De la musique québécoise à saveur irlandaise

Photo de Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
De la musique québécoise à saveur irlandaise
Louis Monty-Tremblay nous montre son instrument fétiche, le bouzouki irlandais. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Louis Monty-Tremblay est connu pour l’implication culturelle dont il fait preuve, avec son associé du resto-pub La Croisée des chemins, en faisant connaître la musique québécoise. Celui qui offre au restaurant une tribune et une scène aux artistes musicaux de la région est lui-même auteur-compositeur-interprète et musicien à ses heures.

En plus d’être chanteur et guitariste, Louis joue du bouzouki irlandais, un instrument fort répandu dans l’univers de la musique celtique. Son groupe de musique traditionnelle, baptisé « Corsaire », est aussi composé de Julien Després (voix, bodhrán, podorythmie et cajòn), d’In-Ah Sophie Gagné (flûte irlandaise, flageolet et voix), et de Marc-Antoine Bérubé (violon). Ensemble, ils nous transportent dans une épopée musicale ponctuée de rythme et riche d’histoire et de profondeur.

« En tant que groupe de musique québécois-celtique, on a des instruments très irlandais. » – Louis Monty-Tremblay

Une musique qui honore la tradition

« Depuis que je suis entrepreneur à la Croisée, mon groupe de musique est un peu mis de côté. Nous sommes en sabbatique depuis dix ans bientôt, mais on poursuit avec les contrats d’été. En tant que groupe de musique québécois-celtique, on a des instruments très irlandais », concède celui qui ne se cache pas d’avoir des penchants gaéliques et dont la bière artisanale, développée avec son partenaire d’affaires, porte le nom farceur de « Ta mère en kilt ».

La richesse des instruments traditionnels de Corsaire, ses récits, chantés avec cœur et justesse par Louis, sur le rythme entraînant des airs apprivoisés, donnent la chair de poule, tant au passionné d’histoire et de tradition qu’au fêtard dans l’âme. « Un groupe de musique traditionnelle, c’est des airs connus et des paroles de la tradition qui se transmettent plutôt par l’oral que par l’écrit, puis des arrangements. On prend un air, une mélodie, et on se réapproprie le morceau à notre façon. C’est à mi-chemin entre la composition et le “cover” (la reprise). On va souvent composer la pièce instrumentale qui va suivre, des versions plus rares de pièces connues. »

L’année passée, Corsaire a composé sa première chanson entièrement originale, intitulée Fort Chambly, commandée pour un projet scolaire et éducatif « dans le contexte de l’exposition du fort sur la contrebande. Pour les paroles, il fallait que ça corresponde au guide pédagogique des écoles, donc le fort Chambly en cinq volets, comme la vie d’un soldat, vivre en Nouvelle-France, l’archéologie au service du roi, etc. Il fallait que ce soit un ver d’oreille, que ça puisse être chanté par les enfants. On en a fait le lancement au fort, avec un cœur d’enfants de l’école Jacques-De Chambly, qui l’avait tellement répété qu’il maîtrisait la chanson presque plus que nous! » Il souligne la contribution de Michel Bordeleau au morceau : « Il y joue de la vielle à roue, une sorte de cornemuse à cordes. Il tourne la roue, ça frotte les cordes et c’est comme un genre de cornemuse. Pour moi, il était très important d’amener Michel dans le projet, car, à l’époque des premiers festibières, il était toujours là avec son groupe et il était sur les affiches avec Robert Charlebois et cie. » Le groupe devait jouer lors de spectacles d’octobre à novembre 2020, qui ont été mis sur la glace en raison de la COVID. « Tous les membres étant alors en zone rouge, ils ne pouvaient pas non plus se réunir pour répéter », d’indiquer Louis.

À La Croisée des chemins

Louis reconnaît que La Croisée des chemins fait partie de ces quelques lieux phares de la culture musicale chamblyenne, de même que Marius La Taverne et la microbrasserie Délires et Délices, qui ont offert une tribune aux artistes de la relève et permis à plusieurs groupes de se produire à Chambly et de s‘y faire connaître, tout comme Corsaire. « Au Marius, Sylvain Gélinas faisait des spectacles pendant longtemps, mais le créneau y était blues-rock. À Délires et Délices, on est très blues. Et sinon, ça se passe au Pôle culturel. Et c’est parfait, puisqu’on peut facilement cohabiter avec le Pôle, qui offre entre 300 et 400 places, tandis que chez nous, on joue pour une cinquantaine de personnes. On se complète. Mais pendant des années avant cela, il ne se passait rien, il n’y avait pas de shows. »

Pas qu’un tremplin

« Finalement, la Croisée, c’est un peu un tremplin qui permet de lancer des artistes émergents, mais également un incontournable pour les artistes ayant aussi acquis une certaine notoriété », observe Dominique Théberge, l’associé de Louis. « Des fois, c’est leur premier contrat. D’autres fois, ils sont très bien établis. On a eu le groupe Zébulon sur scène.
On est tantôt un tremplin, tantôt une escale! », conclut-il.

Depuis le 17 juin, c’est notamment le duo de Chambly « Tous les chemins mènent au jazz » que l’on peut voir et entendre se produire sur la scène du pub culturel. « Ce sont les musiciens de la chanteuse Brigitte Boisjoli. Ils ont aussi joué avec Gregory Charles et jouent un jeudi par mois à la Croisée, accompagnés de nouveaux invités qui performent avec eux chaque fois. C’est super local. Sylvain, le contrebassiste, a été l’un de nos livreurs bénévoles pendant la COVID. Notre cuisinier-chanteur, Jean-Luc, fait aussi partie de ceux qui feront une performance avec eux », raconte fièrement l’ambassadeur et joueur de bouzouki.

Il est possible de consulter la programmation des spectacles sur les pages des réseaux sociaux de la Croisée, ou encore de vous y procurer les albums de Corsaire et d’autres artistes qui ont foulé la scène épique de cette institution du festoiement à saveurs de culture, de bière et de concerts.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires