Retour au bercail pour Lucas Boucher

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Par Jean-Christophe Noël
Retour au bercail pour Lucas Boucher
Lucas Boucher. (Photo : courtoisie)

L’humoriste Lucas Boucher, qui a grandi à Chambly, effectue un retour au bercail alors qu’il présentera son premier one-man show à la microbrasserie Délires et Délices de Chambly.

À 21 ans, l’ancien élève de l’école De Bourgogne propulsera pour la toute première fois de sa vie son spectacle intitulé Rationnel. Après avoir passé le cap des 500 shows en cette jeune carrière, il se dit prêt à présenter une heure de spectacle. La microbrasserie Délires et Délices en sera l’hôte, le 25 mars dans sa salle Gaby Bernier. « J’ai fait des shows allant jusqu’à 30 minutes, mais là, une heure devant public, c’est une première », relate l’homme qui en est à sa cinquième année en humour. Pour l’occasion, il a assemblé, entre autres, des numéros qu’il a déjà faits, leur donnant un fil conducteur.

Dans ce spectacle, il partage sa vision de la vie, ses relations, et met en lumière « des choses que je trouve qui n’ont aucun sens mais que le monde a l’air de trouver correctes ». L’appel de l’humour s’est fait entendre rapidement pour Lucas Boucher. Au secondaire, il animait en duo les spectacles de talents. Une année, le duo s’est transformé en solo et il a goûté à l’envoûtement procuré par sa prestation. « En sortant de scène, je savais que c’était ça que je voulais faire », assure l’humoriste.

Depuis deux ans, le Chamblyen a établi ses pénates à Montréal. Se sont succédé les open mic de la métropole, scène ouverte et libre à tous ceux qui s’y risquent, qu’il s’agisse d’une performance humoristique, musicale ou poétique. Un cours du soir à l’École nationale de l’humour a contribué à peaufiner son art et a confirmé la piqûre qu’il ressentait depuis un bon moment déjà. Étudiant au cégep en gestion de commerces, il abandonne ce programme à la fin de 2019 pour plonger intégralement en humour. « Je voyais que je pouvais m’améliorer si j’y consacrais tout mon temps. Je n’ai jamais regretté ma décision », affirme-t-il avec conviction.

« Si quelqu’un de 17 ans et de 55 ans rient de la même joke, je trouve ça beau à voir. » – Lucas Boucher

L’humour de Lucas Boucher se veut ‘’grand public’’, rassembleur. « J’aime pouvoir faire rire des personnes de différents groupes d’âge. Si quelqu’un de 17 ans et de 55 ans rient de la même joke, je trouve ça beau à voir », confie celui qui tente de se tenir loin des références trop nichées en se campant dans une zone davantage générale. « La politique et l’actualité, j’en parle peu. Ce n’est pas par paresse. Les jokes d’actualité, je ne peux les faire deux semaines plus tard », exprime celui qui lance au passage des éloges pour l’humoriste français Roman Frayssinet.

Picnic & Humour

En juin 2020, alors que la pandémie prend ses aises et qu’il n’y a plus de spectacles, une idée farfelue frappe Lucas Boucher et un camarade rencontré à l’École de l’humour : faire des spectacles extérieurs dans les parcs montréalais. Munis d’un haut-parleur portatif, de piles, d’un pied de micro et d’un tabouret, ils se sont ‘’réinventés’’. Une trentaine de curieux qui déambulaient au parc Laurier ont été les premiers témoins de l’initiative. La semaine suivante, ils étaient plus de 200. Se sont greffés au projet d’autres jeunes humoristes comme Nic Audet, Coco Belliveau, Anas Hassouna, Sinem Kara, Bruno Ly et JC Surette. Les parcs Arthur-Therrien, dans Verdun, Jarry, Père-Marquette, Jean-Duceppe et Lalancette, dans Hochelaga, se sont, quant à eux, transformés en salles ouvertes pour permettre à l’humour de s’exprimer. Le duo instigateur s’est fait remarquer et différents quartiers l’ont par la suite embauché, permettant aux résidants de se mettre de la scène sous la dent, dans un monde culturel éteint de façon pandémique. Est né Picnic & Humour, organisme visant à divertir le plus de gens possible en créant et en produisant des spectacles extérieurs qui respectent les mesures sanitaires du gouvernement. À ce jour, plus de 100 représentations ont déferlé et pas moins de 14 000 personnes y ont assisté.

Parler de la vie à 21 ans

Il pourrait y avoir des réfractaires plus âgés qui ne voient pas comment l’on pourrait se faire raconter la vie par un jeune homme dont l’expérience ne revendique que 21 bougies. « J’ai déjà entendu ce discours. Certains commencent l’humour à 35 ans. Moi, je l’ai su jeune. Même si je n’ai pas les mêmes expériences de vie, je vis ces choses dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître », conclut le Chamblyen.

À lire aussi : https://www.journaldechambly.com/une-releve-en-emergence/

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