PUGE: un véritable «piège», selon des organismes pour les familles

PUGE: un véritable «piège», selon des organismes pour les familles

ÉCONOMIE. L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de la Rive-Sud de Montréal et celle de la Montérégie-Est souhaitent mettre en garde les familles de la région contre les effets de la bonification de la Prestation universelle pour la garde d

Cette mesure mise en place par le Parti conservateur du Canada permet aux parents de recevoir chaque année un montant de 1920 $ pour chaque enfant de moins de six ans et 720 $ par enfant de 6 à 17 ans. Puisque ces prestations sont rétroactives au 1er janvier 2015, les familles ont reçu ce mois-ci un seul montant, soit de 520 $ ou de 420 $ par enfant selon leur âge.

 «C’est un couteau à deux tranchants. La PUGE est imposable et le crédit d’impôt pour enfant a été aboli», avertit Hélène Hétu, conseillère budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Montréal.

Selon les calculs du l’association, pour un couple ayant deux enfants de plus de 6 ans et dont le revenu total de 70 000 $, la somme octroyée est 1 440 $ par année, soit 720 $ par enfant. Toutefois, cette famille devra payer 986 $ d’impôts supplémentaires, ce qui réduit le gain réel à 454 $, soit le tiers du montant de départ.

Une annonce «électoraliste»

« C’est une annonce très électoraliste. Ça fait plaisir à plein de parents, surtout dans la période des vacances. Par contre, dès que la bonification a été annoncée à l’automne, nous avons vu tout de suite que c’était un piège », soutient Roger Lafrance, le directeur de l’ACEF Montérégie-Est.

Afin d’éviter que les familles ne dépensent la totalité du montant et reçoivent une facture importante lors des impôts, les ACEF leur proposent deux solutions.

 La première consiste à mettre le 2/3 de cette somme de côté afin d’être en mesure de rembourser les impôts 2015. La seconde, qui s’adresse surtout aux familles ayant un revenu élevé, est d’investir la même proportion de cet argent dans un RÉER afin de diminuer les revenus imposables et du même coup les impôts réclamés.

Néanmoins, les ACEF craignent  qu’il soit très difficile pour certaines familles de mettre cet argent de côté, surtout si elles ont un budget restreint. «Beaucoup de gens ne pourront pas rembourser et vont s’endetter», déclare M. Lafrance.

«C’est un cadeau qui peut être nuisible pour les familles. Je crains les impacts lors des impôts 2015. Les retombées peuvent faire mal plus tard. C’est déplorable», conclut Mme Hétu.

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