Marie-Josée Béliveau : candidate pour le NPD dans Beloeil-Chambly

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Marie-Josée Béliveau : candidate pour le NPD dans Beloeil-Chambly
Marie-Josée Béliveau, candidate pour le NPD dans Beloeil-Chambly. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Dans le cadre des élections fédérales, qui se dérouleront le 20 septembre, le Journal de Chambly s’entretient chaque semaine avec l’un des quatre candidats des partis dominants de la circonscription de Beloeil-Chambly. Pour cette troisième édition, Marie-Josée Béliveau, candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD), répond à nos questions.

Parlez-nous un peu de vous.

Je suis anthropologue, géographe, et j’enseigne au collège Ahuntsic à Montréal. J’y réside présentement, mais j’ai grandi à Chambly. J’avais trois ans lorsque j’y ai emménagé. J’ai vu la ville évoluer et y suis très attachée, comme à toute la circonscription. Si jamais je suis élue, il est certain que j’y réemménagerai.

Je suis soutenue par ma famille, dont ma sœur, et ma mère, qui était avec moi lorsque j’amassais les signatures appuyant ma candidature. Je passe beaucoup de temps avec elle. Elle s’intéresse aux enjeux de la circonscription, et c’est un peu elle qui m’a formée.

Plus jeune, je rêvais d’être journaliste et j’ai goûté au métier. J’ai même créé une émission de radio lorsque j’étais étudiante à l’université. Je suis d’ailleurs la fille de François Béliveau, qui a été journaliste sportif pendant 38 ans au quotidien La Presse.

Est-ce votre première expérience en politique?

Oui, et c’est ma première campagne électorale. Je n’ai pas d’équipe, je m’arrange avec les moyens du bord. Je trouve très intéressant tout ce que j’apprends au travers de cette expérience, notamment avec les discussions que j’ai avec les citoyens.

Je suis militante écologique depuis plusieurs années et je trouve que même si les gens sont de plus en plus sensibilisés aux enjeux environnementaux, au niveau fédéral, ça change peu. Lorsque je vais à la rencontre des citoyens, c’est pourtant une priorité. C’est ce qui m’a motivée à me lancer en politique.

Je m’implique auprès du milieu communautaire et des communautés marginalisées, pour les causes sociales comme l’accès au logement, à l’éducation, et pour les droits des femmes, militant contre les violences sexuelles en tant qu’activiste et féministe, mais aussi en tant que survivante.

Quels enjeux environnementaux retiennent votre attention?

Lorsqu’on voit le dernier rapport du GES, les chaleurs et les sécheresses qui ont affecté les agriculteurs et les gens en général, c’est inquiétant. Bien qu’il soit intimidant d’investir l’espace politique, il faut le faire lorsqu’on a des idéaux et que l’on veut voir les choses évoluer.

Les enjeux du territoire qui m’interpellent notamment sont la préservation de la rivière Richelieu, la lutte contre l’érosion des berges et la protection du bassin. Je trouve que l’on devrait démarrer des projets en ce sens, engager des travailleurs et faire participer la population pour se réapproprier ce milieu de vie. J’apprécie le travail que font les organismes écologiques du territoire, mais j’estime qu’ils ont besoin d’aide. Je pense que le fédéral peut s’investir beaucoup plus auprès de ces organisations. Je m’engage concrètement à aider les organismes et les municipalités à œuvrer pour la protection de l’environnement dans la région et à tout faire pour donner aux agriculteurs le soutien dont ils ont besoin et les moyens d’une transition écologique. Je pense qu’il faut s’asseoir avec eux pour discuter de leurs besoins.

Pourquoi choisir le NPD plutôt que le Parti vert pour soutenir la cause environnementale?

Ce qui nous distingue vraiment du Parti vert dans le traitement de la question environnementale, c’est la considération sociale, à mon sens. Le NPD veut agir rapidement pour la biodiversité et pour notre planète, mais pas sans considérer l’humain, la population qui a besoin de soutien, de projets dans lesquels investir et de travail.

Comment pallier le problème de main-d’œuvre et stimuler l’économie locale?

Il faut investir notamment dans des projets de transports collectifs, des choses structurantes. Il faudrait aussi donner aux agriculteurs les appuis politiques et économiques de payer une main-d’œuvre. Investir dans nos entreprises peut être une bonne option pour encourager le recrutement.

Où vous situez-vous par rapport à l’immigration et aux travailleurs étrangers?

Je trouve intéressant que nous ayons des travailleurs étrangers qui viennent ici, mais il faut s’assurer du respect de leurs droits et qu’ils soient bien traités. Je pense que ce n’est pas un problème dans la circonscription et que ça s’y passe bien. Souvent, ces travailleurs sont heureux de pouvoir connaître notre société et d’y travailler pour nourrir leur famille.

J’ai beau être souverainiste, j’estime que le NPD peut respecter la division des champs de compétence, et qu’il faut reconnaître que le Québec est une société distincte, mais j’ai toujours considéré le Québec comme une terre d’accueil. On y a une belle qualité de vie de laquelle faire profiter ces gens, qui fuient parfois une crise économique, climatique, sociale ou politique, et on y a également des besoins de main-d’œuvre à combler.

Comment entrevoyez-vous la relance post-pandémique?

La COVID a peut-être amené une crise de sens, en ce que les gens se sont peut-être remis en question et se retrouvent en quête d’un travail qui les aide à trouver un sens à leur vie, une façon de vivre de manière digne. Je pense donc qu’il faudra continuer à soutenir les secteurs affectés par la crise, qui ont besoin de soutien, comme la culture et l’industrie du spectacle, par exemple. Dans une perspective de relance, c’est un secteur qu’il faudra aider, car il ne redémarrera pas aussi vite que d’autres.

Justement, dans les débats fédéraux, il a beaucoup été question d’imposer une taxe aux géants du Web, à l’avantage des médias et des produits culturels canadiens. Que pensez-vous de ce genre de proposition?

Le NPD est favorable à ce que les entreprises les plus grandes paient leur juste part d’impôts, ce qui n’est pas le cas malheureusement au Canada, qui, pourtant, est un pays riche. Il y a de grands écarts entre les impôts qui sont attendus des entreprises et les impôts que paient les citoyens.

Quelles sont vos attentes pour cette campagne?

J’ai envie que les gens viennent me parler, quelle que soit leur couleur politique. Je veux entendre leurs interrogations quant aux élections, leurs préoccupations quant aux enjeux de la circonscription, ce qui les touche, et qu’ils viennent me connaître s’ils en ont envie.

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