Moins de diagnostics, et plus d’aide directe

Photo de Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Moins de diagnostics, et plus d’aide directe
Le ministre de l'éducation du Québec et député de Chambly, Jean-François Roberge, a annoncé les mesures qui seront en place à la rentrée scolaire 2021. (Photo: capture d'écran)

Le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a déclaré qu’il souhaitait mobiliser autrement les psychologues, les psychoéducateurs, les orthophonistes et les orthopédagogues afin qu’ils aident directement les élèves en difficulté.

Selon les données du ministère de l’Éducation, ce serait le quart des élèves des écoles primaires et secondaires qui recevraient un diagnostic pour un handicap ou des troubles de l’apprentissage. « Ce n’est pas une nouvelle statistique, il y a eu une forte augmentation dans les années 2000 jusqu’en 2016 », relate M. Roberge, en entrevue avec le journal. « Nous avons fait des investissements massifs dans les services professionnels. Nous avons augmenté de près de 37 % le nombre de professionnels qui viennent en aide aux élèves dans les écoles qui fournissent des services directs. »

Favoriser une autre approche

« Maintenant, ma priorité, c’est de sortir d’une approche diagnostique et d’axer davantage l’organisation scolaire sur la livraison des services directs aux élèves qui ont des besoins particuliers. » Il souhaite éviter que l’engouement pour le diagnostic s’épanouisse au détriment de l’intervention directe dont pourrait bénéficier un enfant.

« Il n’y a pas de raison de faire une course au diagnostic. » – Jean-François Roberge

Des services expatriés au privé

À l’école publique, les spécialistes étant trop occupés à diagnostiquer des problèmes d’apprentissage pour aider les élèves, ces derniers et leurs parents seraient souvent dirigés vers ceux du privé. Le gouvernement, tout comme les syndicats et les ordres professionnels, estime qu’il faut intervenir autrement. « Il n’y a pas de raison de faire une course au diagnostic. Il ne faut pas toujours nécessairement un diagnostic, mais plutôt, il faut un diagnostic lorsque nécessaire. Ce sont les équipes écoles, enseignants, directions, ressources professionnelles, parfois techniciens en éducation spécialisée et parents qui connaissent le mieux les besoins des élèves. »

Il poursuit : « Au ministère de l’Éducation, il y a eu, pendant plusieurs années, une organisation qui rendait le financement des services aux élèves conditionnel à des cotes de difficultés. Cette organisation poussait pour le diagnostic. C’est ça que nous voulons corriger et que nous avons déjà entrepris de faire au ministère avec les syndicats, les directions d’école et les ordres professionnels. Ça fait déjà plusieurs mois que ce chantier-là a commencé, car ça a des retombées partout dans l’organisation scolaire. Ce ne sera pas qu’au niveau bureaucratique, il y aura un effet jusque dans les classes. À la fin, plus de services seront directement offerts aux élèves et les orthophonistes, les orthopédagogues, les psychologues et les psychoéducateurs bénéficieront d’une autonomie professionnelle. Ils feront ce qu’ils font de mieux, c’est-à-dire donner de l’aide à ces élèves. Parfois, cela passera par un diagnostic, mais ce sera parce qu’ils l’auront eux-mêmes jugé nécessaire, et non pas pour satisfaire un système qui pousse pour la codification. C’est un grand changement. »

Question aux lecteurs :

Avez-vous été contraint(e) à vous tourner vers les services privés alors que votre enfant fréquentait l’école publique?

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires