PCRE : le malheur des uns

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
PCRE : le malheur des uns
La main-d’œuvre et le processus d’immigration, des enjeux électoraux. (Photo : archives)

À la suite de l’annonce récente du gouvernement Trudeau relativement à la prolongation de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) pour les travailleurs affectés par la pandémie, certains employeurs, aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, s’arrachent les cheveux de la tête.

Anik Cormier, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Bassin de Chambly (CCIBC), et propriétaire de la microbrasserie Délires et Délices, est bien au fait de cette réalité. « La prolongation de la PCRE est nécessaire pour s’assurer d’aider les travailleurs qui exercent leur métier dans des domaines qui sont encore affectés par la pandémie (voyages, événementiel, etc.) », indique-t-elle au journal. « Mais d’un autre côté, avec la pénurie de main-d’œuvre qui fait encore rage dans le domaine de la restauration, et le retour en présentiel qui ne saurait tarder des étudiants en classe, dont plusieurs dès les 23 et 30 septembre, la prolongation de la PCRE se veut aussi une très mauvaise nouvelle pour toutes les entreprises et les industries qui peinent déjà à reprendre les affaires, par manque de ressources humaines. C’est donc très dur à gérer politiquement. Il sera encore très difficile pour les industriels et tous les commerces d’embaucher. On voit d’ailleurs beaucoup de panneaux indiquant que l’on cherche à engager du personnel. On essaie de véhiculer le message qu’il y a de l’ouvrage, que tout le monde embauche et qu’il y a de la demande pour tous les profils, incluant les candidats ayant une expertise dans un domaine ciblé. »

« (…) la prolongation de la PCRE se veut aussi une très mauvaise nouvelle pour toutes les entreprises et les industries qui peinent déjà à reprendre les affaires (…) » – Anik Cormier

Ce que cela signifie en chiffres

Selon ce qu’a affirmé la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, l’extension de la prestation sur quatre semaines supplémentaires coûtera
3,3 milliards de dollars au Trésor public, pour un total de 54 semaines, concédant le droit à une allocation de 300 $ par semaine jusqu’au 23 octobre 2021. Les chômeurs ayant épuisé la totalité de leurs prestations auront également le droit d’en bénéficier. Notons que ce sont plus de 128 000 Québécois qui bénéficiaient de la PCRE au début de l’été.

S’attendre à une inflation « forcée »

Pour Dominique Théberge, coactionnaire du restaurant La Croisée des chemins, la prolongation de la PCRE,
« C’est un instrument à chômage et un instrument politique. À la Croisée, étant donné que l’on a généré plus de revenus que l’année passée, on ne peut bénéficier de subventions. Pourtant, on était déjà en pandémie l’an passé. J’ai l’impression que l’on ne reçoit pas d’argent et que l’on nous empêche en plus d’avoir des employés. Le fait de maintenir les aides et qu’il y ait autant de chômage nous impose d’augmenter les salaires de façon agressive pour avoir des employés qui ne vont pas vraiment rester, créant un précédent sur le long terme. On met notre entreprise sur la sellette. Cela créera une inflation forcée, car si l’on veut survivre, on est obligés d’augmenter les prix », observe le restaurateur.

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Jean Prud'Homme
Jean Prud'Homme
1 mois

Offrez des salaires décents et vous n’aurez plus de problèmes de main d’oeuvre !

karine
karine
18 jours

Les commerçants ne se plaignaient pas quand ils bénéficiaient d’aides financières des gouvernements et municipalités pour passer à travers de la crise. C’est l’occasion de réinventer des façons de travailler plus justes et humaines 😉