Rivière Richelieu: un règlement qu’il tarde d’adopter

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Par Chloé-Anne Touma (Initiative de journalisme local)
Rivière Richelieu: un règlement qu’il tarde d’adopter
Le projet de règlement limitant la vitesse sur la rivière a subi de nouvelles modifications. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Le dossier de la vitesse des embarcations sur la rivière Richelieu fait couler de l’encre depuis quelques semaines. L’orientation que prennent les discussions entourant l’ébauche d’un nouveau règlement génère des réactions mitigées et quelques inquiétudes quant aux délais d’action.

Le ministère fédéral des Transports (Conseil du Trésor) s’apprêtait à adopter un règlement devant limiter la vitesse à 10 km/h, mur à mur sur un tronçon de 20 km. Il devait aussi interdire le wakeboard (planche nautique) sur une partie de la rivière. Or, les dernières discussions ont entraîné des modifications au projet de règlement, qui n’entrera en vigueur qu’à l’été 2023, s’il est adopté.

Modifications avant l’adoption

La limite de vitesse sera plutôt imposée dans certaines zones seulement, à 50 mètres des berges. Puis, plutôt que d’être interdit, le wakeboard sera soumis à des restrictions.

« (…) la rivière Richelieu n’a pas le luxe de pouvoir attendre encore dix ans. » – Yves-François Blanchet

Des élus déterminés

En entrevue avec le journal, le député de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet, s’est montré confiant quant aux bonnes volontés des élus impliqués dans le dossier. « Ils sont allumés, dynamiques, et ça promet. Il y a un intérêt et une curiosité palpables pour les enjeux propres aux plantations d’arbres, au chevalier cuivré ou au civisme sur la rivière, et ça nous poussera à aller plus loin dans le processus », a-t-il remarqué, tout en émettant quelques réserves. « Ma seule inquiétude, c’est qu’une fois que l’on sera tous d’accord, c’est un long processus de démarches qu’il faudra enclencher auprès des gouvernements, et la rivière Richelieu n’a pas le luxe de pouvoir attendre encore dix ans. »

Un rappel des faits

En 2019, à la suite d’une démarche à laquelle s’est joint l’organisme COVABAR, quatre municipalités riveraines, soit Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint‑Antoine-sur-Richelieu et Saint-Marc-sur-Richelieu, avaient déposé à la Chambre des communes une demande de réglementation de la vitesse sur la rivière Richelieu. À sa première lecture dans la Gazette du Canada, en juin 2021, la limite de vitesse de 10 km/h était alors évoquée. « Une deuxième lecture, en octobre 2021, a suivi. C’est à la suite de cette publication, et dans la foulée de la demande de Transports Canada auprès des nouveaux maires élus, que la contestation est née, remettant en question la limite de vitesse annoncée », indique l’organisme COVABAR. Depuis, l’adoption du règlement semble constamment repoussée.

« Actuellement, les services policiers ne disposent d’aucune réglementation leur permettant d’intervenir contre la vitesse excessive des embarcations », souligne le COVABAR. « Nous souhaitons que les élus des quatre municipalités concernées sachent reconnaître le travail qui a été accompli par leurs prédécesseurs pour doter la rivière Richelieu d’une première réglementation qui contribuera à l’amélioration de l’environnement de toute la communauté et de ce magnifique cours d’eau. »

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