Lutter pour socialiser

Par andrecorbeij
Lutter pour socialiser

Une grande première aura lieu à Marieville avec la tenue d’un gala de lutte professionnelle mettant en vedette de jeunes autistes, le 10 octobre prochain. C’est Marc-Alexandre Doucet, propriétaire de sa propre école de lutte à Victoriaville, la VCW (Vic

Tous les profits seront remis à l’école secondaire Mgr Euclide-Théberge, où se déroulera l’événement, afin de financer des activités et l’achat de matériel pour les classes des élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Il produit également des galas dans les régions des Bois-Francs et du Centre du Québec.

«J’ai présentement deux lutteurs autistes qui s’entraînent chez moi. Les deux ont étudié à Marieville. Je les ai recrutés en passant une annonce sur le web. Une des mamans de l’un des deux jeunes m’avait confié que son fils adorait la lutte. Je les ai donc invités au printemps à assister à l’un de mes galas, le March Madness (championnat Paul Leduc)», explique M. Doucet.

Ayant adoré leur expérience au gala, les deux jeunes autistes ont ensuite été invités à un cours de lutte. Tous les dimanches depuis le mois d’avril, Alex Rousseau de Saint-Jean-sur-Richelieu et Benjamin Masse, de l’Ange-Gardien, s’entraînent à la lutte à Victoriaville. Ils ont participé à trois galas cet été. Ils ont lutté l’un contre l’autre, car ils se connaissent bien. Mais le 10 octobre à Marieville, ils lutteront contre de nouveaux adversaires, des vétérans de la VCW.

S’exprimer grâce à la lutte

C’est à travers la lutte qu’Alex Rousseau a appris à s’ouvrir au monde qui l’entoure.

«Alex vit dans sa bulle. Pour socialiser, c’est plus difficile. Il peut maintenant s’exprimer à travers la lutte. Il écrit aussi beaucoup. Il suit un cours en scénarisation pour apprendre à écrire des histoires», explique le père d’Alex.

Alex qui s’exprime avec peu de mots, répond très bien aux questions, mais de façon concise. À propos de ce que la lutte a changé dans sa vie, il nous répondra du tac au tac: «J’ai des bras plus musclés qu’avant!»

Ce dernier luttera à Marieville sous le pseudonyme de «Disco Duck». Alex a bien compris que la lutte est scénarisée. Chaque lutteur joue un personnage. Le sien se situe dans le rayon de la comédie.  Alex a ajouté des sons de canard à son personnage et il danse beaucoup dans le ring.

« Plusieurs pensent à tort que les autistes sont des personnes limitées qui ne peuvent pas faire grand-chose. Leur mémoire est phénoménale. Ils peuvent reproduire sur commande une chorégraphie de lutte, ce que vous et moi ne serions pas capable de faire», explique Marc-Alexandre Doucet.

Pour Alex Rousseau, chaque combat est un événement. La préparation derrière le rideau avant l’entrée en scène est un moment bien spécial pour lui.

«Moi, avant de traverser le rideau et de monter dans le ring, je suis excité. Mon taux d’adrénaline est à son maximum. C’est la même chose pour Alex. Il a tellement hâte d’entrer en scène», poursuit M. Doucet.

Commentaires désobligeants

Les deux jeunes ne l’ont pas toujours eu facile, ayant été malheureusement confrontés à des remarques désobligeantes et des regards de travers.

«On vit dans un monde cruel. Cet été, dans les premiers galas, je ne présentais pas Alex et Benjamin comme des adolescents autistes. Certains spectateurs leur criaient des noms, leur disant que les coups qu’ils donnaient étaient pourris. Je suis monté dans le ring avec le micro pour dire à tous ces gens que ces deux jeunes vivaient un rêve et de les laisser lutter à leur manière. La réaction du public a changé du tout au tout.»

Depuis avril, Alex et Benjamin apprennent l’ABC de la lutte : les prises, apprendre à tomber, à faire des flips à partir du troisième câble du ring. Ils sont des «fans finis» de la lutte. Ils n’écoutent que ça, ils en connaissent tous les mouvements.

Le gala de lutte sera présenté le samedi 10 octobre. Deux représentations sont prévues, l’une à partir de 15 h et l’autre à 19 h. Dix-neuf combats seront présentés. Parmi les têtes d’affiche, on retrouve le Ricky Starr, Éric Mastrocolas (qui a fait des essais à la WWE), Bad Dog et John Dundee, bien connu à Granby.

Le président d’honneur et maître de cérémonie du gala sera Éric Maheu, le bassiste du groupe Kaïn.

Les billets sont vendus au coût de 10 $ par personne pour un spectacle et 15 $ pour les deux spectacles. Renseignements: 819-740-4926. Des billets seront disponibles à la porte le jour du spectacle.

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