Maladie d’Alzheimer: Un défi pour les personnes atteintes à un jeune âge

MALADIE. Bien que le risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer est plus probable après 65 ans, la Société Alzheimer du Haut-Richelieu a constaté une augmentation du nombre de personnes plus jeunes atteintes depuis une dizaine d’années. Dans le cadre d

La conjointe d’Éric* a reçu le diagnostic en mai 2012 alors qu’elle avait seulement 52 ans. «Quand on apprend la nouvelle, c’est un choc surtout quand on est jeune. Ça apporte beaucoup d’inquiétudes quant à l’avenir», témoigne Éric. Il indique que celles-ci sont, entre autres, reliées à la perte d’emploi qui affecte les revenus.

Éric souligne que la retraite et les voyages doivent aussi être reconsidérés. «Là, ils nous restent seulement un an pour voyager, car après ce ne sera plus possible pour moi en tant qu’aidant naturel. J’ai peur qu’elle se perde et je ne veux pas que ça arrive.»

User de patience

Éric affirme que la plus grande qualité que doit avoir un aidant naturel est la patience, car il doit adapter son quotidien à la personne qui souffre d’Alzheimer. Par exemple, il raconte que puisque sa femme ne peut plus faire d’activités seule, ils font du sport ensemble, mais que cela prend beaucoup plus de temps.

«Ça me prend une heure faire 15 à 20 km de ski de fond seul, comparativement à cinq heures avec elle. C’est pareil pour le vélo. Nous faisons 30 km ensemble plutôt que 90 km», affirme-t-il.

Accepter la maladie

Selon lui, le plus grand défi des personnes jeunes qui souffrent de l’Alzheimer est d’accepter la maladie. «Elles veulent continuer de faire tout ce qu’elles faisaient avant.»

Compte tenu de cette réalité, la Société Alzheimer du Haut-Richelieu a adapté son offre de services aux personnes plus jeunes. Une activité de stimulation dédiée aux individus de moins de 65 ans atteints de problèmes de mémoire ou cognitifs se déroule chaque jeudi après-midi.

«Il se sentent plus à l’aise entre eux qu’avec des personnes âgées», explique la directrice de la Société, Lise Marcoux.

Vivre avec l’Alzheimer

La Société Alzheimer du Haut-Richelieu veut aussi changer la perception selon laquelle la vie se termine avec l’apparition de la maladie d’Alzheimer, partagée par 47% des personnes de 18 ans et plus interrogées dans le cadre d’une enquête de Nanos.

La Société veut plutôt démontrer qu’une maladie cognitive n’empêche pas un individu qui en est atteint de continuer à participer à la vie sociale et de contribuer à la collectivité, et ce, même lorsque la maladie progresse.

«Nous remarquons qu’autant pour les personnes âgées que plus jeunes, les familles tardent à demander des services», conclut Mme Marcoux qui espère qu’un changement s’effectuera dans ce domaine.

*Nom fictif

L’aidant naturel qui a témoigné dans cet article a préféré taire son identité pour éviter que sa conjointe ne se reconnaisse dans ces lignes.

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