POSA et Familiprix s’unissent pour la santé des jeunes

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
POSA et Familiprix s’unissent pour la santé des jeunes
Cinq pharmaciens offriront des consultations gratuites aux jeunes de l’organisme POSA Source des Monts. (Photo : courtoisie)

Les jeunes de l’organisme POSA Sources des Monts bénéficieront d’un service gratuit de consultation avec des pharmaciens dès janvier 2021.

L’organisme, qui vient de fêter ses 20 ans, a annoncé que ce nouveau service serait ajouté à sa clinique jeunesse grâce à un partenariat avec la pharmacie Familiprix de Chambly, et qu’il serait adapté à sa clientèle, c’est-à-dire aux personnes de 35 ans et moins en situation de précarité à plusieurs niveaux. Des visites mensuelles, qui pourraient devenir hebdomadaires, seront planifiées avec l’équipe de pharmaciens, qui viendront chacun à leur tour offrir des consultations aux jeunes de la maison POSA.

Un service très attendu

« C’est un bonheur pour nous. Les jeunes de POSA sont vraiment enthousiastes et ont déjà commencé à prendre rendez-vous », révèle Sandra Bolduc, directrice générale de l’organisme. « Ce sont cinq pharmaciens de Familiprix qui ont voulu s’impliquer. Les pharmaciens sont vraiment les spécialistes du médicament, et beaucoup de jeunes ont besoin d’être mieux accompagnés dans l’acceptation et la prise de leur médication. Offrir des consultations à même la maison POSA permettra aux jeunes de bénéficier à la fois des conseils des professionnels, et du confort d’un environnement qui leur est familier et dans lequel ils sont à l’aise. »

Partenaires engagés

Ayant d’abord en tête l’idée de faire un don, Marc-Étienne Cloutier, co-propriétaire et pharmacien de Familiprix à̀ Chambly, voulait trouver un moyen de soutenir l’œuvre bénévole et locale faite auprès des jeunes en matière de santé mentale et physique. C’est sa rencontre avec le travailleur de rue de POSA qui l’a mené jusqu’à sa directrice générale, qui a su lui exprimer les besoins réels des jeunes. Ensemble, ils ont vite été inspirés d’impliquer Familiprix de façon à avoir un impact direct sur leur santé.

Pour M Cloutier, ce projet est l’engagement que lui et ses collègues attendaient, d’une certaine façon. « Nous sommes trois co-propriétaires pharmaciens au Familiprix de la Place Chambly, soient Marc-Antoine Fortin, David Rousseau et moi-même. Nous sommes souvent sollicités financièrement par des organismes très connus à travers la province, mais avons décidé de nous engager localement, non seulement financièrement, mais aussi humainement. En plus du soutien financier, nous offrirons des services de consultations directement à la maison POSA dans un environnement plus adapté à̀ une clientèle jeunesse. Les pharmaciennes Sophie Houle et Frédérique Nadeau se joignent à nous dans ce projet qui nous tient tous à cœur. C’est ensemble que nous pouvons faire la différence dans le quotidien de nos jeunes. »

« Ils ont souvent besoin d’une aide adaptée pour gérer leur médication, et ce sont les pharmaciens qui ont l’expertise pour le faire. » – Sandra Bolduc

Une aide qui tombe à pic

Pour Sandra, ce nouveau service à la clinique sera d’autant plus important qu’il faille pallier un manque criant de travailleurs de rue et reposer « sur des fonds de tiroirs » pendant la pandémie. « Nous n’avons qu’un seul travailleur de rue à Chambly, et il est débordé. Il nous en faut plus, on espère prochainement pouvoir en déployer à Rougemont et à Saint-Césaire. Par ailleurs, on a beaucoup de jeunes en détresse, aux prises avec toutes sortes de problèmes psychologiques et de toxicomanie. Certains ont une schizophrénie, d’autres un déficit d’attention, c’est ‘all-dressed’. Ils ont souvent besoin d’une aide adaptée pour gérer leur médication, et ce sont les pharmaciens qui ont l’expertise pour bien le faire », confie Sandra au journal. Elle explique qu’avec la pandémie, non seulement la détresse psychologique engendrée a fait croître la demande de services d’aide en santé mentale, mais que les ressources disponibles en ce sens ont quant à elles diminué de façon significative. Face à ce manque, de plus en plus de jeunes se sont tournés vers les rares organismes offrant le soutien dont ils avaient besoin, comme POSA le fait en redoublant d’efforts.

« La campagne du service J’ai faim à tous les jours et celle des tuques (Embarques-tu…que ?) ont été nos seules levées de fonds, avec l’annulation de la majorité de nos activités pendant la pandémie. On en met plusieurs en branle, et on prévoit organiser un spectacle-bénéfices dont les détails doivent demeurer une surprise. Mais c’est difficile en cette période. Au début de la pandémie, on a été confrontés au suicide d’une jeune, à la détresse de beaucoup d’autres, aux problèmes de toxicomanie et à une explosion d’overdoses. C’est difficile de les voir souffrir, et d’être ciblés par la critique, par-dessus le marché. On lit toutes sortes de commentaires motivés par des préjugés à l’égard des jeunes, notamment sur le port du masque, et ça me touche en tant qu’intervenante, mais aussi comme mère. Nous ne sommes pas toujours conscients de ce qu’ils vivent, de leur réalité lorsque nous portons ces jugements. », amène Sandra. Le nouveau service de consultation avec un pharmacien contribuera à soulager ces maux, en  aidant les jeunes  à y voir plus clair et à se sentir pris en charge quant au maintien de leur santé.

Il sera possible de rencontrer un pharmacien à la maison POSA dès janvier 2021 en contactant l’accueil de la clinique au 450 658-2016. Les consultations se feront le dernier mardi de chaque mois, mais il est possible qu’elles deviennent hebdomadaires et qu’on ajuste l’offre en fonction de la demande.

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