Plusieurs étapes pour tenter de prévenir les abus sexuels

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Par Martine Veillette
Plusieurs étapes pour tenter de prévenir les abus sexuels
(Photo : courtoisie)

Dans le but de protéger les jeunes athlètes contre les abus sexuels ou autres conflits, les associations de hockey et de soccer de Chambly ont mis en place différents protocoles.
Une enquête de Radio-Canada a révélé que plus de 200 entraîneurs au Canada avaient été reconnus coupables de délits sexuels. Le Journal a interrogé le Club de soccer l’Arsenal de Chambly et l’Association de hockey mineur de Chambly sur cet aspect. À la connaissance des interlocuteurs, ils n’ont pas vécu de cas du genre, mais ont mis en place des mesures préventives.
Patrick Morin, directeur général du Club de soccer, affirme d’emblée que malgré beaucoup de précautions, une personne mal intentionnée peut quand même réussir à se faufiler. Il a déjà vécu un cas semblable. Un entraîneur d’une des équipes fréquentées par son garçon, qui n’était pas lié au club, s’est fait prendre sur le fait. « C’est sûr qu’après, tu te poses des questions, dit-il. Tu te penses à l’abri. Quelqu’un qui ne s’est jamais fait prendre peut passer par les maillons. »

Vérification d’antécédents

Des vérifications d’antécédents judiciaires sont effectuées annuellement pour toutes les personnes qui agissent avec les enfants, autant au Club de soccer qu’à l’Association de hockey mineur de Chambly. M. Morin précise que la Fédération les oblige à en faire uniquement tous les trois ans.
Si le Club le fait annuellement, c’est qu’il a vécu une péripétie. « C’est arrivé une fois qu’un entraîneur avait perdu son permis pour conduite en état d’ébriété, raconte le directeur. Il conduisait sans permis avec des enfants dans sa voiture. Notre conseil d’administration a donc décidé de faire des vérifications chaque année. Si un incident s’est passé dans la dernière année, on va le savoir. »
Le Club de soccer compte plus de 440 entraîneurs et membres du personnel technique. Au hockey mineur, la vérification est faite pour les entraîneurs, les gérants et autres membres du personnel des quarante équipes.
Au hockey, d’autres précautions doivent être prises sur l’aspect sexuel, puisque les jeunes peuvent prendre leur douche après les parties. Daniel Goedike, président de l’Association de hockey mineur, raconte qu’il est déjà arrivé que des jeunes atomes se retrouvent par accident dans la douche avec un autre homme d’une ligue adulte. « On a tout de suite rencontré les jeunes et leurs parents, assure-t-il. Les jeunes trouvaient ça drôle, mais les entraîneurs étaient un peu sous le choc. Il y a eu un manque de vérification à l’aréna. Il y a toujours des situations imprévisibles qui peuvent arriver. »

« Quelqu’un qui ne s’est jamais fait prendre peut passer par les maillons. » – Patrick Morin

Rencontre

Chacune des associations sportives a mentionné rencontrer le personnel, les parents et les joueurs avant le début de la saison.
On leur indique entre autres certaines règles de comportement à suivre, notamment de ne pas se retrouver seul avec un mineur ou de laisser les portes ouvertes. Pour les adolescents qui entraînent des plus jeunes, on les informe de garder leurs distances avec les joueurs.
Au hockey, il y a aussi un module sur le respect que les gens doivent suivre en ligne.
« On gère des bénévoles. Normalement, ce sont des gens qui ont de bonnes intentions », indique M.Goedike.

Excès dans la foule

Au hockey, un guide de gestion de cas concernant les comportements inacceptables des parents vient d’être publié par Équijustice. Pour M. Goedike, « il était temps! » Pour lui, il s’agit d’un ouvrage permettant de sensibiliser la population à cette réalité.
Le président rappelle que le hockey est un jeu et que son but premier est d’avoir du plaisir. Depuis trois ans, l’Association a mis en place un comité de discipline qui a eu un impact positif sur les comportements. « On voyait de plus en plus de réactions négatives face à une suspension », dit-il. Le guide sera étudié afin de l’appliquer au besoin.
Des commentaires désobligeants peuvent souvent être dirigés à l’endroit des arbitres. « Ils font partie de la game. Sans eux, on n’a pas de match! Ce sont aussi nos jeunes », soutient M. Goedike.
Il souligne toutefois ne jamais avoir vécu de cas dramatique en dix ans et que la foule de Chambly se gère bien. « J’ai déjà vu un parent aller en voir un autre pour le calmer. »
Le soccer ne fait malheureusement pas exception. « Il y a des débordements, affirme M. Morin. On essaie d’éduquer, de rappeler que c’est un jeu et que les arbitres sont humains. » La Fédération de soccer du Québec a fourni des affiches à mettre sur les terrains en guise d’aide-mémoire pour les spectateurs.
Le Club a aussi instauré un système de parrainage pour les arbitres, afin que les anciens guident et aident les nouveaux. « Ça sécurise le jeune arbitre, les entraîneurs et les parents », soutient-il.
L’Arsenal a aussi un comité de discipline qui intervient lorsqu’un événement survient.
Question aux lecteurs :
Trouvez-vous suffisants les moyens de protection adoptés par les associations sportives?

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