« Mon coeur en saigne »

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Par Jean-Christophe Noël
« Mon coeur en saigne »
Plusieurs variétés de branches garnissent l’arbre artistique de Noé Talbot. (Photo : courtoisie - Slam Disques)

Noé Talbot ne mâche pas ses mots quand vient le temps de parler de la profession qu’il a mise de côté entre autres pour la musique, soit celle d’enseignant.

« Je pense que la valorisation de la profession est pire que jamais. La COVID a empiré le tout. Les enseignants n’ont tellement pas été consultés sur les décisions qui sont prises. Il a fallu que les pédopsychiatres du Québec interviennent et disent que l’école à distance, à la rentrée scolaire, causerait plus de dommages que la COVID elle-même.

Les professeurs sont oubliés. Les trois derniers mois ont été extrêmement pénibles pour eux. Les consignes ont été mal données. Ce n’est pas ainsi que le problème de pénurie d’enseignants va se régler, au contraire », verbalise vigoureusement l’ancien enseignant, qui envisage la possibilité de retourner exercer sa profession en septembre. Si cela se concrétisait, sa motivation première ne serait pas pécuniaire.

« Je le ferais, car je m’ennuie beaucoup. Il n’y a pas de show. On ne sait pas comment évoluera la situation. Sans les concerts, j’ai rencontré peu de gens. Ça devient aliénant; c’est dur pour la santé mentale », exprime celui qui a dû annuler une quarantaine de spectacles, dont certains en Europe.

« Ce n’est pas ainsi que le problème de pénurie d’enseignants va se régler, au contraire ». – Noé Talbot

Chanson pour les enseignants

Il serait permis de croire à un coup marketing, mais non. Il arrive que le hasard aligne drôlement les éléments. En mars, quelques jours avant le début du marathon complexe qu’ont connu les enseignants, Noé Talbot a lancé la chanson poignante Mon cœur en saigne. Celle-ci avait pour objectif notamment de mettre en lumière que le travail des enseignants n’est pas que de transmettre de la matière. Une sorte de cri du cœur rassembleur visant à faire comprendre au gouvernement que les profs ont besoin de plus d’humanité, de soutien et de temps. La chanson a été partagée des centaines de fois, dont par des groupes de syndicat soutenant les enseignants.

Punk’s not dead

Il l’avait fait une première fois. Épaulé par son complice Dominic Pelletier, Noé Talbot récidive l’exercice original de revisiter des chansons provenant de groupes punks, chansons qu’il francise puis dépose sur une guitare acoustique. C’est en mai que l’album Reprises acoustiques vol. 2 s’est mis à taquiner les tympans des friands du style. Parmi le huit chansons offertes, on retrouve entre autres des classiques de No Use For a Name et de Blink 182, groupes cultes du genre.

« La réponse est vraiment bonne. Les critiques sont intéressantes dans les différents médias. En général, ceux-ci disent que c’est bien fait. Je suis satisfait. Il est mieux fait que le premier volume. J’ai réalisé qu’il était peut-être moins pour les vieux punk rockers comparativement au premier. Le deuxième inclut davantage de chansons « plus récentes. Il est temporellement contrastant et hétéroclite », décortique le musicien.

Livre pour enfants

Illustré par Marie-Pier Bouchard, fondatrice de MPBArtwork – Agence créative et également d’origine chamblyenne, le livre Petites graines de cœur a vu le jour en juin. La musique n’étant pas son seul talent, Noé Talbot, par l’entremise de sa plume, a fait naître les mots accompagnant les images de Mme Bouchard.

« Ça fait deux ans que c’est écrit. On l’a envoyé aux éditeurs, mais étant donné que c’est un format assez spécial dans le cadre d’un livre pour enfants, nous n’avons pas réussi à en trouver », relate Noé Talbot. Autonome, le duo s’est donc retroussé les manches et s’est chargé de produire son œuvre lui-même.

Ce livre jeunesse se veut une initiation philosophique suivant les réflexions d’une jeune fille au sujet du monde qui l’entoure. Il traite d’anxiété, de différence et de grandeur d’âme par rapport à ses perceptions et au regard de l’autre. À ce jour, le livre a été vendu plus de 200 fois déjà.
Lors du dernier échange avec Noé Talbot, en février, celui-ci propulsait son nouveau projet rap sous le nom de Salmine. Comme pour tous les artistes, la COVID a étouffé les prestations estivales que devait livrer l’artiste chamblyen.

L’enregistrement du nouvel album de l’auteur-compositeur-interprète devrait redémarrer vers la fin de l’été. Entre-temps, il a rendu accessible une chanson intitulée Mont-Royal. On y découvre une autre couleur sonore, alors que se greffe à la chanson un aspect plus électronique.

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Yves Piette
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Yves Piette

Bel article qui résume tout le travail et la grandeur d’ame De Noé Talbot; son album de rap sous le nom d’auteur de Salmine est un petit bijou méconnu qui est remarquable tant pour son genre musical inusité que par ses textes merveilleux!