Prendre son «poil» en patience

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Par Jean-Christophe Noël
Prendre son «poil» en patience
Les repousses de toutes sortes ont décoloré les réseaux sociaux pendant la pandémie. (Photo : courtoisie)

Les salons de coiffure n’ayant pas été déclarés service essentiel, pour certains qui ont perdu le contrôle de leur toison capillaire pendant la pandémie, l’accès imminent à leur salon relève d’une divine bénédiction.

« Quand j’ai vu le nom de ma coiffeuse sur l’afficheur du téléphone, j’ai dit ‘’Tassez-vous! Il ne faut pas que je manque cet appel’’ », pousse vigoureusement Diane Gagnon, qui, le 17 juin, renouera avec sa coiffeuse au salon La Ruelle H&F à Chambly. Comme plusieurs, Diane Gagnon n’en peut plus de sa repousse. Bien que son rendez-vous soit le 17 juin en raison de son travail, si elle avait pu, elle y serait allée dès 7 h, le 15 juin, date du déconfinement des salons situés dans les municipalités de la CMM.

C’est un sentiment particulier qui règne en Clairmonde Paradis, copropriétaire de La Ruelle H&F.

« C’est sûr qu’il y a un certain stress avec les nouvelles mesures sanitaires et les nouvelles procédures. C’est toutefois habités par une grande fébrilité qu’on a tous retrouvé nos ciseaux et nos clients », commente Mme Paradis.

Attendu tel le Messie, l’héroïque appel téléphonique des coiffeuses est ce que les clients implorent depuis longtemps.

« La majorité de nos clientes attendaient notre appel comme si l’on était leur médecin. Elles sont excitées pour la plupart.Certaines comptent les jours, d’autres disent que c’est comme leur anniversaire. Quelques clientes se sont rasé la tête, n’en pouvant plus. Mais la majorité de nos clientes portent la repousse en gage de fidélité à leur coiffeuse », relate Clairmonde Paradis, qui souligne sa chance d’avoir une telle clientèle.

Comme indiqué dans le nom, au salon Luxe Coiffure pour hommes, c’est du cheveu masculin qui y est coupé.

« La majorité de nos clientes attendaient notre appel comme si l’on était leur médecin. » – Clairmonde Paradis

« Nos clients avaient aussi hâte que les femmes. Il faut dire qu’ils sont réguliers, pour la plupart, dans leurs rendez-vous. Il se passe entre trois et quatre semaines, habituellement, entre leurs rendez-vous, alors beaucoup ne s’endurent plus capillairement parlant », décrit à son tour Mylène Gagnon, copropriétaire des lieux, qui ont ouvert, aujourd’hui, 16 juin.

Noël en juin

N’ayant pas travaillé depuis plusieurs semaines, les coiffeuses vivront le monde à l’envers dans les semaines et les mois à venir.

« Nous aurons une période très achalandée qui s’étirera sur plusieurs mois. C’est Noël en juin. Les clientes ont très hâte de nous retrouver et de se sentir belles à nouveau. Tout le monde voudrait être la première cliente. Nous avons élargi les heures d’ouverture afin de satisfaire un plus grand nombre de personnes », font part Manon Faucher et Vanessa Bouchard, copropriétaires du Studio B – Espace Beauté.

« C’est la folie! On a dû refaire un horaire avec deux équipes pour diminuer le nombre de personnes en salon et respecter les normes sanitaires. Nous ferons des blocs de douze heures bien remplis. Pour certaines coiffeuses, les prochaines disponibilités vont à la fin juillet, début août », dépeint Mme Paradis.

Fermeture envisageable

Plusieurs commerces ne se sont jamais remis de la pandémie et ont dû fermer boutique, courbant l’échine devant l’injuste sort.

Au Luxe Coiffure pour hommes, Mylène Gagnon affirme que « financièrement, nous n’étions pas inquiètes. C’est certain que si ça avait duré de six à dix mois, ça aurait été une autre histoire, mais ces trois mois ont été ‘’corrects’’ si l’on peut dire ».

De leur côté, les copropriétaires du Studio B – Espace Beauté avouent qu’il est « certain que nous avons eu des craintes, mais avec les programmes gouvernementaux et l’aide formidable de nos propriétaires, nous serons vite retombées sur nos pieds ».

Quant à Clairmonde Paradis, de La Ruelle H&F, elle conclut que « c’est certain que cela a été difficile financièrement et que nous allons prendre des mois avant de revenir à là normale. Cela dit, nous n’avons pas eu de craintes. Nous sommes demeurées optimistes ».

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