Sale sous la surface

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Par Jean-Christophe Noël
Sale sous la surface
Véronique Hamel et Dominik Giroux. (Photo : courtoisie)

Une fois de plus, un duo de plongeurs s’attaquera aux déchets jetés dans la baie le long des berges de la rivière Richelieu.

Ils sont amoureux et, ensemble, ils plongent en apnée pour soigner la planète. Elle est Véronique Hamel et il est Dominik Giroux. Cette fois, c’est à la rivière Richelieu qu’ils feront du bien, comme ils l’ont fait il y a deux ans. C’est un complément à la corvée du nettoyage terrestre des berges que proposeront les deux Sherbrookois le 17 septembre prochain.

« On va un peu partout au Québec, selon où les gens nous conseillent d’aller, où il y a le plus de déchets, où il y a de potentiels trésors », indique initialement Mme Hamel. Leur mission est claire : nettoyer l’environnement trop souillé de l’empreinte humaine et sensibiliser les gens à poser de petits gestes concrets pouvant faire une grande différence. Ce sera leur quatrième été dans la réalisation de cette quête. Tout a commencé par un intérêt commun envers l’environnement. Lors d’un nettoyage local, Dominik Giroux a eu l’idée de regarder sous l’eau afin d’y voir quelque chose d’intéressant. « On a été surpris de la quantité de déchets accumulée que l’on ne voit pas sur les berges », explique la femme, qui détient une formation en ingénierie et en arts visuels. À partir de là, ils se sont mis à s’équiper peu à peu en conséquence et à développer leur souffle.

« On a été surpris de la quantité de déchets accumulée que l’on ne voit pas sur les berges. » – Véronique Hamel

Quand elle parle de trésors, Mme Hamel fait référence à des trouvailles impensables que son conjoint et elle font sous la surface de l’eau. « On a déjà trouvé une machine à sous de casino des années 60 », relate avec stupéfaction la plongeuse. Prise au fond d’une rivière, la console n’a pas été simple à sortir des eaux. Avec l’aide d’un collaborateur spécialisé pour extraire les éléments plus lourds de l’eau, par exemple des voitures, ils ont pu extirper des eaux la machine en question. Si la mission est trop complexe, les deux plongeurs avisent la Ville et le dossier repose entre les mains de celle-ci.

Hameçons en quantité industrielle, téléphones, vélos, ordinateurs, pneus, toilettes et parasols font partie de ce qu’ils trouvent. « Ce qui nous intrigue, c’est l’histoire derrière ces objets. Ça frappe l’imaginaire », convient la trentenaire.

Le couple a aussi déjà trouvé une vieille carte du lac Memphrémagog tracée à la main et protégée dans un plastique. À Chambly, par le passé, ils ont sorti de l’eau des fragments de vaisselle potentiellement antique, datant peut-être du 17e siècle.

Sans hésitation, Véronique Hamel pointe du doigt la rivière Magog quand vient le temps de cibler un univers marin particulièrement surprenant, derrière la Dominion Textile, ancienne importante usine de textile de Magog construite en 1883. « On trouve dans cette rivière du mobilier et des équipements de l’usine. C’est assez désolant », exprime-t-elle. Il y a deux ans, appuyée par la Ville, elle a participé à une corvée de ménage. À dix, ils ont amassé une tonne de déchets en une journée. Ce volume ne représenterait que la pointe de l’iceberg.
Lors de la période estivale, les deux passent de 10 à 15 heures hebdomadairement dans l’eau. Leurs plongées n’excèdent pas les 30 pieds de profondeur. Même en vacances, le tuba et le masque ne sont jamais bien loin, car, à tous moments, l’envie de contribuer au bienfait des eaux peut resurgir.

PurNat

Mme Hamel et son acolyte de cœur travaillent en phase avec PurNat. C’est un organisme à but non lucratif qui protège l’environnement en mettant en place et en exploitant un service de nettoyage des dépotoirs illégaux en Amérique du Nord. Ceux-ci se retrouvent plutôt dans les forêts. L’entité souhaite étendre ses services jusqu’aux lacs et aux rivières. « Ils se sont rendu compte qu’il y a un problème à ce niveau-là aussi », fait-elle comme constat.

Éco-citoyens Chambly

Éco-citoyens Chambly est une initiative citoyenne qui bâtit des projets en collaboration avec les résidants et les différents acteurs du milieu pour favoriser et encourager l’écocitoyenneté. Le 23 avril dernier, l’organisme a ramassé près de 800 livres de déchets lors du Grand Nettoyage de Chambly. Au-delà de ce poids, il y a aussi la nature des déchets qui est importante : la grande majorité était composée de plastique léger, qui se dégrade dans les cours d’eau en microplastiques.

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