Projet pilote Mission ADN-eau

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Par Jean-Christophe Noël
Projet pilote Mission ADN-eau
Lancement du projet Mission ADN-Eau. (Photo : courtoisie)

Rassemblés aux abords du bassin de Chambly, Génome Québec et Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont procédé, le 10 septembre, au lancement officiel de Mission ADN-eau, une toute nouvelle initiative de science citoyenne visant à mieux comprendre la biodiversité des cours d’eau du Québec.

Pour l’occasion, des élèves de l’école secondaire de Chambly, établissement faisant partie des onze avant-gardistes a intégrer le projet, étaient également présents. L’expérience se scindant en trois phases, c’est à la première qu’étaient conviés les jeunes scientifiques de demain.

Munis d’une perche télescopique permettant de minimiser la présence de sédiments reliée à un bocal, les élèves ont prélevé un échantillon d’eau qui contient des traces d’ADN environnemental (ADNe) provenant de poissons, d’invertébrés et de micro-organismes. L’échantillon d’eau est ensuite passé à travers un filtre fin manipulé par les élèves afin de récupérer les fragments d’ADNe. Sous forme de discussions de groupe, les élèves ont été invités à émettre des hypothèses.

Objectif

Dans l’optique de proposer un projet environnemental, scientifique et pédagogique, arrimer celui-ci au cursus scolaire a été un défi de taille pour Eva Kammer, conceptrice de la mission et directrice, communication et éducation depuis huit ans à Génome Québec.

« De façon concrète, le projet a pour but, entre autres, de contribuer à une meilleure compréhension de l’état de la biodiversité des cours d’eau du Québec. Les données scientifiques récoltées sont précieuses pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Celles-ci pourront servir à déployer les actions nécessaires à la conservation de la biodiversité des cours d’eau visés. La science étant au service du citoyen, les jeunes seront témoins que la recherche et les données recueillies servent aux décideurs publics », précise Mme Kammer, qui a mis environ une année à développer le programme en collaboration avec un comité pédagogique.

« Un projet de la sorte permet de garder la motivation des écoliers, de leur montrer que ce qu’on apprend à l’école, c’est réellement utile. »
– Jean-François Roberge

Fidèle à son habitude, de son grand sourire, Jean-François Roberge n’avait que d’éloges à propager : « Un projet de la sorte permet de garder la motivation des écoliers, de leur montrer que ce qu’on apprend à l’école, c’est réellement utile, que ce sera réinvesti. Ils font partie d’un projet qui est plus grand qu’eux. Ils viennent de poser un geste permettant à Génome Québec de faire de réelles analyses améliorant la connaissance que nous avons de la biodiveristé de nos cours d’eau. Il est motivant de savoir que ce qu’on fait n’est pas pour l’école, mais bien pour acquérir des compétences qui seront utilisées plus tard », exprime le ministre de l’Éducation d’une envolée inspirée.

Génomique

Le terme génomique regroupe les analyses qui consistent à localiser, à isoler et à séquencer les gènes, puis à étudier leur fonction. Créé en 2000, Génome Québec financera, en 2018-19, des équipes de chercheurs affiliés à différentes universités, à la hauteur de près de 68 millions de $. Ces recherches feront avancer les secteurs de la santé, de l’agroalimentation, de la foresterie et de l’environnement.

Sciences dans les écoles

« Les sciences à l’école, c’est un univers très vaste, reconnaît Eva Kammer. La génomique, étant une branche jeune, n’est pas encore bien positionnée dans le cursus ou dans les manuels scolaires. Cependant, l’intérêt des enseignants est marqué, comme le témoignent les onze écoles qui ont répondu positivement dès le jour un de l’envoi de l’invitation à participer au projet. Les enseignants sont passionnés. Nous sommes heureux de pouvoir leur fournir des activités, des outils clés en main leur permettant d’aller plus loin. »

Charge de travail

Ce n’est pas un secret, le métier d’enseignant en est un exigeant et intégrer le programme au sein des heures de cours n’est pas une mince tâche.

« Ça fait partie de l’autonomie professionnelle des enseignants qui peuvent choisir d’adhérer à des projets comme ça. Je pense que ça fait partie de l’enrichissement qu’ils peuvent faire de leur cours. Il ne s’agit pas d’un compromis, c’est un plus à ce qu’ils peuvent faire en classe », soutient le ministre et député de Chambly.

Projet Phases 2 et 3

La phase 2 du projet correspond à l’analyse des échantillons récoltés. L’ADNe extrait permettra d’identifier plusieurs espèces qui peuplent le vaste cours d’eau. Puis, en avril 2020, il y aura analyse des résultats et interprétation de ceux-ci, bouclant ainsi la phase 3.

Convention collective

Entre-temps, le ministère de l’Éducation attend le dépôt des demandes syndicales permettant d’entamer les négociations en ce qui a trait à la qualité du milieu de travail des enseignants.

« Nous sommes en amont. On se prépare. Nous sommes dans l’attente du dépôt syndical, donc on ne peut pas trop s’avancer. De notre côté, on a déjà dit une chose, on voudra poser des gestes pour valoriser la profession enseignante, la dynamiser, reconnaître la profession. Ce n’est pas, pour nous, une occasion de récupérer de l’argent ni de contrôler ce que font les enseignants. On va vouloir davantage reconnaître leur travail et libérer le talent », expose Jean-François Roberge.

 

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