de devoir rester motivés lors des entraînements. « Il y avait des rencontres virtuelles une fois par semaine pour les entraînements à distance, auxquelles tous prenaient part. Puis, les nageurs qui le désiraient pouvaient avoir une rencontre individuelle avec un entraîneur, et ils recevaient des directives pour aller s’entraîner eux-mêmes à la piscine lorsqu’on n’avait pas le droit de le faire en groupe. » Pour la jeune Charlotte, c’est le fait de ne pas avoir la récompense que promettent généralement ses entraînements, soit l’opportunité d’aller en compétition, qui l’a plutôt déçue durant la pandémie. « C’est poche », a-t-elle exprimé. Mais Amélie, son entraîneuse, salue les efforts qu’elle a constatés de la part de Charlotte et de ses camarades. « Malgré tout, c’est l’fun qu’ils aient tous beaucoup participé et qu’ils y aient mis les efforts, parce que ça paraît. » Le Club participera à sa première compétition officielle le 12 février, à la piscine de Beloeil, pour une coupe régionale.

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