« Pas de plan B »

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Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
« Pas de plan B »
Philippe Tessier et ses chauffeurs devront s'armer de patience pour rejoindre l'île de Montréal. (Photo : (Photo : Julien Dubois))

Chambly L’entreprise Richard Tessier Transport & Fils emprunte le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine tous les jours. La réduction des voies, prévue dès la fin du mois pour une durée de trois ans, force l’entreprise à s’adapter… ou à subir la situation.

Tout le monde s’attend à un chaos. Déjà surchargée en temps normal, l’autoroute 25 deviendra certainement un lieu infréquentable d’ici la fin du mois d’octobre. En cause, des travaux majeurs forçant le ministère des Transports à passer à deux voies ouvertes au lieu des trois habituelles dans le sens Rive-Sud, secteur de Montréal, et une seule voie contraire, pour une durée de trois ans!

« Les salariés et moi-même avons aussi des vies à réorganiser. » – Philippe Tessier

Philippe Tessier gère son entreprise, Richard Tessier Transport & Fils, à Chambly, spécialisée dans le recyclage de pare-brise, le transport et les déménagements professionnels ainsi que particuliers. Le dirigeant appréhende le 31 octobre, date officielle du grand chantier : « Cela va être un enfer! Notre rayon d’action se situe dans toute la province et nous devons passer par l’autoroute 25 pour une bonne moitié de nos clients située sur l’île de Montréal ou la Rive-Nord. Déjà que c’est compliqué les fins de semaine… »

Selon les pouvoirs publics, il faudra multiplier par trois le temps habituel de trajet afin d’obtenir la durée nécessaire pour la traversée du tunnel durant les travaux. Un délai qui s’annonce compliqué pour le chef d’entreprise : « Je ne peux évidemment pas charger davantage le client, soupire-t-il. Mais cela va me coûter bien plus cher en essence et en temps. Les salariés et moi-même avons aussi des vies à réorganiser. Trois ans, c’est énorme! Je ne comprends pas pourquoi les travaux ne peuvent pas se faire plus rapidement en y mettant plus de moyens. »

Pas le choix

L’heure est à la recherche de solutions. Mais pour le moment, Philippe Tessier se heurte à un mur : « On ne nous communique rien, regrette-t-il. En tant qu’entreprise, nous n’avons été mis au courant de rien. J’aurais aimé un couloir réservé pour les camions. Je pensais aussi que le télétravail allégerait le trafic. On pense partir plus tôt, mais tout le monde va le faire. Le pont Jacques-Cartier sera pas mal achalandé aussi. Même si nous travaillons le soir, voire la nuit, il sera impossible de desservir certains clients. Cela aurait été pratique de prévoir un traversier. Le début des travaux est imminent, mais nous n’avons pas de plan B. En tant qu’entreprise de transport, on n’aura pas le choix d’aller sur l’autoroute. »

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