Occupy White Walls : un jeu pour démocratiser l’art

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Occupy White Walls : un jeu pour démocratiser l’art
(Photo : Captue d'écran)

Le jeu Occupy White Walls (OWW) propose de créer et visiter des galeries d’art de façon virtuelle, tout en y exposant les œuvres d’artistes en quête de visibilité.

Lorsqu’on pense aux jeux vidéo et à la réalité virtuelle, on s’imagine généralement un adolescent en quête de sensations fortes, parti à la chasse aux zombies, si ce n’est en train de vivre l’expérience reproduite d’un tour de montagnes russes. Souvent mis de côté, les jeux de nature plus expressive et artistique, quant à eux, sont plus difficiles à trouver pour les utilisateurs au profil créatif. Conscient de ce manque, l’entrepreneur Yarden Yaroshevski, fondateur de l’entreprise britannique Kultura, basée à Londres, a lancé Occupy White Walls (OWW), un jeu ayant pour visée de démocratiser l’art visuel.

« Il y a  quelque chose à développer avec ce concept, et j’aime l’innovation. » – Geneviève Cyr 

Construire une galerie à son image

Développée pour la plateforme Nvidia, à utiliser sur ordinateur, l’application OWW permet, un peu à la manière du jeu Les Sims, avec plus de liberté encore, de créer et de construire sa propre galerie virtuelle en disposant d’une multitude de matériaux et d’infrastructures : murs, fenêtres, colonnes, luminaires, carrelages, meubles, décorations, escaliers, etc. Les amateurs d’architecture pourront y créer la galerie de leurs rêves, en trois dimensions, derrière leur écran.

Faire exposer virtuellement ses œuvres

Quant aux artistes qui souhaiteraient y faire connaître leur travail, ils n’ont qu’à téléverser une photo de leurs œuvres dans le nuage de Kultura, moyennant un certain montant, afin que ces dernières se retrouvent dans le jeu OWW sous forme de tableaux que les galeristes pourront placer sur leurs murs, à leur guise. Plus on y met d’œuvres, plus le taux unitaire (9 $/tableau) à payer diminue.

« L’innovation est intéressante et pique ma curiosité », admet l’artiste Chamblyenne Dan Nadon, interpellée par le journal. « Mais je me laisse surtout séduire par une autre formule, celle des visites virtuelles d’atelier, pour y découvrir le processus et l’environnement créatif d’un artiste, en France ou ailleurs à l’étranger. »

L’artiste-peintre multidisciplinaire Geneviève Cyr, qui expose régulièrement ses œuvres à la Galerie de Miss Rey à Chambly, pense quant à elle que « La technologie évolue tellement rapidement. Il y a quelque chose à développer avec ce concept, et j’aime l’innovation. C’est intéressant comme idée, mais il reste à rendre le tout plus intéressant pour les artistes. J’aime l’idée que ce soit international et qu’il puisse y avoir beaucoup de visibilité, mais à quel prix? Et est-ce qu’on y conserve nos droits d’auteur? », s’inquiète-t-elle.

« Absolument! », confirme le créateur d’OWW en entrevue avec le journal. « Les artistes conservent 100 % de leurs droits d’auteur. » Par contre, en y téléversant leurs œuvres, ces derniers doivent être conscients du fait qu’ils permettent à tout utilisateur du jeu de prendre des captures d’écran qui pourraient montrer leurs créations et se retrouver sur les réseaux sociaux.

« Prenons l’exemple de l’un de nos utilisateurs, Michael Archibaldino, un artiste canadien. Sur les réseaux sociaux, il est suivi par un peu moins de 300 abonnés. Lorsqu’on consulte son profil sur Kultura, on constate que des dizaines de milliers d’utilisateurs l’y suivent et s’intéressent à son art. C’est sur notre plateforme ou au travers du jeu qu’ils l’ont découvert », de suggérer M. Yaroshevski.

Pour le moment, le jeu n’est offert que sur Nvidia et n’est pas compatible avec la vision 360° des casques de réalité virtuelle, tel qu’Oculus, ce qui rend l’expérience moins immersive. Mais M. Yaroshevski promet que des changements seront apportés au jeu avec le temps pour compenser ses limitations.

Question aux lecteurs:

Que pensez-vous du jeu Occupy White Walls?

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