Motoneige : L’aventure blanche

Photo de Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
Motoneige : L’aventure blanche
Le Club de motoneige de Chambly est responsable de 200 kilomètres de sentiers. (Photo : archives)

La saison de motoneige commence dans quelques semaines. Donald Viens, président du Club de motoneige du Centre de la Montérégie, est déjà sur le pied de guerre avec les bénévoles depuis un bon moment.

Les douces températures automnales ne changent rien. Une saison de motoneige se prépare. Le Club de motoneige du Centre de la Montérégie, basé à Chambly, est composé de bénévoles qui œuvrent sur les futurs sentiers depuis plusieurs semaines. « C’est vrai que l’on ressent le réchauffement climatique, plaisante le président Donald Viens. Cela ne nous empêche pas de passer dans les sentiers avec la débroussailleuse pour éviter que les branches accrochent les motoneiges à leur passage. » Un travail laborieux pour ces mordus de neige qui ne comptent plus leurs heures. « Nous avons la responsabilité de 200 kilomètres de sentiers, précise le dirigeant. On fauche pratiquement 30 kilomètres tous les jours de 9 h à 17 h. C’est un vrai travail! »

« On peut dire que nos hivers sont mouvementés. C’est un travail à temps plein de septembre à mai! » – Donald Viens

Certains chemins sont empruntés par les quads l’été. Cette cohabitation n’empêche pas les motoneigistes de se préparer en implantant les premières signalisations. La motoneige peut être une pratique dangereuse pour ceux qui ne respectent pas les règles élémentaires comme la vitesse, la traversée de lacs pas assez gelés ou encore les dépassements dans les virages. Des accidents graves arrivent chaque année. « On passe après la récolte des cultivateurs qui nous autorisent à circuler sur leurs terrains, poursuit Donald Viens. Ça prend une bonne signalisation. Ensuite, des patrouilleurs circulent sur les sentiers pour surveiller et la police vient en renfort en fin de semaine. »

Investir dans les machines

Les premières neiges ne sont pas encore tombées, la piste n’est pas encore prête, mais le club demande à ses membres de s’inscrire rapidement. D’ailleurs, un rabais est proposé pour inciter les motoneigistes à se procurer leur passe de saison, qui permettra de circuler vers la fin de l’année civile. « On propose un prix de 405 $ pour toute la saison jusqu’au 9 décembre, assure le président, qui a vu plus de 900 membres inscrits à son club en 2021. Ensuite, le prix monte à 485 $. Ces fonds sont importants pour commencer la saison. Ils permettent de financer entre autres la machinerie. On compte trois surfaceuses. » Les surfaceuses permettent de lisser les pistes pour une meilleure fluidité en motoneige. Indispensables, elles sont aussi dispendieuses à l’achat et à entretenir.

Manipuler une surfaceuse n’est pas chose aisée. Pourtant, les bénévoles s’y attèlent l’hiver durant pour améliorer l’expérience des usagers. « Nous sommes 5 ou 6 chauffeurs à nous relayer pendant toute la saison, explique Donald Viens. Il faut compter entre 12 et 14 heures pour couvrir 100 kilomètres. Nous travaillons de nuit pour éviter les accidents et permettre à la piste de geler. On peut dire que nos hivers sont mouvementés. C’est un travail à temps plein de septembre à mai! »

33 000 kilomètres de pistes

Tant d’efforts nécessitent forcément au moins autant de plaisir. Donald Viens pratique la motoneige depuis 12 ans. Son principal intérêt est de partir dans des contrées lointaines pour découvrir des espaces parfois peu visités par l’homme. « Je parcours en moyenne près de 5 000 kilomètres par année. En 2021, je suis allé en Gaspésie, au Lac-Saint-Jean et en Outaouais. Le Québec possède 33 000 kilomètres de pistes. »

La sécurité fait partie des principales campagnes de sensibilisation. Pour cela, un appel à la responsabilité de chacun est lancé. Le hors-piste est permis uniquement dans certains endroits jugés sécuritaires. Les pannes d’essence ou mécaniques peuvent arriver. Il convient toujours de prévoir un kit de survie au cas où vous êtes pris dans une tempête de neige alors que la nuit est tombée, seulement si vous vous aventurez dans des contrées très reculées. Des gîtes sont toujours prêts à vous accueillir. L’entraide fait partie de l’esprit aventurier de la motoneige. « Maintenant, cela nous prend de la neige, sourit Donald Viens. L’année dernière, on avait commencé mi-janvier. On espère cette fois-ci pouvoir pratiquer dès les Fêtes de fin d’année. »

Il est possible de se procurer un droit d’accès en ligne sur le site fcmq.qc.ca. Durant la saison, des droits d’accès journaliers et hebdomadaires sont offerts.

Des réductions sont possibles si votre motoneige est qualifiée « antique », c’est-à-dire de 19 ans et plus.

Une assurance responsabilité civile de 1 million de dollars est obligatoire en motoneige. Elle est incluse dans le prix du droit d’accès. Elle couvre les dommages matériaux ou corporels causés par votre véhicule.

En cas de non-présentation d’un droit d’accès sur un sentier fédéré, vous êtes passible d’une amende pouvant monter à plusieurs centaines de dollars.

Partager cet article