Milieux humides à Carignan: Contestation au sud de la Carrière

Par yessica
Milieux humides à Carignan: Contestation au sud de la Carrière
(Photo : Yessica Chavez)

La Ville de Carignan a finalement adopté son Plan de conservation et de protection des milieux naturels, lors de la séance du conseil du 5 octobre dernier. Celui-ci est contesté par certains propriétaires dont le terrain est situé au sud de la carrière Désourdy.
Ce plan de conservation se base sur les études réalisées en 2012 par Le Groupe SM International inc. qui avait procédé à la caractérisation du milieu naturel entourant la carrière à partir des informations existantes à l’époque. Une étude plus détaillée a été faite deux ans plus tard par la firme WSP afin d’identifier clairement les secteurs où il y avait un milieu naturel important à conserver.
Les résultats de celle-ci déterminent que « le secteur au sud de la carrière est constitué d’un vaste marécage de frênes de Pennsylvanie et d’érables rouges et que l’ensemble des milieux humides couvre 82,3 % de la zone. Les groupements avec une valeur écologique élevée et très élevée représentent 88 % de la superficie ».

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C’est le nombre d’années que ça aura pris pour l’adoption du Plan de conservation et de protection des milieux naturels

Or, certains propriétaires contestent la validité des études, car selon eux, les terrains sont devenus des milieux humides en raison du non-entretien des fossés par la Ville et après la création de conduites d’aqueduc et d’égouts qui traversent le secteur entre la rue Laurent Monty et la rue Henriette. « Lorsqu’on se promène dans le secteur, on voit clairement qu’en raison du manque d’entretien des fossés, le drainage de l’eau ne se fait pas correctement, ce qui crée des eaux stagnantes. De plus, les sols en argile ont tendance à garder l’eau en surface. Par ailleurs, lorsqu’ils ont construit les conduites d’aqueduc, ils ont dû enlever toute la végétation afin de creuser et de faire passer les machines. Ça a créé un corridor de vent et un bassin qui accumule l’eau. Tout ça contribue à créer les conditions parfaites pour un milieu humide, mais un milieu qui n’est pas naturel. Il a été créé par l’homme », fait remarquer Louis Caron, propriétaire et promoteur mécontent.
Même son de cloche pour Roman Gelonek qui détient un lot à l’angle des rues Gertrude et Jeanne-Dèchard. « Dans les années 1960-1970, les fermiers faisaient pousser de la haie dans le secteur. Le milieu humide résulte des interventions de la Ville et du piètre entretien de fossés », déclare-t-il.
Caron et un de ses associés avec qui il a acheté certains terrains à la Ville envisagent de faire une étude de contre-expertise afin de prouver leur point. « Lorsqu’on regarde les conclusions de l’étude de SMi et celles de WSP, on voit une grosse différence entre la grosseur des terrains humides. On s’explique mal ce qui peut autant avoir changé en moins de deux ans », avance le promoteur. « Il va falloir qu’ils nous apportent les preuves, car la Ville a déjà réalisé deux études sur les milieux naturels. Ça fait des années et des années qu’on attendait le plan de conservation, qui n’est qu’une recommandation par ailleurs, et maintenant c’est fait », commente le maire, René Fournier.
Toujours selon l’étude de WSP, « La particularité du secteur de la carrière réside toutefois dans la très grande concentration de caryer ovale (espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable) répertoriée au sud-ouest de la zone au sud de la Carrière.[…] Nature-Action Québec (NAQ) considérait ce secteur comme un écosystème forestier exceptionnel (EFE) potentiel ». Ces conclusions étaient déjà présentées par SMi en 2012.
Zonage
Actuellement, le secteur sud de la carrière est zoné milieu naturel en zone urbaine de catégorie 2 (MN2-U), à l’exception du corridor du Ruisseau Robert, reconnu réserve naturelle (MN1). Le zonage MN2, permet le développement immobilier, mais il est strictement encadré. Les propriétaires de terrains qui souhaitent développer leur espace doivent d’abord établir un plan d’aménagement d’ensemble (PAE) en collaboration avec la Ville. Une mesure décriée par les promoteurs. « Comment voulez-vous qu’on fasse ça si on n’est pas propriétaires de tous les terrains ? Il va falloir que j’achète tout un secteur ou que je vende mon terrain ! Ça va favoriser les géants de l’immobilier et nuire aux plus petits », s’indigne M. Caron. Il ajoute craindre un nouveau changement de zonage qui affecterait ses terrains et qu’ils deviennent soit MN2 ou même MN1.
Une vision qui n’est pas partagée par M. Fournier. « Un PAE se fait en collaboration avec la Ville et les autres promoteurs. On veut simplement que tout le monde travaille ensemble pour qu’on puisse développer notre territoire de façon organisée et coordonnée », renchérit-il.
Rappelons que Carignan a commencé son processus de réalisation du plan de conservation et de protection des milieux naturels, il y a cinq ans.

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