Prévention des jeunes par les jeunes

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Par Frédéric Khalkhal
Prévention des jeunes par les jeunes
Le CISSS de la Montérégie et un comité de jeunes ont travaillé ensemble pour faire de la prévention contre la consommation de Xanax de rue. (Photo : courtoisie)

Des outils de prévention de la consommation de Xanax contrefait conçus par et pour les jeunes.

Au Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), on semble bien au courant du phénomène. « On informe beaucoup dans les écoles sur tous les produits chimiques qui se vendent. On sait qu’il y a du Xanax contrefait qui circule. C’est difficile de dire s’il y en a beaucoup, mais il est clair que ce produit est présent surtout dans les soirées organisées. Il y a un risque de surconsommation, surtout qu’il est souvent coupé avec d’autres produits qui peuvent avoir une incidence », d’indiquer le SPALau journal.

C’est à ce problème que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie (CISSS) a voulu s’attaquer en diffusant sur les médias sociaux des publications conçues par des jeunes âgés de 14 à 17 ans visant à prévenir les surdoses liées à la consommation de Xanax de rue.

Les affiches qui seront installées dans des maisons de jeunes, des organismes œuvrant en travail de rue, des centres jeunesse, des centres de réadaptation en dépendance, notamment, et les publications dédiées aux médias sociaux ont été réalisées dans la foulée des enquêtes menées par la Direction de santé publique de la Montérégie (DSPu) à l’hiver 2021, à la suite de signalements de surdoses liées à la consommation de comprimés vendus comme du Xanax.

En mars 2021, une lettre de la directrice de santé publique de la Montérégie avait été transmise à tous les parents d’élèves des écoles secondaires de la Montérégie afin de les informer de cette situation d’autant plus préoccupante puisque la vente de Xanax contrefait semblait cibler particulièrement les adolescents. Chaque comprimé était vendu 2 $ ou leur était donné, ce qui est une stratégie reconnue pour accrocher de futurs acheteurs.

« Les résultats des analyses toxicologiques nous ont permis d’apprendre que ces comprimés ne contenaient pas de Xanax (alprazolam), un médicament utilisé pour ses propriétés tranquillisantes, mais une autre substance (flubromazolam) dont la puissance et la durée d’action sont supérieures à celles du Xanax », précise le CISSS.

Formation, sensibilisation

La Direction de santé publique de la Montérégie a donc élaboré et offert des ateliers aux jeunes qui séjournaient dans les centres jeunesse de la Montérégie, en duo avec un travailleur de rue du secteur visité. Une formation a été donnée aux intervenants qui œuvrent auprès des jeunes dans la Montérégie, aux travailleurs de rue, aux intervenants des organismes en prévention des dépendances et à ceux du Centre de réadaptation en dépendance par une professionnelle de la DSPu.

Ces ateliers visaient à informer les jeunes des risques liés à la consommation du Xanax contrefait. Ils ont aussi permis de connaître leur perception du risque et des facteurs de protection à la consommation de ces substances. Des participants ont alors manifesté leur désir d’aller plus loin en prenant part à la création d’outils de communication pour prévenir l’usage de Xanax contrefait.

« Nous avons voulu faire autrement. Nous avons l’habitude de cibler les professionnels dans nos messages, généralement. Ici, nous avons voulu faire autrement, parler directement à la population ciblée. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu ça dans la santé publique. C’est inédit de voir ce travail de collaboration entre les CISSS et les jeunes », indique Audrey Morin, professionnelle à la Direction de la santé publique pour les données liées aux surdoses.

Un comité de jeunes a été mis sur pied pour la création des outils de communication. Les ateliers ont été animés par une professionnelle de la DSPu (CISSS de la Montérégie-Centre) en collaboration avec un intervenant du Centre jeunesse (CISSS de la Montérégie-Est) et une intervenante du Centre de réadaptation en dépendance (CISSS de la Montérégie-Ouest).
Même si les participants à cette initiative séjournaient en centre jeunesse, il faut préciser que la consommation de Xanax de rue est une réalité qui touche les jeunes de tous les milieux, quel que soit l’endroit où ils résident en Montérégie.

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