« Mère pas si à boutte »

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Par Jean-Christophe Noël
« Mère pas si à boutte »
Marie-Pier Allard, sportive et créative. (Photo : courtoisie)

Marie-Pier Allard profite de son confinement pour consacrer beaucoup de temps à sa famille ainsi qu’à l’écriture.

Habituée de travailler derrière la caméra, c’est devant que les téléspectateurs ont pu suivre la Chamblyenne pendant les deux saisons de l’émission Mères à boutte, diffusée sur les ondes de Canal Vie. Le docu-réalité mettait en vedette cinq mères qui essaient de trouver le précieux équilibre entre le travail, la famille et leur vie de femmes.

« C’est beaucoup de bonheur que je retire de cette expérience. J’ai rencontré des femmes et une équipe de travail vraiment le fun. C’est aussi un moment privilégié où j’ai pu réfléchir à la maternité comme je ne l’avais jamais fait auparavant. Nous avions une liste de sujets à aborder et j’ai dû réfléchir sur ce que j’avais à dire, quelles étaient mes opinions. Ça m’a forcé à me recentrer sur ma pensée plus pragmatique de la maternité », exprime la femme qui offrait une « diversité considérée comme une plus-value par la production. »

Homoparentalité

Par diversité, Marie-Pier Allard parle, entre autres, de son contexte familial homoparental. Ayant abrité en son sein l’aînée de ses filles, c’est par procréation assistée que son ex-conjointe et elle ont, à tour de rôle, donné la vie.

« Mes deux filles ont deux mamans. Je procurais cet aspect qui était différent. Dès le début du tournage, j’étais déjà séparée. J’offrais également le côté soloparental », relate-t-elle.

Le titre de l’émission Mères à boutte est imagé et évocateur. Est-ce qu’être une mère soloparental confinée avec deux jeunes enfants exacerbe l’épuisement que ressentent bon nombre de parents en cette période de réclusion collective?

« On ne sait pas si, dans la prochaine année, nous pourrons faire des scènes avec de la proximité ou de grosses équipes. » – Marie-Pier Allard

« Quand mes enfants sont avec moi, j’arrête tout ce qui est travail, activités, projets, etc., dépeint la mère à temps partagé. Je mets le volet femme de côté et je me consacre à elles. Je ne leur ai pas dit « dépêche-toi » depuis les dernières semaines. Le jour un du confinement, j’étais en panique, car je me demandais comment j’allais faire pour occuper mes enfants. En cours de route, je me suis rendu compte que je n’étais pas un G.O. Mon rôle n’était pas de les entertainer, mais bien de les accompagner dans ce qu’ils voulaient faire. » détaille Mme Allard qui nuance que toutes les journées ne sont pas parfaites, s’accordant le droit à des rythmes plus oisifs.

Auteure télé

Quand les enfants quittent chez leur autre maman, Marie-Pier Allard en profite pour mettre les bouchées doubles dans son travail d’auteure télé, métier qu’elle pratique depuis une dizaine d’années. À sa fiche de route, s’inscrit la série Web Baby boom disponible sur l’extra de Tou.tv. Une série qu’elle a commencé à écrire à la naissance de sa première fille.

« C’est un show qui me rend encore super fière malgré le temps qui passe. En ce moment, j’écris une nouvelle série, pour la télé cette fois. C’est en développement chez un producteur. Ça avance super bien. C’est une histoire que je me devais de raconter. Je souhaite que cela prenne vie », partage l’auteure. Elle glisse au passage que la façon d’écrire est appelée à s’adapter « car on ne sait pas si, dans la prochaine année, nous pourrons faire des scènes avec de la proximité ou de grosses équipes. »

Entraîneuse

Comme si le temps était une ressource inépuisable, Marie-Pier Allard est aussi entraîneuse à le GRAND club de course ainsi que coach certifiée de course à pied à Coureuse ordinaire.

« La course à pied est arrivée dans ma vie il y a un peu plus de trois ans. J’étais en surpoids, malheureuse, mal dans ma peau. Déclarée hyperphage (trouble alimentaire dans la famille de la boulimie), j’ai eu un déclic sur mon rapport envers la nourriture. J’ai apprivoisé cet état. La course est devenue vitale, mais pas sous une approche de performance. Je la vis dans le plaisir et dans un sentiment de dépassement de soi », confie-t-elle.

Cette zone de sa vie, la trentenaire la déploie sur les réseaux sociaux. Forte d’une communauté qui prend du coffre au fil du temps, c’est sous le nom coureuse_ordinaire que ses abonnés la suivent sur Instagram.

Pour l’instant, une troisième saison de Mère à boutte n’est ni annoncée ni proposée.
« Je crois que Canal Vie veut laisser nos enfants grandir quelque peu afin de varier les sujets », termine la principale intéressée.

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