Nathan Gaucher : Le début d’une grande aventure

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Par Jean-Christophe Noël
Nathan Gaucher : Le début d’une grande aventure
Avec Mason McTavish (à droite), Nathan Gaucher fait partie de l’avenir doré des Ducks d’Anaheim. (Photo : courtoisie - Dave Sandford / National Hockey League)

La vie du Richelois Nathan Gaucher a pris une nouvelle tangente, le 7 juillet dernier, alors que les Ducks d’Anaheim ont jeté leur dévolu sur lui lors du repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH) se déroulant en sol montréalais.

Première ronde, 22e choix au total, son nom a fait écho dans tout le Centre Bell. Nathan Gaucher s’est alors dirigé vers la scène, là où les têtes dirigeantes des Ducks, qui venaient de le choisir, l’attendaient. Cette marche vers le podium, assistée d’une ovation que lui a réservée un public local, a représenté ses premiers pas vers la cour des grands. « Ça ne pouvait pas être mieux. J’étais hors de moi. J’étais vraiment content! », exprime avec enthousiasme le hockeyeur, qui a passé les trois dernières saisons avec les Remparts de Québec dans la Ligue junior majeur du Québec.

Malgré le doute qui subsiste toujours, c’était un secret de Polichinelle que le Richelois sortirait en cette première ronde. Certains partisans du Canadien auraient d’ailleurs souhaité que l’équipe se positionne plus haut pour son second choix de première ronde afin de mettre le grappin sur Gaucher.

Depuis le repêchage, Nathan Gaucher a eu le temps de prendre un peu de recul. Celui qui a fait son hockey mineur à Chambly a repensé à là où tout a commencé. « Mon développement part de là. J’ai pensé aux entraîneurs que j’ai eus, aux organisations dans lesquelles j’ai joué, à mon père, qui m’a beaucoup aidé. On n’oublie jamais d’où l’on vient », énonce sagement le gros centre de 6’3’’.

« Il y a du talent à venir dans cette équipe-là. Je n’aurais pas pu mieux tomber. » – Nathan Gaucher

Un avenir rose

Sous l’égide des Ryan Getzlaf et des Corey Perry, les Ducks ont représenté une des puissances de la LNH et ont connu leurs années de gloire. Comme le veut la tradition après plusieurs années de succès, l’équipe vit maintenant le mal nécessaire de refaire le plein de bons jeunes joueurs à travers quelques années de repêchage. Nathan Gaucher s’inscrit dans cette lignée. Avec les Trevor Zegras, Jamie Drysdale et Mason McTavish, il fait partie de ce qui pourrait être le noyau dur à Anaheim pour bon nombre d’années. « Il y a du talent à venir dans cette équipe-là. Je n’aurais pas pu mieux tomber. Il y a beaucoup de joueurs de skills », entrevoit Gaucher. Parlant de joueurs aux grandes habiletés, il se voit plutôt complémentaire à ces facettes. « Je suis un peu le contraire de ça. Je vais apporter un aspect différent », convient l’intense travaillant.

Championnat du monde junior

Nathan Gaucher revient fraîchement du Championnat du monde junior 2022, de la Fédération internationale de hockey sur glace, s’étant déroulé à Edmonton. Dans une finale épique, le Canada s’est sauvé avec la médaille d’or, battant 3 à 2, en prolongation, une Finlande revenue de l’arrière après deux buts d’écart. « On a vécu beaucoup d’émotions. J’ai eu la frousse quand on a failli se faire marquer en prolongation. On a passé de déception à un sentiment indescriptible qu’est celui de la victoire. C’est l’un de mes beaux highlights », dit avec ferveur le sportif.
Quand il parle de « failli se faire marquer en prolongation », il fait référence au vol magistral qu’a orchestré Mason McTavish, son futur coéquipier chez les Ducks. Dans ce que certains spécialistes identifient comme étant le plus beau jeu défensif jamais vu au hockey, McTavish a rabattu au vol une rondelle destinée au fond du filet. Atterrissant sur la ligne des buts, la rondelle a ensuite été propulsée par McTavish, de peine et de misère, hors de la zone dangereuse alors que célébrait déjà le joueur finlandais. « Notre gardien cachait la vue. Je savais que McTavish avait empêché la rondelle de traverser la ligne, mais je ne savais pas que c’était au vol », décrit Nathan, alors dans le feu de l’action. Ce n’est que plus tard, grâce aux reprises sur les réseaux sociaux, que les coéquipiers ont réalisé l’ampleur du sauvetage. « On est allés le voir et on lui a fait un gros câlin, et on l’a remercié. Il venait de sauver la game, lui, là », convient en riant le joueur des Remparts. Ce jeu, déjà mythique, fera partie des décomptes sportifs pour des années à venir.

Prochaine saison

L’an prochain, le joueur de hockey de 19 ans jouera soit à Québec, soit à Anaheim. Le 13 septembre, il rejoindra les canards en Californie, où il tentera de forcer la main des dirigeants, et peut-être percer l’alignement. Si tel n’était pas le cas, il poursuivra son développement pour une dernière saison avec les Remparts.

Le gaillard se compare à un hybride entre Anze Kopitar, gros centre fiable des Kings de Los Angeles, et Chris Kreider, rapide attaquant de puissance chez les Rangers de New York. Quand il a grandi, Sidney Crosby a, de toujours, été son idole. « Ça va être spécial si j’ai la chance de l’affronter », admet l’homme, qui a notamment fréquenté l’école De Bourgogne.

La Coupe Stanley s’est payé une visite à Chambly l’été dernier, alors que Mathieu Joseph l’avait exhibée à la suite de la conquête du Lightning de Tampa Bay. À savoir si Gaucher sera le prochain à rapatrier le précieux Graal dans la région, le principal intéressé répond « Oui! » sans hésiter.

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