Paula Rodrigues critique le travail des médias

Paula Rodrigues critique le travail des médias

Crédit photo : courtoisie

La conseillère municipale du district Charles-Michel-De Salaberry, Paula Rodrigues, s’est présentée au micro lors de la période de questions de la séance du conseil municipal pour critiquer le travail des journalistes.

Le maire suppléant, Jean Roy, qui présidait la séance, a spécifié qu’il n’est pas usuel qu’un membre du conseil se présente à la période de questions.

« Non, ce n’est pas une situation courante, mais ils ont le droit, ce sont des citoyens, a indiqué le maire suppléant. En tant que tel, il n’y a rien qui le restreint. » Mme Rodrigues a également admis que « de mémoire, il s’agit d’une première ».

Période de questions

Mme Rodrigues a été la première à s’adresser au conseil, en s’identifiant comme simple citoyenne. Elle a argué que les médias ont tendance à ne montrer « qu’un côté de la médaille » et qu’il « serait important de valider les informations véhiculées ».

« À plusieurs reprises, j’ai lu dans les journaux des commentaires où il y a des partis pris, a-t-elle soutenu en séance du conseil. Ils semblent faire de la partisanerie. Les questions ne sont jamais posées à l’équipe adverse et sont véhiculées uniquement par une seule équipe élue. »

« Je crois que les journalistes ont un devoir de neutralité, rapporter les nouvelles et creuser les deux versions d’une question », a répondu M. Roy.

Mme Rodrigues s’est entretenue avec le Journal de Chambly. Elle a tenu à spécifier qu’elle parlait en tant que citoyenne et non pas comme membre du conseil municipal. « Je sens que les journalistes vont prendre la version d’un mouvement citoyen et n’iront pas valider les informations, a-t-elle soutenu. Je trouve ça regrettable. » Elle a donné en exemple le registre pour les règlements de zonage et de lotissement, que plusieurs citoyens auraient signé sans en connaître les conséquences, selon elle.

« J’ai reçu dans ma boîte aux lettres un feuillet incitant les gens à venir le signer. Est-ce qu’il y était expliqué tous les enjeux et les impacts que ça pourrait occasionner? Non. »

Le bon endroit?

Une citoyenne, Line Roberge, s’est présentée un peu plus tard lors de la période de questions afin d’interroger le conseil sur l’intervention de Paula Rodrigues.

« Comment se fait-il que Mme Rodrigues soit venue prendre du temps alloué aux citoyens pour poser des questions au conseil afin de porter plainte contre les journalistes ? a questionné Mme Roberge. Il me semble qu’il y a des endroits, comme d’autres journaux ou des instances ou des plaintes peuvent être déposées. »

« Mme Rodrigues est citoyenne, a répondu Jean Roy. Si en tant que citoyenne, elle désire s’adresser au conseil, elle le fera devant le micro. »

« Mais elle ne s’adressait pas au conseil, elle s’adressait aux journalistes », a rétorqué Line Roberge.

Le conseiller du parti d’opposition, Mario Lambert, a salué que Mme Rodrigues se soit exprimée, mais considère qu’elle n’a pas choisi le bon endroit au bon moment. « Ça n’avait pas sa place. Elle a pris du temps réservé aux citoyens. J’ai trouvé ça déplacé. Je ne partage pas son opinion, je ne ressens pas de partialité dans les médias locaux. »

Réponse du MAMOT

Le ministère des Affaires municipales et de l’Organisation du territoire (MAMOT) rapporte pour sa part que la Loi sur les cités et villes n’indique pas clairement que les périodes de question sont uniquement réservées aux membres du public.

« La Loi sur les cités et villes (C‑19, article 322) stipule que :  » Les séances du conseil sont publiques. Une séance du conseil comprend une période au cours de laquelle les personnes présentes peuvent poser des questions orales aux membres du conseil.  » Ainsi libellé — et considérant que les membres du conseil ont l’occasion de délibérer entre eux durant une séance —, l’article reflète l’intention du législateur de permettre aux membres du public présents dans la salle de questionner les membres du conseil. Toutefois, il reviendrait à un tribunal de se prononcer sur la question de savoir si le libellé implique une interdiction aux membres du conseil de profiter de la période des questions pour s’adresser à leurs collègues », a expliqué le porte-parole du MAMOT, Sébastien Gariépy.