Oser en parler : un balado vers la réconciliation

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Par Frédéric Khalkhal
Oser en parler : un balado vers la réconciliation
Charlotte Côté devant le fort de Chambly. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Charlotte Côté, une citoyenne de Chambly, s’est donné la mission de rapprocher les autochtones et les allochtones du Québec en allant sur le chemin du savoir à travers un balado-diffusion.

Le mois de juin, était consacré au Mois national de l’histoire autochtone 2021. Un événement pour reconnaître l’histoire, les traditions et la diversité des peuples des Premières Nations, des Inuit et des Métis.

Charlotte Côté ne cessera pas pour autant de rappeler l’histoire de ces nations qui fait parti de l’histoire du Québec, du Canada et donc de son histoire sur son site Oser en parler.

Découvertes macabres
Le mois qui s’est écoulé a été marqué par des découvertes macabres faisant resurgir une méconnaissance de l’histoire des premières nations.
En effet, ce sont 215 corps d’enfant qui ont été déterrés du charnier de Kamloops et 751 tombes sans épitaphe dans la province de la Saskatchewan proche d’anciens pensionnats autochtones.

« La loi sur les indiens, les pensionnat, les enlèvements d’enfants… On dit qu’on a découvert ces lieux, c’est un peu hypocrite. On le savait », réagit Charlotte Côté, déjà très engagée à 25 ans.
Elle a été déléguée représentant la circonscription Beloeil-Chambly à l’événement Héritières du suffrage en 2019. Elle a été aussi l’autrice de la pétition contre l’extrême pauvreté qu’elle a mené en 2013, où elle rappelait au gouvernement de l’époque ses objectifs en la matière.

Pour les non autochtones
Àl’aide d’une subvention acquise après son expérience à la chambre des communes en 2019 « pour améliorer nos communautés », elle s’occupe bénévolement depuis deux ans d’un balado-diffusion intitulé, Oser s’en parler. « Avec ce balado, je tente de déconstruire le malaise et l’inertie allochtones tout en mettant de l’avant des voix autochtones au sein de nos sociétés qui sont liées. »

L’idée lui est venue après avoir constaté une déresponsabilisation de la population allochtone sur les questions autochtone, « alors qu’on est pourtant entouré de gens qui veulent s’impliquer, mais ne savaient pas par où commencer. Je trouvais qu’il y avait peu de réflexions et d’espaces pour avoir ce genre de dialogue, et surtout, peu de ressources pour les Québécois et les franco-Canadiens. »

« Avec ce balado, je tente de déconstruire le malaise et l’inertie allochtones tout en mettant de l’avant des voix autochtones au sein de nos sociétés qui sont liées. » – Charlotte Côté

Elle explique qu’il n’y a pas vraiment eu de déclic qui fasse qu’un jour elle se lance ce défi de vulgariser cette histoire complexe tout en donnant l’envie au allochtone de faire partie de la solution.

Racisme systémique
Quand on lui parle de racisme systémique envers les autochtones au Québec, pour elle cela ne fait aucun doute. Elle explique cependant que le site n’est pas là pour culpabiliser les Québécois. « Dans ce balado, on observe particulièrement la façon dont les enjeux autochtones d’aujourd’hui peuvent être compris avec le vécu franco-canadien en québécois; et on plonge dans la nature complexe et «bordélique» du système colonial dont on a hérité. L’idée, c’est de créer un espace où les allochtones entament une introspection collective et individuelle sur le racisme systémique envers les autochtones, se responsabilisent, et s’engagent à faire partie de la solution. Ça se veut une ressource audio, mais on présente également une foule de ressources, soit dans notre banque de données, soit à travers chacun des épisodes. »

Oser s’en parler
Le site Internet fourmille d’informations documentées, d’entretiens enregistrés, d’opinions divergentes …, le fruit d’un travail acharné par la jeune animatrice, productrice et gestionnaire du projet, et tout cela pour le sens commun et de manière bénévole.

« Je suis persuadée que nos concitoyens bénéficieraient de savoir que ce genre de ressource existe gratuitement sur le sujet de l’amélioration des relations entre allochtones et autochtones. C’est un engagement à long terme. Il faut avoir cette humilité de dire que je ne connais pas tout. Il faut écouter, il n’y a pas de solution magique. Plus je vais en apprendre, plus je vais m’éduquer. »

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Guillaume Pregliasco
Guillaume Pregliasco
10 jours

Très intéressant! C’est le genre de projet dont on a tellement besoin ici au Canada et au Québec. En tant que non-autochtone, on fait peu nos devoirs parce que c’est lourd comme sujet. Oser s’en parler est finalement une excellente façon d’en apprendre plus sur la problématique, sur ce qu’on peut faire, et sur notre position dans notre société Québécoise. Un grand bravo à cette jeune de chez nous!!