« Rénoviction » dans l’immeuble

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Par Jean-Christophe Noël
« Rénoviction » dans l’immeuble
Les résidants de l’immeuble Les Brises du canal sont victimes de pressions afin de déménager. (Photo : Jean-Christophe Noël)

Les résidants de l’immeuble Les Brises du canal, à Richelieu, subissent des pressions de la part de la nouvelle gestion afin de les faire quitter et ainsi augmenter le prix du loyer.

Depuis le rachat de l’immeuble en avril dernier, des locataires encaissent la pression. Elle proviendrait des gestionnaires de Gestion Zagora inc. L’immeuble en question, du 801, rue Martel, comprend 50 logements. Des retraités de 55 ans et plus y demeurent. Rénovations majeures à venir, bruit et poussière rendant la vie dans l’immeuble désagréable, puis augmentations importantes des loyers lors de la période de renouvellement en 2023 s’ils ne quittent pas sont les arguments que se font servir les locataires par Gestion Zagora inc. « Pour des locataires aînés, c’est une situation extrêmement stressante qui nuit à leur qualité de vie », déplore Ryan Simonyik, organisateur communautaire en défense collective des droits chez Comité logement Rive-Sud, qui défend les droits des résidants des lieux.

« On nous harcèle pour que l’on déménage pour supposément rénover la bâtisse pour la relouer plus cher. » – Monique Lévesque

Au sein d’une assemblée organisée par le Comité logement Rive-Sud avec les résidants de Les Brises du canal, des locataires ont voulu dénoncer ce qu’ils considèrent comme étant de l’abus. « On nous harcèle pour que l’on déménage pour supposément rénover la bâtisse pour la relouer plus cher », explique Monique Lévesque, qui vit dans l’immeuble depuis un an et demi. « Ils cognent à la porte à toute heure du jour, sans rendez-vous, pour nous parler », ajoute la femme de 74 ans, qui envisage porter plainte au Tribunal administratif du logement pour harcèlement.

Sur place, plusieurs résidants confirment au journal les propos tenus par Mme Lévesque. Parmi le lot, certains se sont résignés à déménager en retour de quelques milliers de dollars. « Quand tu as payé ton déménagement avec ça et que tu es augmenté de 300 $ par mois dans ton nouveau logement, il te reste quoi? », questionne un résidant qui a choisi de ne pas déménager malgré l’insistance.

Gestion Zagora

Selon le Registre des entreprises du Québec, Gestion Zagora inc. est une compagnie sous le chapiteau de Hazout Groupe inc. L’achat dudit immeuble a été fait par Société en commandite immeuble 801 Martel. La société se trouve à être Groupe YDH qui, lui, est étroitement lié au Groupe Hazout. Groupe Hazout fait les manchettes depuis quelques années sur ses pratiques de « rénovictions » dans le grand Montréal.

Nichée à Montréal, Hazout Groupe inc. serait l’une des entités relevant du courtier immobilier Kevin Moise Hazout. Gestion Zagora inc. et Hazout Groupe inc. sont toutes deux domiciliées au 1396, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 404, à Montréal, avait précisé dans un autre dossier similaire Julie Coderre, de l’Association coopérative d’économie familiale de la Montérégie-est.

Le Journal de Chambly a tenté de parler à Gestion Zagora inc. ainsi qu’à l’employé qui tente de convaincre les résidants de déménager. L’employé en question n’a pas voulu parler, mais a assuré au journal que Gestion Zagora inc. nous reviendrait. Au moment d’écrire ces lignes, le journal n’avait pas eu de retour de la part de Gestion Zagora inc.

Stratagème répétitif

Ce que vivent les résidants de Richelieu est un copier-coller de ce qu’ont vécu d’autres citoyens de diverses municipalités dernièrement. Après Cowansville, Granby avait été ciblée par Gestion Zagora inc. pour évincer des locataires. Des pressions pour quitter rapidement un appartement en retour de montants proposés pouvant toucher les 3 000 $ pour briser un bail avaient été appliquées.

À Cowansville, une locataire avait quitté son logement, qu’elle louait à 350 $ pour un 3 1/2. Le nouveau propriétaire l’avait reloué 800 $ sans rénovation.

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