Mesures sanitaires : démystifier les croyances

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Par Chloé-Anne Touma
Mesures sanitaires : démystifier les croyances
Certaines directives sanitaires sont mal appliquées dû à une mauvaise interprétation. (Photo : courtoisie - engin akyurt)

Plusieurs questionnements flottent dans l’air quant à ce qu’il est permis de faire pendant le couvre-feu et le confinement, et quant aux autres mesures sanitaires instaurées.

Selon les autorités sanitaires, la tendance collective à la fête et au rassemblement a aggravé l’impact de la deuxième vague de cas de COVID-19. Le gouvernement s’est résigné à devoir instaurer de nouvelles mesures. Bien que leur application soit exercée par une majorité de Québécois disciplinés, il arrive qu’elles soient mal interprétées, et qu’il faille faire un effort d’investigation supplémentaire pour dissiper le doute.

Le transport alternatif

Bien que plusieurs en soient étonnés, il est possible de faire du covoiturage avec une personne d’une autre bulle afin d’effectuer ses déplacements, qu’ils soient essentiels ou non. Cette pratique n’est toutefois pas recommandée, mais demeure tolérée au même titre que les services de taxi ou d’Uber. Il est donc autorisé de se rendre au travail, comme au ski, en covoiturage, et avec la même personne désignée, si possible.

Vos finances personnelles

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fait de rester à la maison au lieu de travailler afin de s’occuper de son enfant lorsque la garderie est fermée, n’est pas une raison valable pour demander la prestation d’assurance emploi, puisque dans ce cas-ci, l’employeur n’est pas responsable de l’arrêt de travail. Il est toutefois possible de faire une demande de prestation pour la relance économique pour les proches aidants (PCREPA), lorsque l’on doit s’occuper d’enfants de moins de 12 ans.

« Toute communication électronique ou téléphonique proposant un vaccin contre la COVID-19 moyennant des frais est frauduleuse. » –  Gouvernement du Québec

Comment être vacciné en priorité ?

Plusieurs citoyens contactent le journal au sujet de la manière d’obtenir un rendez-vous pour savoir comment être vacciné contre la COVID-19. Parmi eux, on compte des aînés qui ne vivent pas en institution, et des personnes de moins de 60 ans aux prises avec une maladie chronique, inquiètes de s’exposer au virus. Même s’ils conçoivent que l’attente pourrait s’étendre jusqu’à l’été ou l’automne, certains se disent craintifs d’être « oubliés » dans le processus.

Notons que même lorsqu’on fait partie des groupes vulnérables et prioritaires, il n’est pas possible de téléphoner soi-même au Programme québécois d’immunisation pour prendre rendez-vous afin de recevoir le vaccin, ni pour se mettre dans la liste. La manière de procéder pour l’appel individuel des personnes éligibles n’a été communiquée à la population, ni par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre, ni par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), pour la raison qu’il ne revient pas aux citoyens de s’inscrire eux-mêmes au Programme. Les informations disponibles à ce jour quant à la procédure sont limitées à l’ordre de priorité des groupes vulnérables ciblés, dont les premiers reçoivent actuellement le vaccin en Montérégie, mais n’incluent que les aînés en perte d’autonomie et préposés en CHSLD, et les travailleurs de la santé. Le tour viendra ensuite aux communautés éloignées. 

« Actuellement, nous vaccinons les travailleurs de la santé prioritaires (les personnes œuvrant en CHSLD, ressources intermédiaires, ressources de type familial et milieu hospitalier notamment) ainsi que les résidants des ressources intermédiaires et de type familial. Dès que nous serons prêts à vacciner les personnes dans la population faisant partie des groupes prioritaires, nous allons vous en informer et prendre les moyens appropriés pour informer ces clientèles. », nous indique Chantal Vallée, agente d’information au CISSS de la Montérégie-Centre.

Il est donc indiqué de faire preuve de patience, mais aussi de vigilance quant aux tentatives de fraudes du moment, contre lesquelles le gouvernement met la population en garde. « Toute communication électronique ou téléphonique proposant un vaccin contre la COVID-19 moyennant des frais est frauduleuse », la vaccination étant gratuite dans les faits.

L’efficacité d’une seule dose

Rappelons que parmi le premier groupe à avoir reçu une dose du vaccin Pfizer, au CHSLD Maimonides à Montréal, sept résidents ont tout de même contracté la COVID-19. Cette situation fait beaucoup jaser et génère des doutes chez plusieurs internautes quant à l’efficacité du vaccin. Mais tel que mentionné à plusieurs reprises par les professionnels de la santé, ainsi que sur le site du gouvernement, c’est à partir du 14e jour suivant la vaccination que l’on parle d’un taux d’efficacité de 92 % avant la deuxième dose. On rappelle également qu’aucun vaccin n’est efficace à 100 %, mais que l’objectif d’immuniser une grande partie des vaccinés n’est pas à remettre en cause et demeure atteint.

Les enjeux commerçants

La Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent a confié au journal qu’elle avait reçu plusieurs signalements pour infraction, fondés sur la méconnaissance que certains commerces, ouverts en toute légitimité, auraient dû être fermés. Des cliniques offrant des soins esthétiques et corporels, par exemple, sont demeurées ouvertes légalement, parce qu’elles offraient aussi un service de consultation avec dermatologues, et que ces rendez-vous jugés essentiels avaient été maintenus.

Dans un récent communiqué de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), on rapporte que la clientèle de plusieurs restaurants ignorent qu’ils demeurent en activité malgré le confinement, et qu’ils maintiennent également leur service de livraison pendant le couvre-feu.

Finalement, la réglementation concernant la vente de produits essentiels a généré de la confusion au sein des quincailleries et auprès de leur clientèle. Des clients qui se présentent en magasin pensent à tort qu’il est possible de s’y procurer de la peinture colorée. Or, seul l’achat de peinture blanche y est autorisé. La préparation de la peinture de couleur implique de faire une manipulation consistant à injecter du colorant dans la peinture blanche, ce qui présenterait un risque de contamination supplémentaire à éviter. Chez Rona, à Carignan, on explique qu’il « est interdit de vendre de la peinture de couleur en magasin, mais qu’il est toujours possible et très facile d’en acheter en ligne », si l’on souhaite vivre le confinement dans une ambiance aux couleurs de ses envies.

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