Révolutionner le monde pharmaceutique

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Par Martine Veillette
Révolutionner le monde pharmaceutique
(Photo : Martine Veillette)

CHAMBLY. Depuis près de dix ans, Écolopharm tente de révolutionner le monde de la pharmacie en l’aidant à réduire la quantité de déchets qu’il génère.
L’usine basée dans le quartier industriel de Chambly fabrique trois produits en polypropylène entièrement recyclable. Des fioles de médicaments, des pots d’onguent et des piluliers.
Aujourd’hui, Sandrine Milante, présidente de la compagnie, aimerait que ses produits soient revalorisés à leur juste valeur. Elle estime que les centres de tri ne gèrent pas adéquatement les matières recyclables. Ils envoient des produits contaminants dans certains ballots, ce qui les rend, dit-elle, inutilisables.
« Je veux sortir mes produits des collectes et qu’ils soient pris en charge avant les centres de tri, affirme-t-elle. J’aimerais que les fioles soient récupérées en pharmacie et qu’un organisme soit en mesure de récupérer la matière et de la réutiliser. »
Comme ses produits sont destinés à la pharmaceutique, ils doivent respecter des normes de Santé Canada. Il n’est donc pas possible pour Mme Milante de réutiliser sa matière.
De plus, des pharmacies de partout à travers le Canada emploient ses items. « Ce ne serait pas écoresponsable d’envoyer des camions partout, mentionne Mme Milante. Il faut trouver des partenaires prêts à les récupérer. »

La fiole

En 2008, elle a obtenu le brevet de sa première fiole qui a été commercialisé en 2009. La présidente l’a créé afin d’avoir moins d’impact sur l’environnement. Pour y arriver, elle soutient avoir remis en question chacune des étapes de production.
« Il y avait huit grandeurs de fioles avec des bouchons séparés, explique-t-elle. La matière n’était pas recyclable. On mettait tout dans des sacs et dans des boîtes. Je regardais ça et me disais que ça n’avait pas de sens.»
La fiole Écolo-Vial est moulée en un seul morceau, ce qui réduit de 35 % la quantité de matière nécessaire pour la fabriquer.
« Quand ils sont en deux morceaux, ça prend assez de matière pour que les deux aient une bonne solidité, soutient-elle. Là, les deux se tiennent ensemble. »
Le fait que le bouchon soit attaché au contenant réduit les risques de perdre le couvercle et de devoir s’en procurer un autre. De plus, ils sont fermés directement dans la machine, ce qui réduit les risques de contaminations. Plus besoin de les mettre dans des sacs avant de les mettre dans les boîtes.

« On ne vend pas une fiole. On propose aux pharmaciens de poser un geste concret pour l’environnement. » -Sandrine Milante

Certaines fioles sont de couleur verte qui apporte une photoprotection des médicaments. « Au Canada, elles sont toutes vertes, indique-t-elle. Au Québec, il n’y a pas de recommandation de l’Ordre des pharmaciens. Certains préfèrent l’avoir clair pour mieux voir les médicaments. »
Depuis sa création, Mme Milante soutient que l’entreprise se remet en question régulièrement afin d’améliorer le côté écoresponsable des produits.

Autres produits

Selon Mme Milante, pour le pilulier, Écolo-Pill, le seul compétiteur fabrique son produit avec du PVC.
« C’est super toxique à toutes ses étapes autant à la fabrication qu’en fin de vie », affirme-t-elle.
Le pot à onguent, Écolo-Jar, est moulé dans le même format, mais offre la possibilité de l’utiliser pour différente quantité. Le fond se déplace selon le besoin.

Pharmacies

Aujourd’hui, une pharmacie sur cinq au Canada utilise ses produits. Ce qui représente 28 % de l’ensemble des prescriptions qui sont servies dans une fiole. Avec le vieillissement de la population, elle indique que le marché croît de 10 % annuellement.
Pour entrer dans une pharmacie, l’entreprise doit cogner à toutes les portes, puisque chaque pharmacien est propriétaire et libre de ses décisions.
« On doit faire face à la résistance aux changements, explique-t-elle. La nouvelle génération de pharmaciens a une meilleure conscience sur l’environnement.»
Pour elle, il n’y a aucune raison que l’ensemble des pharmacies du Québec n’utilise pas ses items.
« On ne vend pas une fiole, ajoute-t-elle. On propose aux pharmaciens de poser un geste concret pour l’environnement. »
Elle n’a pas encore approché le marché américain, puisque « c’est une grosse bouchée ».

Historique d’Écolopharm

L’entreprise appartenait d’abord à ses parents. Elle effectuait des produits en plastique en sous-traitance, dont des fioles de médicaments.
Lorsque Mme Milante s’est mise à produire les fioles Écolo-Vial, elle a changé le nom de l’entreprise pour Écolopharm afin de bien faire la distinction de la révolution qu’elle effectuait.
L’usine emploie aujourd’hui 26 personnes et fonctionne 24 h sur 24 et 5 jours sur 7.

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