Natation artistique Canada est dans l’eau chaude

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Natation artistique Canada est dans l’eau chaude
À la suite de l’action collective contre NAC, Jackie Buckingham fait une déclaration. (Photo : capture d'écran)

À l’aube des Jeux de Tokyo, la nageuse Jacqueline Simoneau, originaire de Chambly, craint que l’expérience olympique des athlètes ne soit noyée par une controverse.

Depuis quelques semaines, une demande d’action collective, déposée à la suite d’allégations d’abus et de harcèlement psychologique, jette une ombre sur Natation artistique Canada (NAC).

Un climat toxique

Dans la semaine du 8 mars, Chloé Isaac, Gabrielle Boisvert, Erin Wilson, Sion Ormond et Gabriella Brisson ont déposé une requête contre NAC, devant la Cour supérieure du Québec, pour abus psychologique, négligence et harcèlement. Les cinq ex-nageuses de l’équipe nationale accusent plusieurs entraîneurs et adjoints de NAC d’avoir eu recours à l’humiliation verbale à leur endroit, et à l’entretien d’un environnement toxique.

« On essaie de rechercher un angle positif, car c’est vraiment de cela dont nous avons besoin en ce moment, en route vers les JO. » – Jacqueline Simoneau

Rester motivée malgré tout

Jacqueline Simoneau, membre de NAC retenue pour les Jeux olympiques (JO), s’est confiée au journal. « On essaie de rechercher un angle positif, car c’est vraiment de cela dont nous avons besoin en ce moment, en route vers les JO. Ce n’est plus qu’une question de jours maintenant, et je dois me concentrer à m’y préparer. »

Le 19 mars dernier, la nageuse de 24 ans a publié une déclaration sur les médias sociaux visant à offrir un portrait plus global de la situation à ses supporters, qui, selon elle, se veut plus nuancé : « Ce qui a été partagé dans les médias à propos de notre staff actuel ne reflète pas l’expérience quotidienne des 16 athlètes de l’équipe nationale, qui s’entraîne au Stade olympique à Montréal, présentement. Nous sommes conscientes qu’il y a eu des problèmes dans le passé. Nous, comme athlètes, continuons de nous supporter et de travailler vers notre rêve de performer aux Jeux olympiques. Nous avons vu des changements de la part de notre staff, et nous continuons de revendiquer un environnement sain et sécuritaire, pas seulement pour nous, mais aussi pour les générations futures. Notre but est de performer de notre mieux aux Jeux olympiques. Nous apprécions votre soutien et vos pensées positives en ce moment. »

Quatre mis en cause

Les abus auraient été perpétrés par quatre entraîneurs-chefs, soit Meng Chen, Leslie Sproule, Gabor Szauder et Julie Sauvé. M. Szauder n’a, quant à lui, pas été suspendu mais fait l’objet d’une enquête. Notons que Mme Sauvé, surnommée « mère des sirènes », est décédée en avril dernier à l’âge de 67 ans.

La réponse de NAC

Bien qu’aucune des allégations faites par les requérantes n’ait été mise à l’épreuve des tribunaux, elles ont mené à la suspension des entraîneuses Chen et Sproule, jusqu’à temps que l’officielle du Sport sécuritaire de NAC « détermine si d’autres mesures sont justifiées en vertu des politiques de sport sécuritaire » de la fédération.

« Tout le monde à NAC soutient les athlètes qui ont souffert au cours de leur pratique de notre sport. Aucun des membres de l’organisation ne souhaite du mal aux athlètes, sous aucune forme (…) nous sommes une famille brisée (…) nous sommes sincèrement désolés de ce qui s’est passé », a déclaré Jackie Buckingham, présidente et cheffe de la direction de NAC, dans une vidéo diffusée par la fédération.

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