Quelle solution au recyclage?

Par Martine Veillette
Quelle solution au recyclage?
Le papier est l’une des seules matières à être recyclées en fort pourcentage. (Photo : Jean-Christophe Noël)

Le recyclage au Québec vit actuellement une période de crise. Alors que des centres de tri ferment ou menacent de fermer, que les matières ne sont plus acceptées outre-mer et qu’un faible pourcentage des matières est réellement revalorisé, quel geste poser?

Certaines villes adoptent le conteneur de récupération du verre. C’est le cas de Chambly, qui en fera prochainement l’achat. Les détails sur son emplacement et la date de mise en service ne sont toujours pas connus. Avec l’achat d’un conteneur, la Ville fait partie d’un projet-pilote avec la MRC de la Vallée-du-Richelieu. « On ne voulait pas investir dans un projet et le faire en solo. Avec le projet-pilote de la MRC, on a un filet de sécurité », soutient la mairesse, Alexandra Labbé.

La Ville de Carignan fera aussi parti de ce projet-pilote. Elle indique que le conteneur sera situé à l’arrière du IGA du complexe commercial Faubourg Carignan. Sa capacité sera d’environ cinq tonnes de verre mixte. L’entièreté du verre récupéré sera dirigée vers la compagnie 2M Ressources inc. située à Saint-Jean-sur-Richelieu afin d’être traitée.

Étienne Rousseau, responsable de la gestion des matières résiduelles pour la MRC de Rouville, soutient que le verre est très peu revalorisé. « Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Le verre est très peu recyclé. Il est utilisé à des fins de recouvrement sur des sites d’enfouissement », dit-il. Les chiffres de RECYC-QUÉBEC démontrent que seulement 28 % du verre avait été recyclé en 2018.

M. Rousseau ajoute que des discussions sont en cours entre les maires à la MRC afin d’envisager la possibilité d’avoir un conteneur qui permettrait « de sortir le verre du bac bleu ». Selon lui, la consigne n’est pas la solution idéale pour que le verre soit récupéré. « Même avec la consigne, il restera du verre dans le bac bleu, puisque certains pots, comme ceux de la confiture, n’auront pas de consigne », dit-il. Québec a annoncé que la consigne sera instauré en 2022.

« Il y a des choses dans le bac bleu qui ne devraient pas s’y retrouver. » – Étienne Rousseau

Refus de la matière

Le marché international refuse de plus en plus les matières recyclées du Québec parce qu’on y retrouve des contaminants. Selon M. Rousseau, les centres de tri n’ont pas tous la même technologie et les mêmes équipements afin que la matière en ressorte de meilleure qualité.

Les citoyens doivent aussi mettre les articles dans le bon bac. « Il y a des choses dans le bac bleu qui ne devraient pas s’y retrouver, mentionne M. Rousseau. Pour la première année, on a eu une patrouille verte qui vérifiait les bacs. Elle a constaté qu’il y avait beaucoup de matières recyclables mises aux poubelles. On estime à environ 15 % les matières recyclables mises aux ordures. » La même chose se produit pour le bac brun.

Il estime qu’une sensibilisation est de mise. « Une campagne de sensibilisation s’en vient pour 2020 (à la MRC de Rouville) », dit-il. RECYC-QUÉBEC a également créé une application Ça va où?, qui indique où mettre la matière. L’information est aussi affichée sur son site Web.

Le responsable de la gestion des matières résiduelles estime qu’un effort doit aussi être fait par les entreprises qui fabriquent les contenants. « Elles devraient s’assurer qu’ils sont recyclables. Il y a beaucoup de produits qu’on peut penser recyclables et qui ne le sont pas », soutient-il.

Jean-François Auclair, directeur général par intérim de la Ville de Chambly, a mentionné lors du conseil de décembre que « les villes cherchent des solutions durables en termes de recyclage ».

RECYC-QUÉBEC indique travailler « avec l’ensemble des centres de tri pour connaître leurs enjeux, mais aussi pour faciliter la mise en commun des centres de tri, des conditionneurs et des recycleurs québécois afin que la matière circule ». Un programme pour compenser les pertes liées à la baisse de prix a aussi été mis de l’avant. Un appel de projet pour augmenter les quantités et la qualité des articles recyclés au Québec a aussi été lancé en mai et une vingtaine de projets ont été soumis.

Fermeture, centre de tri

La fermeture du centre de tri à Saint-Hubert, en novembre, a fait déplacer le transport de la matière recyclée à Marieville, Richelieu, Saint-Mathias-sur-Richelieu et Rougemont vers Granby. La MRC de Rouville a octroyé le contrat à Service Matrec, qui déchargeait le contenu de ses camions à Saint-Hubert et à Granby. Ils se rendent maintenant tous à Granby.

À Chambly, la collecte se fait par l’entreprise Ricova, dont les centres sont à La Prairie et à Châteauguay.

Important de recycler

Malgré la crise, M. Rousseau croit qu’il est encore important que les citoyens poursuivent le geste de mettre la matière dans le bac bleu. Annuellement, les citoyens de la MRC de Rouville recyclent 3600 tonnes de matières. En 2019, ils ont mis 3700 tonnes de matières dans leurs bacs bleus. C’est le plus haut taux en quatre ans. « Malgré la crise, les gens continuent de faire leur part », soutient M. Rousseau.

Au moment d’écrire ces lignes, le Journal n’avait pas les chiffres pour Chambly et Carignan.

Quelques chiffres

– En 2018, 48 % de la matière recyclable a été jetée ou rejetée par les centres de tri.

– Le pourcentage du verre et du plastique récupérés a augmenté un peu depuis 2015, mais demeure toujours autour de 25 % seulement. La balance est envoyée dans des sites d’enfouissement.

– Le papier et le carton connaissent une baisse depuis 2012. Ils représentent toutefois 81 % de la matière recyclée par les centres de tri. Cependant, le prix du marché pour l’achat de ces matières a considérablement chuté, passant de 150 $ en 2015 à 20 $ en 2018.

(Source : RECYC-QUÉBEC)

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