Ouverture du Canal-de-Chambly

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Par Frédéric Khalkhal
Ouverture du Canal-de-Chambly

Le 18 mai, c’était le début d’une nouvelle saison de navigation au lieu historique national du Canal-de-Chambly qui célébrera ses 175 ans cette année.
L’équipe de Parcs Canada était heureuse d’accueillir récemment les tout premiers plaisanciers de l’année 2018. M. et Mme Hébert ainsi que M. Picard les premiers de la saison à franchir les écluses de la ville, ont reçu l’accueil traditionnel des agents de Parcs Canada qui ont donné les premiers tours de manivelle pour ouvrir le passage aux visiteurs.
Sur la rive gauche de la rivière Richelieu, au sud-est de Montréal, le canal de Chambly s’étire sur près de 20 kilomètres entre les municipalités de Chambly et de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il s’agit du plus grand des cinq canaux historiques au Québec.

Célébrations

L’an dernier, le 150 anniversaire du Canada a permis aux plaisanciers de circuler gratuitement sur le canal. Il y a eu plus de 1 800 embarcations qui ont profité de ce passage en bateau, canot ou kayak. La gratuité, comme chaque année, sera en vigueur les 1 et 7 juillet.
Cette année, la gratuité n’est pas de retour, mais Parc Canada se prépare à célébrer le 175 anniversaire du Canal-de-Chambly. Le programme des festivités n’a pas encore été dévoilé, mais se prépare activement en coulisse. Et tout le monde pourra en profiter.
« Le Canal-de-Chambly accueille surtout une clientèle locale qui veut se rendre sur le Saint-Laurent en empruntant par la suite le Canal-de-Saint-Ours. Nous avons aussi une clientèle américaine. Il n’est pas rare de voir des personnes qui empruntent le passage pour aller jusqu’à New York », précise Jean-Michel Savard, porte-parole de Parcs Canada.

Le saviez-vous?

La construction d’une voie navigable reliant le lac Champlain au bassin de Chambly a été autorisée au 19e siècle afin d’éviter les portages à cause des rapides de la rivière Richelieu.
Bien que le gouvernement du Bas-Canada permette la construction de cette voie dès 1818, des difficultés surgissent et ce n’est qu’en 1831 que débutent les premiers travaux. Ceux-ci se terminent en 1843 par l’ouverture du canal de Chambly sur tout son parcours.

Au pic et à la pioche

En 1829, le gouvernement du Bas-Canada confie le projet de construction du canal à des commissaires superviseurs, tous des gens d’affaires de la région du Richelieu. Le 5 septembre 1831, les commissaires du canal accordent le contrat de construction à un groupe d’hommes d’affaires formé d’Américains et de Canadiens, dont les frères Andres de Chambly.
La construction du canal débute aussitôt. Mais en 1834, les travaux sont interrompus en raison de problèmes financiers. En 1841, les travaux reprennent pour se terminer en 1843. Pendant ces années de durs labeurs, on estime qu’entre 500 et 1 000 hommes ont travaillé à la construction du canal sans l’aide des machines à vapeur.
Il y a d’abord les terrassiers, ceux qui creusent la terre, dont les outils sont le pic, la pelle et la brouette. Aux terrassiers s’ajoutent les artisans spécialisés comme les maçons, les forgerons et les charpentiers. Enfin, il y a les hommes de chevaux.
En une journée, quatre terrassiers peuvent excaver en moyenne de 3 à 4 verges cubes de pierre (2,30 à 3 mètres cubes) ou de 6 à 7 verges de glaise (4,60 à 5,35 mètres cubes). C’est un travail exténuant!
Les conditions de vie des ouvriers, majoritairement immigrants, sont plutôt difficiles. Au début de la construction du canal, ils travaillent 12 heures par jour, de 5 heures à 19 heures. Une heure est allouée pour le déjeuner, une autre pour le dîner. À partir de 1840 toutefois, les ouvriers travaillent 10 heures par jour, de 6 heures à 18 heures.
Les ouvriers logent dans des baraques de 12 pieds sur 12 pieds (14 mètres carrés), fournies par les entrepreneurs. Ils s’y entassent à 12 par baraque. En plus de défrayer un loyer aux entrepreneurs, les ouvriers sont payés avec des bons encaissables essentiellement dans les magasins dont les entrepreneurs sont propriétaires. Ce système provoque de nombreux différends. Les ouvriers se plaignent des prix trop élevés exigés pour les produits et articles. Des affrontements ont lieu.
Malgré tout, le 9 juin 1843, un premier bateau emprunte le canal : le steamer « Québec », transportant une cargaison de lard, quitte Saint-Jean et fait route vers la capitale.
Aujourd’hui, le canal est exclusivement réservé aux embarcations de plaisance.

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