On boit plus en Montérégie

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Par Frédéric Khalkhal
On boit plus en Montérégie
Le Festival Bière et saveur se déroulait la fin de semaine dernière à Chambly. (Photo : courtoisie)

La consommation d’alcool des habitants de la Montérégie est plus élevée que la moyenne québécoise. Le Festival Bières et Saveurs qui a animé Chambly ce week-end fait-il partie du problème ou de la solution?

Pas un problème et peut-être une solution pour la directrice générale d’Éduc’alcool, Geneviève Desautels. « Le plus important, c’est que les buveurs dans ce genre de festival puissent être encadrés. Ainsi, ils peuvent apprendre à consommer mieux et à développer le goût. Il faut savoir aussi pourquoi on boit, parce que l’on en a envie ou par besoin? En tous les cas, cela a été la première fois que nous avons eu un kiosque Éduc’alcool au Festival Bières et Saveurs à Chambly. »

À ce kiosque, des mocktails, boissons ressemblant à des cocktails mais sans alcool, ont été servis. « La pression sociale est souvent la cause d’un excès de boisson. Le mocktail est un bon moyen de ne pas subir cette pression. Il est possible ainsi d’alterner entre des boissons alcoolisées et des boissons non alcoolisées lors d’une soirée », une pratique qu’il faudrait inclure dans les mœurs, selon Mme Desautels. « Il faut aussi penser au lendemain de fête, tout en pensant à sa santé. »

Au-dessus de la moyenne
Les Montérégiens consomment plus d’alcool que la moyenne québécoise, selon une étude réalisée l’année dernière par l’Institut CROPpour le compte d’Éduc’alcool.

Cependant, l’étude démontre que même si la consommation d’alcool est plus courante dans la région, elle n’est pas pour autant dans l’excès. En effet, on apprenait que 63 % des résidants consomment une boisson alcoolisée une fois par semaine ou plus, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise (60 %).

« Statistiquement, au Québec, les gens sont plus nombreux à boire que dans le reste du Canada, mais au Québec, on boit moins. Il faut aussi souligner que des organismes comme le nôtre n’existent qu’au Québec. Il faut dire qu’il y a environ 70 % des Québécois qui boivent de façon modérée. Nous, on se concentre sur les 30 % restants. »

« Statistiquement, au Québec, les gens sont plus nombreux à boire que dans le reste du Canada, mais au Québec,
on boit moins. » – Geneviève Desautels

Six verres par semaine
Alors qu’Éduc’alcool recommande de limiter sa consommation d’alcool à 15 verres par semaine pour les hommes et à 10 verres pour les femmes, en ne buvant pas tous les jours, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage des substances (CCDUS) a recommandé dernièrement que la consommation maximale de verres d’alcool devrait être abaissée à six par semaine.
« Je ne commenterai pas ces chiffres pour le moment, car nos scientifiques se penchent actuellement sur cette étude. Je vais attendre d’en savoir plus », d’indiquer au journal Mme Desautels.

Il est possible de lire dans le rapport du CCDUSque l’alcool peut causer des méfaits aux personnes qui en consomment, et parfois aussi aux personnes qui les entourent. Peu reconnaissent que l’alcool est l’une des principales causes évitables de décès, d’invalidité, de blessures, d’accidents et de problèmes sociaux. En 2017, l’alcool a contribué à 18 000 décès au Canada. Cette même année, les coûts associés à la consommation d’alcool au pays s’élevaient à 16,6 milliards de dollars, 5,4 milliards de dollars de cette somme étant dépensés en soins de santé.

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